Archive for the ‘Français’ Category

Paris jaune épisode 2

Tuesday, December 4th, 2018

Photo Mathias Zwick, dessin Valott.

Réinventons la ville connectée

Sunday, October 28th, 2018

Belle chronique de Serge Abiteboul dans le numéro d’Octobre 2018 de La Recherche. Je vous livre ici le chapitre de conclusion :


La ville utilise trop peu les possibilités qui, au temps des algorithmes, lui sont offertes. Cette inadaptation des institutions à l’avancée des techniques participe à leur obsolescence et, au-delà, à la défiance grandissante des citoyens à leur égard. La cité doit mieux informer ses citoyens, notamment par l’ouverture de ses données. Ces derniers doivent également mieux participer à la conception de la ville, aux prises de décision. À nous de réinventer la ville agile et connectée de demain pour en faire un lieu plus humain, plus inclusif : une véritable cité.

Albert Jacquard, « tu vas te construire grâce aux autres »

Thursday, October 18th, 2018

Albert Jacquard dans l’émission « Noms de dieux », 1994

C’est une évidence, demain dépend de nous et nous le savons, par conséquent nous n’avons pas le droit de laisser tomber. Il nous faut faire un projet pour demain. Il ne s’agit pas de prévoir ce qu’il sera, mais il s’agit de faire, en fait, le prophète.

Le prophète ne disait pas « voilà ce qui va arriver », il disait « faites attention, si vous continuez dans telle direction, ça va mal tourner ». Or, actuellement, on a besoin d’un prophète, ou de plusieurs prophètes, qui nous disent ça.

On est en train de courir le plus vite possible dans la pire des directions. La direction de la compétition, la direction de la destruction des uns par les autres. C’est une folie totale ! Pourquoi est-ce que personne ne nous le dit ?

Moi, ce qui me semble, par exemple, monstrueux, c’est de penser que l’on a pris, comme moteur de notre société occidentale, la compétition. Faut être meilleur que l’autre, faut passer devant l’autre. Mais, songeons à ce qu’on évoquait tout à l’heure : pour devenir moi, j’ai besoin du regard de l’autre, j’ai besoin de tisser des liens avec lui. Dès que je suis en compétition avec lui, je ne tisse plus de lien et, par conséquent, je suis en train de me suicider. C’est ça qu’on devrait nous dire : toute compétition est un suicide.

C’est vrai, mais est-ce qu’il y aurait eu un Albert Jacquard sans compétition ?

Oh oui. Il n’y aurait pas eu de polytechnicien, mais je n’y perdrais pas grand chose. Bien sûr, pour entrer à Polytechnique, vous savez, on est 1500 candidats, il y a 300 places. Il faut donc « être dans les meilleurs », comme on dit. Mais qu’est-ce que ça signifie « meilleur » ? Ça signifie être capable de consacrer toute son intelligence à étudier des choses qui ne vous intéressent pas, mais qui sont au programme. Et, par conséquent, c’est faire vraiment acte de soumission. C’est faire preuve de conformisme.

Et, actuellement, le système des grandes écoles, le système de la compétition, ne fait que sélectionner les plus conformes. Or on a besoin d’un monde… on entre dans un monde qui va se renouveler, et plus on est conformiste, plus on est dangereux. Par conséquent, on est en train de sélectionner les gens les plus dangereux. Ceux qui ne seront pas capable d’imagination.

Non, ce qu’il y a de meilleur en Albert Jaquard, s’il y a quelque chose de bon, ce n’est pas venu de là, c’est venu des regards que j’ai acceptés, et non pas des compétitions que j’aurais gagnées, sûrement pas. Or, là on est en train de se fourvoyer complètement.

Je voyais ça quand j’étais prof en première années de médecine. Vous savez, en première année de médecine, j’avais devant moi 400 élèves, et on savait qu’il n’y en aurait que 100 ou 120 qui auraient le droit de passer en deuxième année. Alors c’était la lutte à couteau tiré, ils se donnaient des faux renseignements, c’était abominable entre eux, on était en train d’en faire des tueurs. Et bien, préparer des futurs médecins en leur donnant une mentalité de tueurs, il y a quelque chose de pourri là dedans.

Non, c’est pas sérieux. Je crois qu’il nous faut extirper la notion de compétition de toute la société et, en particulier, du système éducatif. Le pire de tout, c’est d’avoir fait des écoles des lieux où on est en compétition les uns contre les autres.

C’est la fameuse phrase de Bachelard, en fait…

La fameuse phrase de Bachelard que j’ai répétée à plusieurs reprises : il faut mettre la société au service de l’école et pas l’école au service de la société. Et, justement, c’est en mettant l’école au service de la société qu’on organise la sélection entre les enfants et donc la compétition.

C’est pas sérieux ! Il nous faut dire « nous sommes au service d’intelligences qui sont en train de se construire, et, par conséquent, il faut les aider autant qu’on peut. » Mais surtout pas en leur disant « tu vas être plus intelligent qu’un autre ». C’est complètement absurde ! Non, « tu vas te construire grâce aux autres ».

Cake à la farine de châtaigne corse de Pauline

Monday, September 24th, 2018

Recette pour 2 cakes… parce que Christophe Lamarre ne fait pas les choses à moitié ;-) . Si vous n’avez qu’un moule à cake, profitez-en pour diviser les ingrédients par deux. Si vous n’avez qu’un moule à gaufres, un ectoplasme ou un bachibouzouk, divisez par plus.

Ingrédients :

  • farine 250 g
  • pincée de sel
  • huile de colza 1/2 verre
  • crème fraîche épaisse 2 CàSoupe
  • levure chimique 1 paquet
  • œufs 5 ou 6 selon taille
  • lait 1/2 verre environ (alors là c’est le tour de main, car selon la farine, il va falloir rajouter un peu de lait pour obtenir la consistance d’une pâte à gâteau telle qu’on a l’habitude de la "touiller" (ceux qui en font comprennent, et pour les autres faites vous aider, ou (re)faites un gâteau au yaourt avant, ça vous rappellera la maternelle :-) )
  • vanille/sucre vanillé, mais alors là, c’est facultatif, et je vous conseille d’essayer aussi sans, pour conserver 100% du goût subtil de cette farine, pareil pour le rhum, la grappa ou autres).

