Archive for the ‘Français’ Category

Une Île

Tuesday, December 10th, 2019


Michèle Bernard-Requin, 8 décembre 2019,

Vous voyez d’abord, des sourires et quelques feuilles dorées qui tombent, volent à côté, dans le parc Sainte-Perrine qui jouxte le bâtiment.

La justice, ici, n’a pas eu son mot à dire pour moi.
La loi Leonetti est plus claire en effet que l’on se l’imagine et ma volonté s’exprime aujourd’hui sans ambiguïté.
Je ne souhaite pas le moindre acharnement thérapeutique.

Il ne s’agit pas d’euthanasie bien sûr mais d’acharnement, si le cœur, si les reins, si l’hydratation, si tout cela se bloque, je ne veux pas d’acharnement.
Ici, c’est la paix.
Ça s’appelle une « unité de soins palliatifs », paix, passage… Encore une fois, tous mes visiteurs me parlent immédiatement des sourires croisés ici.

« Là tout n’est qu’ordre et beauté, luxe calme et volupté ».
C’est une île, un îlet, quelques arbres.
C’est : « Mon enfant, ma sœur, Songe à la douceur d’aller, là-bas, vivre ensemble ». C’est « J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans » (« Spleen  ») Baudelaire.

Voilà, je touche, en effet, aujourd’hui aux rivages, voilà le sable, voilà la mer.
Autour de nous, à Paris et ailleurs, c’est la tempête : la protestation, les colères, les grèves, les immobilisations, les feux de palettes.

Maintenant, je comprends, enfin, le rapport des soignants avec les patients, je comprends qu’ils n’en puissent plus aller, je comprends, que, du grand professeur de médecine, qui vient d’avoir l’humanité de me téléphoner de Beaujon, jusqu’à l’aide-soignant et l’élève infirmier qui débute, tous, tous, ce sont d’abord des sourires, des mots, pour une sollicitude immense. À tel point que, avec un salaire insuffisant et des horaires épouvantables, certains disent : « je préfère m’arrêter, que de travailler mal » ou « je préfère changer de profession ».

Il faut comprendre que le rapport à l’humain est tout ce qui nous reste, que notre pays, c’était sa richesse, hospitalière, c’était extraordinaire, un regard croisé, à l’heure où tout se déshumanise, à l’heure où la justice et ses juges ne parlent plus aux avocats qu’à travers des procédures dématérialisées, à l’heure où le médecin n’examine parfois son patient qu’à travers des analyses de laboratoire, il reste des soignants, encore une fois et à tous les échelons, exceptionnels.

Le soignant qui échange le regard.

Eh oui, ici, c’est un îlot et je tiens à ce que, non pas, les soins n’aboutissent à une phrase négative comme : « Il faut que ça cesse, abolition des privilèges, il faut que tout le monde tombe dans l’escarcelle commune. » Il ne faut pas bloquer des horaires, il faut conserver ces sourires, ce bras pour étirer le cou du malade et pour éviter la douleur de la métastase qui frotte contre l’épaule.
Conservons cela, je ne sais pas comment le dire, il faut que ce qui est le privilège de quelques-uns, les soins palliatifs, devienne en réalité l’ordinaire de tous.

C’est cela, vers quoi nous devons tendre et non pas le contraire.

Donc, foin des économies, il faut impérativement maintenir ce qui reste de notre système de santé qui est exceptionnel et qui s’enlise dramatiquement.
J’apprends que la structure de Sainte-Perrine, soins palliatifs, a été dans l’obligation il y a quelques semaines de fermer quelques lits faute de personnel adéquat, en nombre suffisant et que d’autres sont dans le même cas et encore une fois que les arrêts de travail du personnel soignant augmentent pour les mêmes raisons, en raison de surcharges.
Maintenez, je vous en conjure, ce qui va bien, au lieu d’essayer de réduire à ce qui est devenu le lot commun et beaucoup moins satisfaisant.

Le pavillon de soins palliatifs de Sainte-Perrine, ici, il s’appelle le pavillon Rossini, cela va en faire sourire certains, ils ne devraient pas : une jeune femme est venue jouer Schubert dans ma chambre, il y a quelques jours, elle est restée quelques minutes, c’était un émerveillement. Vous vous rendez compte, quelques minutes, un violoncelle, un patient, et la fin de la vie, le passage, passé, palier, est plus doux, c’est extraordinaire.

