La fin des choses


Les informations sont additives, et non narratives. Elles peuvent être comptées, mais pas racontées. En tant qu’unités discontinues dotées d’une brève bande passante d’actualité, elles ne s’assemblent pas pour former une histoire. Notre espace mnésique, lui aussi, ressemble de plus en plus à un grenier débordant de toutes les informations possibles. Mais addition et accumulation refoulent les narrations. La continuité narrative qui s’étend sur de vastes laps de temps caractérise l’histoire et le souvenir. Seules les narrations créent du sens et du contexte. L’ordre numérique est sans histoire ni souvenir. C’est ainsi qu’il fragmente la vie.

Cet extrait de "La fin des choseséquot; de Byung-Chul Han (Actes Sud) explique superbement l’échec de l’informatisation de la médecine et le terrible cul de sac dans lequel DMP et interopérabilité conduisent la médecine.

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sept + = douze


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