Méthode :

Tamisez la farine, mélanger tout, sauf les blancs d’œufs et le lait, puis attendez qqs minutes que la farine s’hydrate, puis ajouter le lait jusqu’à consistance parfaite. Enfin, battez les blancs en neige ferme et ajoutez les en 2 fois, un petit quart en premier et le reste ensuite (c’est un truc de pro ;-) )

Cuisson chaleur tournante, enfourner à 180 15mn puis baisser à 150, piquer avec un couteau comme d’hab.

À manger avec le café sans sucre, c’est le mieux.

C’est la recette de Pauline, figure emblématique du village de 96 ans, une de mes copines :-) (elle prépare encore des repas monstrueux pour des tablées, et faut pas qu’on l’aide..)

#Corsica

Petit séjour chez les hommes

Thursday, August 30th, 2018


Je ne comprends pas que nous assistions à la gestation d’une tragédie bien annoncée dans une forme d’indifférence. La planète est en train de devenir une étuve, nos ressources naturelles s’épuisent, la biodiversité fond comme neige au soleil. Et on s’évertue à réanimer un modèle économique qui est la cause de tous ces désordres. Je ne comprends pas, comment, après la conférence de Paris, après un diagnostic imparable, ce sujet est toujours relégué dans les dernières priorités. Contrairement à ce que l’on dit, la France fait beaucoup plus que beaucoup de pays. Mais, la pression du court terme sur le premier ministre est si forte qu’elle préempte les enjeux de moyen et long termes. Je demeure dans ce gouvernement tout seul à la manœuvre.


Le premier ministre, le président, ont été pendant ces quatorze mois à mon égard d’une affection, d’une loyauté et d’une fidélité absolues. Mais au quotidien, qui ai-je pour me défendre ? Ai-je une société structurée qui descend dans la rue pour défendre la biodiversité ? Ai-je une formation politique ? Est-ce que les grandes formations politiques et l’opposition sont capables de se hisser au-dessus de la mêlée pour s’entendre sur l’essentiel ? Alors nous faisons des petits pas.


Avons-nous commencé à réduire nos émissions de gaz à effet de serre ? Non. Avons-nous commencé à réduire l’utilisation des pesticides ? Non. Ou à enrayer l’érosion de la biodiversité ? Non.


Je vais prendre la décision la plus difficile de ma vie. Je ne veux plus me mentir. Je ne veux pas donner l’illusion que ma présence au gouvernement signifie qu’on est à la hauteur sur ces enjeux. Et donc, je prends la décision de quitter le gouvernement. Aujourd’hui.


C’est la décision la plus douloureuse. Que personne n’en tire profit ! Car la responsabilité est collégiale, collective, sociétale. J’espère que cette décision qui me bouleverse, qui est mûrie depuis de longs mois, ne profitera pas à des joutes ou à des récupérations politiciennes. J’ai une immense amitié pour ce gouvernement auquel je m’excuse de faire une mauvaise manière, mais sur un enjeu aussi important, je me surprends tous les jours à me résigner, à m’accommoder des petits pas alors que la situation mérite qu’on change d’échelle.


C’était un véritable dilemme en sachant que si je m’en vais, je crains que ce soit pire, soit je reste, mais en donnant le sentiment par ma seule présence que nous sommes en situation d’être à la hauteur de l’enjeu. C’est une décision d’honnêteté et de responsabilité. Je souhaite que personne ne fustige ce gouvernement, car c’est l’ensemble de la société et moi qui portons nos contradictions.


Peut-être n’ai-je pas su convaincre. Peut-être n’ai-je pas les codes. Mais, si je repars pour un an, cela ne changera pas l’issue. J’ai pris cette décision hier soir. Elle a mûri cet été. J’espérais qu’à la rentrée, fort des discussions que j’ai eues avec le premier ministre, avec le président, il y aurait un affichage clair.


Cela va paraître anecdotique, mais c’est un élément qui a achevé de me convaincre que cela ne fonctionne pas comme ça devrait. On avait une réunion hier à l’Elysée sur la chasse, et j’ai découvert la présence d’un lobbyiste qui n’était pas invité. C’est symptomatique de la présence des lobbyistes dans les cercles du pouvoir. C’est un problème de démocratie. Qui a le pouvoir ? Qui gouverne ? J’ai dit à Thierry Coste qu’il n’avait rien à faire là. Mais ma décision ne vient pas simplement d’une divergence sur la réforme de la chasse. C’est une accumulation de déceptions. C’est surtout que je n’y crois plus.


Je n’ai pas forcément de solution. Je n’y suis pas parvenu. J’ai obtenu certaines avancées. Mais je n’ai pas réussi, par exemple, à créer une complicité de vision avec le ministre de l’agriculture alors que nous avons une opportunité exceptionnelle de transformer le modèle agricole. Je n’ai pas prévenu Emmanuel Macron et Edouard Philippe de ma décision. Je sais que ce n’est pas forcément très protocolaire. Je sais que si je les avais prévenus avant, peut-être ils m’en auraient, une fois encore, dissuadé. J’ai une profonde admiration pour eux, mais sur les sujets que je porte, on n’a pas la même grille de lecture.


J’espère que mon départ provoquera une profonde introspection de notre société sur la réalité du monde. Sur le fait que l’Europe ne gagnera que si l’Afrique gagne. Où est passée la taxe sur les transactions financières, qui était le minimum pour tenter d’aider l’Afrique ? Le nucléaire, cette folie inutile économiquement et techniquement, dans lequel on s’entête… C’est autant de sujets sur lesquels je n’ai pas réussi à convaincre. J’en prends ma part de responsabilité.

Liesse

Sunday, July 15th, 2018

YAduFoot

Friday, July 6th, 2018

Les Grands boulevards après la victoire en quart de finale face à l’Uruguay. Deux superbes photos de Dan Lawler (@DanielLawler) :

Loufoquerie

Friday, May 25th, 2018

Tweet collision du matin, avec un premier tweet de Dominique Dupagne (@DDupagne)

Il est vrai que les commentaires sont de qualité, et totalement premier degré, avec par exemple :

Pt de rire je couilles tout le monde avec ça. Même mes nouvelles concquette hahaha super peteur il ne manque plus que l odeur

Le tweet suivant était de Yann LeCun (@ylecun)

j’avoue avoir un peu fusionné tout ça et imaginé (à ma grande honte) que, grâce à l’apprentissage profond, nous pourrons bientôt accéder au péteur symphonique, une fonction attendue de longue date par les "decent farters" afin d’esbaudir leurs "nouvelles concquette".