J’ai oublié l’essentiel, c’est l’amour, l’amour des proches, l’amour des autres, l’amour de ceux que l’on croyait beaucoup plus loin de vous, l’amour des soignants, l’amour des visiteurs et des sourires.
Faites que cette humanité persiste ! C’est notre humanité, la plus précieuse. Absolument.

La France et ses tumultes, nous en avons assez.
Nous savons tous parfaitement qu’il faut penser aux plus démunis. Les violences meurtrières de quelques excités contre les policiers ou sur les chantiers ou encore une façade de banque ne devront plus dénaturer l’essentiel du mouvement : l’amour.


Michèle Bernard-Requin est une des grandes figures du monde judiciaire. Elle fut tour à tour avocate puis procureure à Rouen, Nanterre et Paris. En 1999, elle est nommée vice-présidente du tribunal de grande instance de Paris, elle présida la 10e chambre correctionnelle de Paris puis la cour d’assises, et enfin elle fut avocate générale à Fort-de-France de 2007 à 2009, date à laquelle elle prit sa retraite.

Microsoft compatibility telemetry

Sunday, November 17th, 2019

Windows 10 a probablement des qualités, mais il a surtout le chic pour vous rappeler régulièrement que vous n’êtes pas le patron. Ma machine était devenue presque inutilisable, avec un cycle de démarrage aléatoirement très (très) long, obligeant parfois (ce qui est particulièrement anxiogène) à interrompre le démarrage en éteignant le PC.

À l’analyse, le problème provenait du programme Microsoft compatibility telemetry, qui pouvait utiliser jusqu’à 80% du processeur. Le désactiver (ainsi que Asus Gift box, dont je n’ai jamais compris l’intérêt, hormis utiliser de la puissance machine au démarrage) m’a permis de régler le problème. La marche à suivre est la suivante :

  1. lancer taskschd.msc
  2. Ouvrir Bibliothèque / Microsoft / Windows / Expérience d’application (ou Application Experience)
  3. Faire un clic droit sur Microsoft Compatibility Appraiser et choisir Désactiver

De l’autre côté

Thursday, October 24th, 2019

Texte de Sophie Fontanel (@SophieFontanel)

Prends soin d’être toujours, et je veux dire « aussi », de l’autre côté. N’écoute pas ceux qui t’exhorteront à choisir ton camp, lequel est toujours d’un côté, comme tu sais. Cultive en toi ce fottement qui est la liberté, et qui est la douceur, et bouche tes oreilles quand on insinue que la douceur est une faiblesse. Continue d’être un esprit bancal, c’est plus noble que « bancable ». Lis les livres de gens qui ne pensent pas comme toi, lis le Journal inutile de Paul Morand et vois ses limites, entre dans les raisonnements qui te dérangent, même si tu es si fier, et parfois si bien avisé d’être du bon côté.

Si mon exemple peut servir à quelque chose (faut voir !), sache que je vis des deux côtés. Dans mon cas, il s’agit de littérature. Je déconcerte, parce que j’écris des romans, tout en affichant un goût immodéré pour la futilité de la mode. J’ai fait mon métier des deux disciplines, mais sans prendre une seconde au sérieux les milieux qui leur correspondent. Romancière, je regarde la mode comme si elle était faite de mots. Critique de mode, je regarde l’univers littéraire à travers son style, et pas seulement (loin de là !), vestimentaire. Le chemin que j’ai pris rend tout plus difficile, je ne peux pas me réchauffer dans le giron d’un monde, et c’est la croix et la bannière pour être reconnue par des pairs. Mais, à la fin, à force d’être différent on finit par inventer quelque chose. Toute ma vie j’ai vécu de l’autre côté, et j’ai appris cette chose toute bête qui aurait dû me sauter aux yeux : de l’autre côté, on a la vue. Cela donne des artistes. Merci la vie.