Nième plan banlieues

Friday, April 27th, 2018

Plus le monde devient complexe et moins il est aisé de déterminer si les politiques sont conscients du fait qu’ils font semblant.

Staff virtuel

Monday, February 19th, 2018

Le Staff virtuel naît du concept de Ligne de vie que nous ne décrirons pas ici. Il suffira de dire que la Ligne de vie est un outil basé sur le principe qu’une personne peut souhaiter « gérer sa santé comme un projet » et que cette démarche passe par la matérialisation de l’équipe de santé qui « l’entoure » et par une vision au cours du temps des préoccupations de santé, de ce qui a déjà été réalisé et de la qualité de suivi du risque.

La Ligne de vie est une idée déjà ancienne, née au tournant du siècle, développée au début des années 2000 avec le support de plusieurs URMLs (alors regroupées dans le GUEPARD, Groupe InterUnion Échanges et PARtage des Données) puis mise sous le boisseau par le caractère exclusif du DMP. La Ligne de vie sera lancée cette année dans une version plus mature et générique qui postule qu’une personne ne peut logiquement pas se résumer à son projet de santé.

Le Staff virtuel est né, au sein du CISP Club, de l’intérêt de ne pas voir la Ligne de vie comme une pancarte, mais comme un objet en trois dimensions (une sorte de « cake » étiré au cours du temps) qu’il serait possible de découper en tranches.
Les tranches longitudinales seraient assez bien des « vues spécialisées », typiquement des pancartes construites pour une préoccupation de santé (une pathologie, un risque…) donnée tandis que les tranches perpendiculaires représentent les informations connues à un moment précis.

Le Staff virtuel trouve ainsi sa genèse de la considération que « la tranche d’aujourd’hui » pourraient bien fournir « l’espace de la prise de décision », par exemple l’interface d’une consultation médicale moderne. Cette hypothèse a été explorée dans le cadre d’un projet de recherche en collaboration avec l’équipe du Professeur Degoulet à l’HEGP (ex Broussais) et l’équipe INRIA Acacia alors encadrée par Rose Dieng (malheureusement décédée depuis).

L’état de l’art en terme de structuration de la consultation médicale est plutôt chaotique. L’approche classique, déjà ancienne (développée par le Docteur Lawrence Weed dans les années 60) consiste à organiser la consultation par problèmes (approche « orientée problèmes » ou POMR pour « problem oriented medical record ») et à recueillir pour chaque problème le déroulé de la consultation selon les étapes SOAP (pour faire simple : Subjective (motifs), Objective (examen clinique), Assesment (discussion diagnostique) et Procedure (conduite à tenir)).

Cette « grille » a le grand mérite de conduire à analyser les problèmes traités lors de la consultation, et à noter proprement ce qui a été réalisé ou planifié pour chacun d’entre eux, d’où son succès et le nombre de ses « produits dérivés » comme la Classification Internationale en Soins Primaires (la CISP) qui a été construite pour permettre de classifier les éléments S, A et P.

La grille SOAP/POMR a pourtant deux inconvénients majeurs :

  • Elle pose plusieurs problèmes ergonomiques, typiquement par le fait que les éléments des cases S, O et P sont assez souvent dupliqués (par exemple, un traitement peut concerner plusieurs problèmes), classiquement également par le fait que, faute de faire tenir toute la grille à l’écran, certaines interfaces présentent les problèmes sous forme d’onglets, et perdent ainsi la vue d’ensemble. En résumé, elle constitue un bon support analytique, mais une mauvaise interface.
  • En organisant le flux de la consultation selon les étapes motif puis clinique et enfin diagnostique et traitement, elle est adaptée à l’aigu, mais pas au chronique qui ne voit pas seulement le patient se présenter avec une liste de motifs, mais également des problèmes et des traitements en cours.

Comme élément de la Ligne de vie, le Staff virtuel a été conçu à la fois comme une version plus moderne du SOAP et comme un outil destiné à faciliter le travail en équipe. Il est basé sur quatre principes directeurs :

  1. En tant que « tranche orthogonale du cake », il constitue un « point d’inflexion » du projet en cours : les préoccupations et traitements qui y arrivent sont éventuellement différents des préoccupations et traitements qui en partent. Au lieu d’un flux SOAP, il s’agit donc d’une transformation (A,P)SO(A’,P’).
  2. L’interface est conçue comme si on écartait, comme on ouvre un rideau de théâtre, la ligne verticale qui matérialise le moment présent sur la Ligne de vie, en alignant sur la marge gauche les préoccupations et traitements anciens et en réservant la marge droite pour leurs versions futures (le nouvel état du projet), et en organisant le centre du terrain de jeu sous forme de « graphe cognitif » avec une zone dédiée aux motifs de rencontre et une zone réservée aux données clinique. Il est alors possible, si besoin, de construire un graphe en reliant entre eux les éléments qui vont ensemble ou, au contraire sont en contradiction.
  3. Il est possible d’inscrire des points d’interrogation lorsqu’on suppose qu’il existe un problème qu’on ne peut pas encore nommer, et/ou que le traitement doit être adapté. On peut donc exprimer l’inconnu et, si besoin, ne pas refermer la consultation et, au contraire, l’ouvrir à (tout ou partie de) l’équipe de santé afin de bénéficier d’une vision pluridisciplinaire.
    Pour « résoudre les interrogations », il est alors possible de mettre en œuvre un diagramme QOC (Question, Options, Critères), qui permet au groupe de lister les options possibles et d’apporter, pour chacune d’entre elles, les critères positifs ou négatifs qui permettent in fine de travailler sur l’hypothèse qui possède le meilleur ratio.
  4. L’un des aspects importants d’une représentation de ce type est de constituer une mémoire de la prise de décision. Il est assez naturel que, dans le futur, quelqu’un s’interroge sur la raison pour laquelle un traitement a été stoppé, modifié ou instauré ou pour laquelle l’équipe a travaillé sur une hypothèse qui semble erroné. Pouvoir consulter, à l’aune des événements qui ont suivi, le raisonnement construit qui avait guidé la décision, est un élément précieux de support décisionnel.

La recherche documentaire pourrait intervenir à deux étapes en tant que support décisionnel : en utilisant le graphe de la consultation comme guide de requêtes pertinentes et, au sein du QOC, en fournissant des critères issus de la littérature.

Globalement, il faut imaginer qu’un outil construit pour permettre le travail d’équipe permet également à un acteur solitaire de bénéficier de l’apport d’agents intelligents, et, typiquement, d’un agent qui chercherait sur PUBMED si des tableaux similaires ont déjà été décrits.

Trois conseils pour réussir

Sunday, February 18th, 2018

En septembre 2013, la cérémonie de remise de diplômes de l’ENSTA Bretagne coïncidait avec les adieux du directeur de l’école. Ni les fiers parents, dont j’étais, ni les bientôt diplômés n’attendaient grand chose de son discours… et pourtant j’en ai un souvenir marquant, principalement pour les trois conseils en forme de passage de témoin qui en constituaient à la fois la touche finale et le signal d’entrée dans la vie active pour une promotion d’ingénieurs.

Son premier conseil était de ne pas calculer, de ne pas établir un plan de carrière mais, au contraire, de s’orienter vers les domaines d’intérêt véritable.
L’argument étant qu’on est naturellement bien meilleur et mieux capable de progresser quand on fait ce qu’on aime.

Son deuxième conseil traitait de l’ouverture à l’autre, partant du constat qu’un ingénieur moderne travaillera une grande partie de sa vie (physiquement ou à distance) en environnement multi-culturel.

Le troisème conseil se résumait en un mot  "Osez". Osez prendre des risques, osez innover. C’est précisément ce qu’on attend d’un ingénieur, donc la meilleure façon de réussir.

Ces trois points me sont revenus en mémoire en lisant, dans un article du magazine du Monde, les trois conseils que Cédric Villani donne aux jeunes qui l’interrogent le sujet : Un, ne vous mettez pas dans une case. Deux, soyez toujours en mouvement et bougez dès que vous connaissez bien un sujet. Trois, laissez une part importante de hasard dans votre carrière.

Et vous, quels seraient vos trois conseils ?

Rapport Bergé

Thursday, February 1st, 2018

Chère Aurore Bergé et chère autre rombière inconnue, qui avez commis ce #RapportBergé.
Pour vous et vos amis de la France 2.0, la petite chronique d’un professeur déconnecté des réalités sociales vécues par ses élèves.

Lundi, il fallait faire cours pour la dernière fois à M. (6eB) sans pour autant lui dire au revoir. Sa mère et les gendarmes viendraient le chercher à l’interclasse.

À l’interclasse, c’était mieux, cela éviterait des heurts à la sortie du collège : son père y est presque toujours posté, titubant.

M. ne savait pas qu’il ne reverrait sans doute plus jamais ses copains ni ses professeurs et il levait la main pour participer, souriant comme d’habitude, ses lunettes de la sécurité sociale sur le nez.

Je lui ai prêté un livre – Tom Sawyer – dont j’avais parlé en classe et qu’il voulait lire. Il l’a mis, tout content, comme un trésor, dans son cartable. Et puis la porte s’est refermé et il est parti.

Mardi, on a fait un petit travail d’écriture avec les 4e, à partir de scènes de repas de la littérature. Ça marche toujours bien, on bosse notamment le vocabulaire des 5 sens.

Je n’étais pas du tout satisfait du travail de R. Quelques lignes d’une extrême platitude. Je le convoque donc à la fin de l’heure pour lui passer un savon. Oui, c’est ma bienveillance à moi quand ils ne foutent rien.

Il est venu vers mon bureau, avec sa maladroite carcasse, je voyais bien qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. J’ai fait semblant de finir de corriger une copie avant de relever la tête et de m’intéresser à lui (un truc classique de prof un peu expérimenté).

Le père de R. vient de perdre son boulot. Il touche le chômage mais il est terrifié. "Alors maintenant, on bouffe des pâtes. Ou du riz."

Ainsi, le festin de Babette ou les étals du Ventre de Paris, eh ben ça l’avait démoralisé, R.

R. a aussi une grande sœur qui pleure pour 5 euros d’APL comme le dit votre distinguée grande gueule O’petit ; c’est pas sûr qu’elle puisse finir ses études. Pourtant, une élève très brillante.

Bref, c’est pas la fête. Pas grand chose dans la copie mais pas grand chose dans l’assiette non plus et le moral dans les chaussettes. J’ai dit à R. que c’était très chic d’être vegan, très tendance, et ça l’a fait marrer.

Il avait deux heures de permanence : "Je vous rapporte une bonne rédaction à 17h00, Monsieur". À la récréation, je suis allé voir la PP de la classe. Pas de mauvaise surprise : l’assistante sociale suivait le dossier.

J’ai lu la copie de R. à 17h10. C’était pas terrible. Je lui demanderai de refaire son travail. Mais sans l’aider plus que ça, parce que c’est un garçon qui écrit très bien.

Mercredi (aujourd’hui), rien. Je ne travaille pas au collège. Je corrige des copies, installé dans ma véranda qui surplombe la vallée minière où s’entassent les pauvres gueux. Note : comme vous avez l’air un peu niaises, Mesdames, je précise que c’est une amère plaisanterie.

Jeudi matin (tout à l’heure), semaine A ou B ? Je ne sais jamais, je sais juste que c’est jeudi et que c’est restitution des dictées. Et c’est, avec les 3eF, un moment que je déteste, quand je dois rendre sa copie à S.

Pourtant, c’est très chouette les dictées. Ils aiment bien ça, je choisis de beaux textes, parfois on les prépare avant, parfois pas du tout, parfois un peu. Ils en bavent, c’est dur, mais ils progressent. Ils s’en sortent tous plus ou moins bien.

Enfin pas tous. S. ne s’en sort pas bien du tout. Et elle me regarde un peu de travers quand je rends les résultats, un peu comme si c’était ma faute. Elle progresse aussi mais pas comme elle le voudrait. Elle est passée de 0 à 5. Moi je suis très content d’elle.

S. est arrivée en France quand elle avait 6 ans. Dans une rédaction, l’an dernier (je l’avais aussi l’an dernier), elle avait écrit un très beau texte qui racontait sa bataille pour apprendre à lacer des chaussures. Avant son arrivée en France, elle n’en avait jamais porté.

Je me souviens que sa rédaction se terminait par "J’aimerais tant marcher de nouveau dans mes montagnes, sur un sol qui ne me serait pas étranger." Elle avait souligné le mot étranger (qu’elle avait aussi orthographié "étrangé")

Les parents de S. ne savent ni lire ni écrire. Ils parlent à grand peine quelques mots de français. Quand ils viennent en réunion parents-profs, S. assure la traduction. Je la soupçonne de ne pas toujours restituer exactement ce que je dis (elle est maline) mais passons…

Son père parvient quand même à me dire directement des trucs quand il évoque le petit frère de S. : "Si déconne, tu tapes." Et je vois S. qui rigole, elle a sans doute en tête une scène où j’en colle une à son frangin. Elle se dit peut-être que ça ne lui ferait pas de mal.