Zombie factory

Saturday, September 7th, 2019

Le pire est que les patients XY sont de notre côté, enfin je le crois dans leur grande majorité, car plus personne ne se sent protégé de la précarité. Récemment j'ai fait un truc nouveau, lors d'un moment de désespoir j'ai balancé sur Facebook l'histoire d'une famille composée d'un couple très âgé (H93 F84) très malade (cancer colon stade palliatif et diabète multicompliqué sous insulines) vivant avec 2 de leurs enfants, jumeaux de 43 ans schizophrènes et toxicomanes, reconnus handicapés >80% et percevant l'AAH. L'un des jumeaux a mis le feu au logement mi juin, lors d'un délire aggravé par je ne sais quel produit encore, sachant que son frère et lui ne sont pas suivis car les psychiatres abdiquent en raison de la toxicomanie et les addictologue à cause de la schizophrénie, cela depuis 25 ans que je les connaîs.

Du coup ils se sont retrouvés sans logement et sont partis à l'hôtel. Et là patatras! La collectivité découvre que personne ne veut reloger les fils. On veut bien des parents mais il faut qu'ils abandonnent leurs fils à la rue, y compris en signant un document officiel qui les engagera s'ils veulent rester dans le nouveau logement! On leur demande même d'interdire purement et simplement l'accès à leur domicile de leurs fils, qu'ils savent non autonomes et donc en danger de mort s'ils se retrouvent SDF (combien de ces patients avec cette comorbidité sont déjà morts ici sur secteur de Roubaix, le chiffre est énorme, en 25 ans d'activité j'ai des noms et noms sans arrêt qui me viennent à l'esprit, parfois dès 18 ans!).

Évidemment la maman s'y refuse immédiatement en protestant. Personne ne l'écoute et immédiatement, la collectivité locale arrête de payer les nuitées d'hôtel! Ce sont leurs 2 infirmières libérales, qui passent 3 fois/j pour l'insuline qui payent l'hôtel et qui apportent de la nourriture préparée. Incroyable! Finalement le papa indique qu'un neveu possède une maison qu'il veut bien leur prêter. Ils s'y rendent, mais il n'y a ni électricité ni eau dans cette bicoque inhabitée depuis des années et qui serait soit disant en vente. Le couple très âgé va y rester 15 jours et y passer les pires jours de canicule, sous 41 degrés, alors que dans le restant de la ville une grande opération anti canicule pour les personnes âgées bat son plein! Ubuesque.. Ce sont une fois de plus leurs 2 IDEL qui apporteront des pack d'eau fraîches et des jerricanes pour un semblant de toilettes. Ils font leurs besoins dans le jardin.. Finalement, leurs neveux les foutent dehors en apprenant que la collectivité ne fait rien et n'a rien prévu pour eux. Il faut dire que la famille était déjà un peu brouillée, et que de toute façon sans eau, comment survivre ? Il retournent dans un hôtel low-cost de la ville, louent une chambre pour 2 et y font dormir leurs enfants par terre la nuit pour ne pas éveiller les soupçons. Les IDEL continuent d'apporter de la nourriture et de mettre la main à la poche pour payer l'hôtel car comme ils n'ont plus aucun papier, tout est resté détérioré dans la maison incendiée, et comme plus aucune structure sociale ne veut s'occuper d'eux car « ils refusent obstinément d'abandonner officiellement leur enfants schizophrènes », ont les laisse tomber complètement !

Le gérant de l'hôtel finit pas s'apercevoir de la présence des jumeaux et vire tout le monde. La famille se réfugie donc dans un autre hôtel low coast de la commune voisine, Tourcoing, où une fois de plus il fait continuer à la nourrir et à l'aider à payer les nuitées. Entre temps j'ai réussi à m'intégrer aux équipes associatives et des services sociaux chargés du logement social et du suivi spécifique des personnes âgées. Il y a beaucoup de monde et beaucoup de structures différentes, ce qui complique la tâche, jusqu'à ce que l'une d'entre elle décide d'une réunion de concertation. C'est là que j'ai vu le nombre très impressionnant de travailleurs sociaux, puisqu'il a fallu au dernier moment trouver une salle suffisamment grande pour tous les accueillir. Mais après 2 heures de discussions, il n'est rien sorti de cette démonstration de forces sociales : « tant que le couple n'abandonnera ses enfants à la rue, il n'y aura aucun relogement possible ». Les bras m'en sont tombés, et dans un accès de colère j'ai mis l'affaire en ligne sur Facebook. Je n'en étais pas fier, car il s'agit d'une transgression du secret médical que j'ai dû faire peser dans la balance, mais compte tenu de la gravité extrême de la situation je ne suis pas revenu sur ma décision.