Bref, S. est une des élèves les plus intelligentes et persévérantes que je connaisse. Je pense qu’elle peut mener son projet au bout, elle veut être prof (bon, là elle est un peu stupide). Mais pour ça, il ne faudra plus faire de fautes.

Alors, elle y travaille. Elle travaille même très dur et il faut mettre les bouchées doubles car le temps ridicule consacré à l’enseignement du français ne permet plus aux enfants nés en dehors de la langue d’espérer la maîtriser un jour.

J’espère que demain, quand je vais lui rendre son 5, je pourrai passer 20 minutes avec elle pour reprendre 2 points précis. Mais elle a 27 condisciples : ce sont les budgets que vous votez.

J’espère surtout qu’un jour, S., M. et R. auront été suffisamment instruits par mes soins et ceux de mes collègues pour vous cracher très convenablement à la gueule que la misère sociale, c’est vous, les politiques, qui la fabriquez.

J’espère que vous descendrez alors de vos carrosses et que vous salirez vos jolies robes.

Dans l’immédiat, gardez vos leçons de dame patronnesse pour vous et croyez bien que les enseignants, tout comme les policiers ou le personnel hospitalier, ont une parfaite conscience des réalités sociales vécues par ceux qu’ils instruisent, protègent ou soignent.

Crossway

Wednesday, January 31st, 2018

Nous sommes le 30/01/2018, et le logiciel hospitalier Crossway est toujours utilisé afin de retarder la prise en charge des patients tout en augmentant le risque d’erreurs.

#FierDeRienDuTout

Mais je vous sens dubitatifs. Je sens même que certains se disent que c’est de la méchanceté gratuite. Alors voilà des exemples :

Vous savez ce qui se passe dans Crossway si je prescris 480 comprimés de paracétamol toutes des deux heures ?

Rien. Il accepte.

Vous savez ce qui se passe si je prescris de l’héparine et des AVK pour un relais ?

Il hurle à la mort.

Vous savez comment je peux faire pour prescrire un traitement d’après une observation où est noté l’ordonnance du médecin traitant ?

Et bien je peux pas. Je dois la recopier à mon tour pour la re rentrer ensuite dans un autre écran.

Vous savez comment je peux envoyer un courrier au médecin traitant à partir de Crossway ?

Je peux pas non plus.

Mais vous vous dites peut-être que pour le patient c’est mieux car on peut surveiller ses constantes vitales ?

Pas de bol. Crossway ne montre par défaut que ce qu’il y a à faire, donc si je veux voir le passé il faut se perdre dans les menus.

Évidemment vous rebondissez en vous disant qu’au moins comme ça on est sur de rien oublier si Crossway montre tout ce qu’il y a à faire !

Encore raté.

Bon bref, Crossway est directement responsable d’une surcharge mentale de malade sur les médecins et infirmières, sans que son concept n’en ait rien, mais alors rien à taper.

Là encore je vous sens dubitatifs. Mais savez-vous comment on peut faire évoluer Crossway ? En s’inscrivant à un club des utilisateurs. Et savez-vous comment on s’inscrit à ce club ? EN PAYANT ! Oui oui, on paye pour donner son avis.

Et là les plus blasés vont dire : bah si c’est si dangereux, pourquoi vous portez pas plainte ? Ben parce qu’on peut pas.
Parce que la responsabilité de la qualité de la prescription c’est celle des médecins, et celle de l’administration, celle des IDE.

Quia hortulanus esset

Sunday, January 21st, 2018

Je suis l’ouvrier du silence,
L’au-delà des gestes humains,
L’obole qui contrebalance
L’or des Césars entre vos mains.

Je suis l’innocence de l’aube
Et l’œuf fragile au fond du nid ;
Les replis usés de ma robe
Ont la largeur de l’infini.

Je suis plus vendu qu’un esclave,
Et, plus qu’un pauvre, abandonné ;
Je suis l’eau céleste qui lave
Le sang que pour vous j’ai donné.

Les lys et les agneaux, mes frères,
Sont comme moi sans défenseur ;
Je revêt tous ceux qui pleurèrent
D’une cuirasse de douceur.

Peu m’importe que l’on me nie ;
Je suis l’obscur et l’insulté
Semant sa sueur d’agonie
Aux sillons du futur été.

Je suis la neige qui prépare
La lente éclosion des fleurs ;
Deux bras ouverts, vivante barre,
Diamètre de vos douleurs.

La rose à mes côtés relève
Son visage innocent et beau ;
Le bois mort s’humecte de sève ;
Et la Madeleine au tombeau,

Moite encor des larmes versées,
Reconnaît, dieu qui sanglota,
Le jardinier aux mains percées
Sous l’arbre noir du Golgotha.


Marguerite Yourcenar
1931-1933
Les Charités d’Alcippe

L’expression "quia hortulanus esset" apparaît au chapitre 20 de l’Évangile selon Jean, versets 11 à 18

  1. «  Maria autem stabat ad monumentum foris, plorans. Dum ergo fleret, inclinavit se, et prospexit in monumentum » :
    Marie se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Or, tout en pleurant, elle se pencha vers l’intérieur du tombeau
  2. «  et vidit duos angelos in albis sedentes, unum ad caput, et unum ad pedes, ubi positum fuerat corpus Jesu. » :
    et elle voit deux anges, en vêtements blancs, assis là où avait reposé le corps de Jésus, l’un à la tête et l’autre aux pieds.
  3. «  Dicunt ei illi : Mulier, quid ploras ? Dicit eis&nbsp: Quia tulerunt Dominum meum : et nescio ubi posuerunt eum. » :
    Ceux-ci lui disent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur dit : « Parce qu’on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a mis. »
  4. «  Hæc cum dixisset, conversa est retrorsum, et vidit Jesum stantem : et non sciebat quia Jesus est. » :
    Ayant dit cela, elle se retourna, et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.
  5. «  Dicit ei Jesus : Mulier, quid ploras ? quem quæris ? Illa existimans quia hortulanus esset, dicit ei : Domine, si tu sustulisti eum, dicito mihi ubi posuisti eum, et ego eum tollam.“ :
    Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui dit : « Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et je l’enlèverai. »
  6. «  Dicit ei Jesus : Maria. Conversa illa, dicit ei : Rabboni (quod dicitur Magister). » :
    Jésus lui dit : « Marie ! » Se retournant, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! » – ce qui veut dire : « Maître ».
  7. «  Dicit ei Jesus : Noli me tangere, nondum enim ascendi ad Patrem meum : vade autem ad fratres meos, et dic eis : Ascendo ad Patrem meum, et Patrem vestrum, Deum meum, et Deum vestrum. » :
    Jésus lui dit : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Mais va trouver mes frères et dis-leur : “je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu”. »
  8. «  Venit Maria Magdalene annuntians discipulis : Quia vidi Dominum, et hæc dixit mihi. » :
    Vient Marie de Magdala, qui annonce aux disciples : « J’ai vu le Seigneur et voilà ce qu’il m’a dit. »

François Gabart : 42 jours autour du monde

Monday, December 18th, 2017

© François Gabart/Macif

De l’informatique médicale…

Thursday, November 23rd, 2017

dites, @WedaOfficiel, ça va bien ? On savait déjà que vous cherchiez à facturer systématiquement toute option en plus du logiciel qu’on vous paie déjà 120 euros par mois par médecin (y compris moi qui travaille 2 jours par semaine au cabinet, pas de jaloux) 1/7

Puis, @WedaOfficiel, on apprend que vous voulez facturer une option qui sera en fait obligatoire pour bosser correctement (on a besoin de ROSP et compagnie, nouveaux types de rémunération pour bosser, et on n’a pas encore assez d’administratifs loin de là) 2/7

et là, en fait, on comprend que vous souhaitez juste vous payer grassement sur la-dite ROSP, puisque vous voulez surfacturer 280 euros par an par médecin pour le passage au DMP #SerpentDeMerMonSerpentDeMer Pour la mise en place bien sûr ? 3/7

Noooon, pas pour la mise en place @WedaOfficiel. Vous voulez facturer 280 euros par médecin ET PAR AN. Pour une option d’un logiciel que chacun d’entre nous paie déjà 1440 euros par an. Et dont on sait que vous allez chercher à nous surfacturer toutes les options. 4/7

On est plusieurs médecins par structure. Ca chiffre vite l’investissement dans votre logiciel @WedaOfficiel 5/7

Un exemple, pour que tout le monde comprenne bien. Pour faire apparaître un bouton à un endroit prévu à cet effet pour un scanner qu’on ne peut pas raccorder tout seuls (ou que notre informaticien habituel ne peut pas raccorder), bim, 80 euros. 6/7

Alors si j’ai mal compris, je veux bien qu’on me réexplique. Je ne demande que ça, même. Et puis j’aimerais avoir l’esprit tranquille pour m’occuper des gens sans avoir à me demander tout le temps si mon "entreprise libérale" tient le coup financièrement 7/7

Prescrire et les vaccins

Thursday, September 7th, 2017

Très intéressante intervention de Bruno Toussaint, directeur de la rédaction de la revue indépendante Prescrire, aux Matins de France Culture (@Lesmatinsfcult) :


Les vaccins c’est très divers. Il y a des médicacaments très divers, il y a des médicaments qui sont des poisons comme le Mediator et des médicaments magnifiques comme l’insuline ou les antirétroviraux quand on a le sida.


Dans les vaccins, il y a des vaccins inefficaces, des vaccins dangereux, sans grand intéreêt, c’est à dire sans avoir une efficacité qui les contrebalance et puis il y a des vaccins très importants contre le tétanos, ou la dyphtérie ou la poliomyélite. Il faut faire attention, tous les vaccins ne se valent pas comme tous les médicaments ne se valent pas. Il faut, selon la situation de la personne, dans quel pays elle vit, à quoi elle est exposée ou à quoi elle sera exposée probablement quand il s’agit d’un enfant, etc, il y a plein de facteurs à prendre en compte, ça ne doit pas être automatique. Il y a très peu de choses dont l’intérêt est vraiment évident pour tout le monde. J’ai parlé du tétanos, c’est un exemple classique : c’est une maladie qui ne disparaitra pas, le bacille est dans la nature donc il faut s’immuniser, sinon il y a un risque mortel, très simplement. Et il y a des pays où il y a encore beaucoup de morts de tétanos.


Alors, pour ce qui est de l’obligation, nous à Prescrire on défend depuis longtemps que ce qui compte c’est d’être informé et de pouvoir choisir en connaissance de cause son traitement, ses vaccinations, etc. Donc, de ce point de vue là, la vaccination obligatoire, c’est dommage puisque ça utilise l’argument d’autorité et non pas le raisonnement et le choix éclairé, et ça, pour nous, c’est vraiment une régression.


[...]


Il y a dans l’histoire beaucoup d’exemples où les choix des autorités en matière de vaccins étaient très discutables et, finalement, pas bien fondés, ça n’incite pas à la confiance. Mais tant qu’on en reste à utiliser l’argument d’autorité plutôt que mettre en avant les explications, la pédagogie, l’information, la transparence, ça aura beaucoup de mal à progresser.

Levothyrox by @LehmannDrC

Wednesday, August 30th, 2017

Putain. Je le fais ce thread #Levothyrox basique, ou je laisse tomber parce que ca suffit comme ça? Tt le monde a compris c’kïspasse?

#Levothyrox . Le thread pour briller en société. C’est ici, et c’est gratuit. A la demande générale de cinq personnes

La thyroide est une petite glande située sur la face antérieure du cou. Une glande endocrine ( ca veut dire qu’elle secrete des hormones ds

Le sang, à la différence d’une glande exocrine qui secrete sur la peau: glande sudoripare qui secrete la sueur par exemple)

Ce qu’il faut bien piger c’est que la thyroide est un thermostat. Ouais, mec, un putain de thermostat.

Si elle s’emballe c’est l’hyperthyroidie, ton métabolisme accélere, t’es en mode hyper, Sonic sous acide: tu transpires, t’es tout fébrile,

T’as chaud, ton coeur bat vite, t’as tendance à la diarrhée, t’es facilement à cran, tu maigris. Tu te consumes, quoi.