Et c'est là que j'ai vu que les gens du peuple suivraient l'affaire de prêt tout en exprimant leur dégoût quant à ce qu'est devenue la solidarité et la valeur humaine. Car à Roubaix, ces patients présentant une affection psychiatrique associée à une toxicomanie sont légions, ils emmerdent tout le monde un peu partout, dans les salles d'attente des médecins chez lesquels vous amenez vos enfants, dans les commerces et les structures à vocation sociale et surtout dans la rue. Il faut en avoir croisé un ou une pour savoir ce que c'est. C'est souvent très impressionnant. Ce qui s'en rapproche le plus dans les cas les plus extrêmes est le zombie de base dans les films qui leurs sont dédiés, mais là sans maquillage ni jeu de rôle, tout y est, la démarche et la voix aussi. Tout le monde s'en détourne mais sans peur panique car la ville de Roubaix s'est habituée à leur présence, enfin pas de trop prêt non plus.
Roubaix est aussi la ville où par nombre d'habitants les psychoses chroniques sont les plus nombreuses, ce qui est attesté par tous les psychiatres y travaillant, en CMP j'entends car ces patients sont peu compatibles avec les exigences de l'exercice libéral mélangé et sur rendez vous.

Le hic est que la ville est aussi gangrenée de longue date par la toxicomanie, et que ces patients psychotiques sont des proies extrêmement faciles pour les dealers, ainsi que solvables car le plus souvent bénéficiaires de l'AAH (allocation adulte handicapé de 870€/mois). J'ai vu et vois des dealers venir sonner chez ces patients le 6 du mois, jour de la « sainte touche » pour les accompagner à la poste, pour qu'ils payent leurs dettes du mois suivant et refassent le plein de « marchandises ». La consommation de stupéfiants aggrave la psychose et peut entraîner des épisodes de violences avec auto et hétéro agressivité, encore plus que l'alcool qui est très souvent de la partie et autant que certains médicaments psychotropes tels les benzodiazépines (famille du VALIUM). Tout mélanger ensemble est un cocktail explosif, surtout si on y ajoute la désocialisation sans aucune activité d'échanges et l'absence de soins et de traitement, pour les raisons déjà expliquées, ces malades ne rentrent ni dans les « cases » des psychiatres, ni celles des addictologue. On en retrouve parfois chez de très rares médecins généralistes qui tentent désespérément une prise en charge, en sachant qu'elle ne sera que palliative, mais il essaient au moins d'éviter les crises de manque en prescrivant des traitements substitutifs aux opiacés pour combattre les accès de violences que pourrait générer le manque, c'est très fréquent. Mais là aussi, la sécu veille, et comme ces malades ne sont fatalement jamais dans les clous quant à l'observance ou l'usage qu'ils font de la prescription, les médecins qui se lancent dans le suivi de tels patients, en 1er lieu car ils sont membres d'une famille déjà suivie par le médecin dit « de famille », sont très vite repérées par la CPAM qui les somme d'arrêter immédiatement, sinon les convoque et les menacent jusqu'à ce qu'ils obtempèrent. Cela a tendance à changer sur mon secteur mais reste extraordinairement tendu, au point qu'aucun médecin ne se risque plus dans l'aventure, car cela en est une croyez moi. Les jumeaux dont je parle dans cette affaire n'ont d'ailleurs pas de médecin traitant déclaré, même moi j'ai abdiqué dans certains cas extrêmes, croyant faire pression sur la CPAM en le faisant après ma suspension d'exercice de 2 mois fermes (exercice dangereux avec comme seul argument l'hyperactivité à 55 actes/jour en moyenne en désert médical urbain et quelques cas d'association de benzodiazépines aux TSO, subutex ou méthadone, c'est tout..), mais la CPAM s'en fout complètement qu'ils n'aient plus de médecin traitant déclaré, car elle pense comme beaucoup pensent : « vivement qu'ils meurent ». Je suis trash mais à la mort de nombre de ces patients c'est ce que j'ai pu entendre, des «oufs» de soulagement..