Si ta thyroide ralentit, c’est l’hypothyroidie tu te mets en mode ralenti tu avances à la vitesse d’un personnage secondaire allant de

Kings Landing à Winterfell dans les premieres saisons de Game of Thrones. Et c’est Winter is coming: t’as froid, t’es ralenti, tu grossis,

T’es constipé, ton coeur bat lentement, t’es mou, tu peux te sentir tout triste, tout ratatiné.

La thyroide secrete des hormones thyroidiennes, donc, mais elle fait pas ca toute seule sans surveillance. Dans ton crâne derriere tes yeux

Au milieu il y a une petite glande appelée hypophyse qui gere ca en maitre d’orchestre,qui analyse combien il y a d’hormone thyroidienne

Dans le sang, et ds le cas où la production faiblit ( feignasses gauchistes de cellules thyroidiennes!!!) l’hypophyse secrete de la TSH

Hormone de Stimulation de la Thyroide, pour stimuler la thyroyde, justement. Donc si il y a suffisamment d’hormone thyroidienne la TSH va

Rester basse, s’il en manque, la TSH va s’elever parce que l’hypophyse va lancer un ultimatum à la thyroide: bouge toi le cul, connasse.

Il y a plein de situations dans lesquelles ont est amené à donner des hormones thyroidiennes de synthese, on appelle ca un traitement

Substitutif parce que le médicament se substitue à la thyroide. Ca peut être parce que la thyroide ne fonctionne pas, ou, la ruse!!!!, ca

Peut être pour la mettre en sommeil parce qu’elle déconne. En donnant de l’hormone médicamenteuse, on trompe l’hypophyse qui se dit: ouhlà

Vindiou y’a de l’hormone thyroidienne plus qu’il n’en faut, j’arrete immédiatement de stimuler la thyroide! La TSH est alors basse voire

Effondrée, parce que l’hypophyse, tant que le taux d’hormone thyroidienne médicamenteuse est éleve, va stopper la stimulation

Le probleme des hormones thyroidiennes de synthese c’est que la dose est parfois compliquée à déterminer, différente chez chaque patient

On arrive donc à la dose optimale par tatonnement. Et pour bien faire c’est un des rares médicaments où utiliser un générique peut poser

De gros problemes parce que ce qu’on appelle la biodisponibilité va varier d’une marque à l’autre. Peut etre que chez Mr Lambda, 125 mcg

De levothyroxine Dugland vont filer 120 mcg ds le sang, mais s’il change de pharmacie et fe génériue, peut etre que 125 mcg de

Levothyroxine Duschmoll vont seulement libérer 110 mcg d’hormone dans le sang. Et pour la levothyroxine ces variations apparemment minimes

Peuvent avoir de grosses conséquences tres mal vécues par les patients. Pourquoi? PARCE QUE C’EST UN THERMOSTAT, IDIOT!!!

Et que quand tu joues avec le thermostat ca fait yoyo et t’es vraiment mal. Donc les hormones thyroidiennes c’est un des rares médocs où on

Dit aux gens: une fois que vous avez teouvé la dose optimale de votre hormone thyroidienne évitez de changer de marque. Et on dose la TSH

Régulierement, et souvent, si tt va bien elle est tres basse, effondrée parfois, parce que l’hypophyse n’a aucune raison de stimuler

La thyroide. Ce qui s’est passé récemment, c’est que l’ANSM, l’agence du médicament, a demandé au laboratoire Merck qui commercialise

LEVOTHYROX de modifier un des excipients du comprimé, le lactose. Pourquoi? Parce qu’ils se sont apercus que d’un lot de médicament à

Un autre, ou bien dans la meme boite dans le temps, la biodisponibilité de l’hormone pouvait varier. Je m’explique: tu achetes ta boite de

90 cps pour trois mois. Au début chaque comprimé de 125 mcg te délivre à peu pres 125 mcg ds le sang mais avec le temps, le vieillissement

Des comprimés, peut etre que sur les 10 derniers comprimés tu n’as plus que 110 mcgs délivrés à chaque prise. Donc ce n’est pas un complot

Maléfique des reptiliens illuminati vaccinateurs du grand remplacement de Big Pharma, c’est une demande de l’agence du médicament ds le but

De garantir aux patients une meilleure qualité du produit. Tout ce qu’ils ont fait c’est changer un des composants neutres du comprimé

Le lactose, par le mannitol. Manque de pot, comme d’hab en France: aucune explication aux patients, une information technocratique aux

Docteurs, perdue dans la masse, pas très claire ( genre: on a changé un truc, vous ferez doser la TSH de vos patients ds 3 mois, ciao)

Donc ce qui s’est passé c’est que sur le très grand nombre de patients sous Levothyrox, certains ont ressenti des effets néfastes au

Changement de formule. ( Because c’est un thermostat, remember?) Et comme c’est un thermostat chacun peut avoir des troubles très différents

Et pas forcément tres spécifiques: je suis crevé. J’ai mal au bide. J’ai chaud. Je perds du poids. J’ai les jambes faibles, etc etc etc

Et on a maintenant, en l’absence de toute calamité infectieuse, en l’absence de tt risque majeur, l’ébauche d’une magnifique shitstorm.

Une information de médiocre qualité. Pas de prise de conscience en amont. Une modification de formule justifiée mais pas expliquée.

Des patients ( pas tous) qui découvrent soudain que leur sensation de malaise récent est peut etre liée à cette modification de formule et

Ont l’impression d’etre la derniere roue di carosse, surtout s’ils ont à un moment ou un autre eu pour toute réponse à leurs interrogations

Circulez y’a rien à voir c’est dans votre tete. Des soignants pas ou mal informés. Une agence qui n’imaginait pas les conséquences du

Changement de formule. Un labo qui dit: nous on a juste fait comme nous ont demandé les autorités, merde! Des journalistes dont bcp hélas

Ont la culture scientifique d’un conseiller de Donald Trump.Saupoudrez la dessus quelques assos de patients bien barrées sonnant le tocsin

Et balancant à la presse des trucs invraisemblables pas vérifiés, ce qui fait naitre la panique. On est pas bien, là, dans un énième foirage

De santé publique dont on aurait pu faire l’économie avec un peu de cette démocratie sanitaire dont on nous rebat les oreilles depuis des

Années mais qui sert essentiellement à filer des postes bien payés à des nuisibles bourrés de conflits d’intérêt mais ceci est une autre

Histoire. Donc pr résumer: c’est pas un complot juste de l’incompétence. Et le problème c’est que la thyroide c’est un putain de thermostat

C'est vrai, moi, juge, j'ai été désarmée face à un médecin

Friday, June 16th, 2017

C'est vrai, moi, juge, j'ai été désarmée face à un médecin

C’était il y a plusieurs années, j’étais juge d’instruction. J’avais instruit un dossier d’agressions sexuelles reprochées par des patientes à un médecin, depuis jugé et condamné. Je ne donnerai pas de détail sur le dossier.

Je peux juste dire que toutes ces femmes me décrivaient la même chose : leur état de sidération lorsque le médecin avait porté sur leur corps un regard lubrique, tenu des propos salaces, posé ses mains sur leurs seins ou leurs fesses.

Leur sortie du cabinet médical, éberluées, se demandant si elles avaient rêvé, si c’était seulement possible.

Leur rêcits à leur mère, leur sœur, leur copine, leur compagnon, se demandant si on allait les croire. (Celles qui étaient en couple m’ont dit à quel point le soutien leur homme avait été précieux, que c’était important qu’il les croie)

Leur plainte à la police, pour certaines tout de suite, pour d’autres après avoir beaucoup hésité, en espérant être crues. (Parmi elles, il y avait une avocate, qui avait beaucoup hésité, par peur du "qu’en dira t’on" au barreau, d’être mal vue par ses confrères)

Or, après avoir instruit ce dossier, j’ai consulté mon endocrinologue, conseillé par un ami de la famille, médecin aussi, j’avais confiance

Je l’avais consulté plusieurs fois, il me suivant bien. Un jour, il m’a fait un compliment sur mon visage. J’ai trouvé ça étrange, déplacé.

Je n’y ai pas fait trop attention. Il insistait bcp pour que je fasse des mammographies, mais pour moi, c’était à ma gynéco de les prescrire

Un jour, j’étais allongée sur la table d’examen, il m’a palpé la thyroïde. Normal, j’y allais pour ça, examen banal. Tout à coup, il me dit "je vais vous examiner les seins". J’étais surprise, il ne l’avait jamais fait, ni aucun endocrino avant. Il a prétexté que je n’avais pas fait de mammographie depuis longtemps, que c’était prudent. Et avant que j’aie pu dire quoi que ce soit, il avait mis les mains sous mon pull, sous mon soutien gorge, et faisait une palpation.

Je ne sais plus ce que j’ai pensé. Qu’il était médecin et qu’il savait ce qu’il faisait ? Que je pouvais faire confiance à l’ami d’un ami ?

Ca m’a troublée sur le moment, puis je n’y ai plus pensé. C’est 6 mois plus tard, lorsque je suis allée chez ma gynéco, qd elle m’a examinée que j’ai réalisé que l’ "examen" qu’il avait pratiqué, n’avait rien à voir avec le vrai examen des faits, qu’il s’était juste fait plaisir.

Bref, que c’était une agression sexuelle.

Je me suis sentie bête. Parce qu’ayant déjà eu un certains nombre d’examens gyneco, j’aurais du me rendre compte que c’était anormal.

Et pq juge, j’aurais du réaliser ce qui se passait. Eh bien non, et c’est ça l’état de sidération décrit par les victimes dans mon dossier

Il faudrait, en moins d’une minute (ça a été très bref), à réaliser ce qui se passe, à analyser, alors que l’on est face à un "sachant"

On est dans une sorte d’entre deux, de flottement, une partie de soi qui dit "qu’est ce qu’il est en train de faire ?" Et une autre qui dit "c’est un médecin, il sait ce qu’il fait". L’image qui me vient est celle d’un sarcophage dont on n’arrive pas à sortir

Puis c’est terminé, on se lève, un peu interoloquée, on va payer, on dit au revoir, peut être même "merci docteur", comme d’habitude.

Puis j’ai déménagé, je n’ai plus vu ce médecin. J’ai été suivie par un autre endocrino, qui ne m’a jamais fait de compliment déplacé, ne m’a jamais touché les seins, juste palpé la thyroïde, prescrit des prises de sang et mon traitement, comme les autres, comme avant. (Au passage j’ai appris que l’ancien endocrino ne m’avait pas si bien suivi que ça)

Et je n’ai plus pensé à cette histoire. Le déménagement, de gros soucis familiaux, un grave problème de santé, le travail très prenant.. etc

Et porter plainte, plusieurs mois après les faits, il nierait, dirait que c’était un geste professionnel, mal interprété… à quoi bon ?

Bref, une réaction courante de victime. Et je sais ce qu’est une procédure judiciaire, ce qu’elle impose aux victimes : expliquer, justifier, être confrontée. Je n’en n’avais pas envie. Ni surtout la force à ce moment là de ma vie.

J’ai pensé écrire à l’ordre des médecins local, mais j’avais constaté son inertie dans le dossier que j’avais instruit, c’était inutile.

Maintenant les faits sont prescrits, le médecin à la retraite. C’était désagréable, mais je ne me suis pas sentie très traumatisée.

Encore que … si je floode aujourd’hui … Ou est ce que j’ai banalisé, ayant déjà subi quelques tripotages dans le métro ?

Alors, qu’est ce que j’en tire comme leçon ?
Que je ne sais pas si j’ai bien fait de ne pas porter plainte.

Que les victimes d’agressions sexuelles ont du courage pour porter plainte. (Mais ça, je le savais déjà. Là, j’en ai pris la mesure).

Que c’est encore plus compliqué si c’est un professionnel, un "notable", si l’on est soit même supposée être "armée" par son statut.

Que oui, on peut mettre du temps à porter plainte. Qu’il faut parfois qu’il y en ait une qui montre la voie.

Que la question "mais pourquoi tu n’as pas réagi ?" ne peut recevoir aucune réponse.

Et voilà comment, même éduquée, juriste, professionnelle, plus toute jeune, on peut se sentir totalement désarmée. #Fin

S-1

Monday, April 17th, 2017

À une semaine des élections, il est de bon ton, puisque le Brexit n’a pas eu lieu et que Trump n’a pas été élu, de prétendre que Marine ne passera pas. Aux États-Unis, la méfiance est quand-même de mise, comme le prouve cette géniale émission Last Week Tonight avec John Oliver (@iamjohnoliver) (HBO)

Comme "ne pas prévoir c’est déjà gémir", il est assez édifiant de consulter le tableau réalisé par l’équipe de TTSO et titré "ne croyez rien" où ils calculent le ratio "score réalisé / moyenne des sondages" aux dernières présidentielles :


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