Voilà pourquoi j'ai balancé cette histoire au public, pas seulement pour dénoncer la cruauté du système vis à vis des parents très âgés et très malades des jumeaux de 43 ans, malades aussi mais justement pour mettre en lumière l'extrême difficulté des soins à leur apporter dans les conditions et les moyens actuels, carrément inexistants! Et maintenant, sachez qu'après avoir Facebooké l'histoire, la pression est montée d'un cran grâce au feu et à la fumée engendrés. La police et la préfecture, le cabinet du Maire et la direction de l'hôpital de Roubaix se sont joints activement aux débats. Mais… il n'y a rien eu à faire, il fallait encore et encore se débarrasser des jumeaux! Où? Personne ne l'a précisé, mais s'en débarrasser! Comment? Une éventualité a été citée, celle de leur hospitalisation sous la contrainte. C'est moi qui y avais pensé au départ, mais encore fallait-il trouver un tiers pour signer la demande et avoir l'assurance que les patients pourraient rester hospitalisés suffisamment longtemps pour recevoir des soins, ce qui jusqu'à maintenant en psychiatrie ne s'est JAMAIS produit, ces malades ressortent au bout de 48h en général. C'est alors qu'une HO (hospitalisation d'office) à été proposée, car elle n'engage aucun tiers mais s'organise autour du Maire et du préfet. Réservée au cas extrêmes, représentant un danger pour la population, cette mesure s'accompagnant d'une privation de liberté a été, et je les en félicite, rejetée par le commissaire de Police et le directeur de l'hôpital en concertation avec les psychiatres y exerçant. En effet, il ne faut jamais « jouer » avec cet outil, utilisé par la majorité des régimes totalitaires ou policiers pour se débarrasser des opposants, je suis fier d'être citoyen d'un pays qui s'en rend compte, et tout le monde devrait l'être avec moi. Devant ce refus il restait hospitalisation sous la contrainte aussi mais à la demande d'un1/3, moins contraignante pour le patient mais là encore hors des clous car abusive, d'ailleurs le psychiatre de la CMP du secteur des jumeaux s'y est opposé pour cette raison, donc fin du chapitre..
Je vais abréger la suite pour qu'on y passe pas la nuit rassurez vous, mais il faut que vous sachiez, pour vous ou vos enfants comment se gèrent ces situations qui peuvent concerner tout le monde, car la schizophrénie touche 1% de la population et la toxicomanie, qui l'aggrave et vice versa, je ne vous fait pas de dessin.

Je remercie le Maire de Roubaix @GDelbar qui a été extrêmement attentif à toutes les explications remontant du terrain que je lui ai présentées, par écrit et par de longues conversations téléphoniques, alors qu'il était en vacances de surcroît. Sans fayoter 😏 je peux vous dire qu'il a une grande capacité d'écoute, de compréhension et de synthèse, car je lui ai balancé des infos par palettes entières, en pleine poire car il s'agit de « sa » ville et que ce n'est jamais agréable d'entendre des choses qui vont très mal, sans se braquer, sans culpabiliser, ce que jusqu'à maintenant ont font beaucoup d'élus, c'est à dire mettre la poussière sous le tapis en espérant qu'elle ne ressortira pas de l'autre côté juste avant la prochaine élection..

À l'issu de nos échanges, Guillaume DELBAR a immédiatement conclu qu'il fallait créer la structure de soins dédiée à ces nombreux malades, pour eux, pour les familles et les citoyens qui vivent autour et aussi pour lutter contre la toxicomanie, car ces malades sont un des fond de caisse des dealers avec leur AAH et tout ce qu'ils peuvent commettent collés délits pour trouver de l'argent, sans limites car non traités et non suivis. Le Maire et son équipe, et notamment @jeanderoi le Maire des quartiers Nords, particulièrement touchés par la drogue et les pathologies psychiatriques graves, sont sur un projet d'échanges avec l'ARS et @agnesbuzyn, dans les semaines ou les mois qui viennent. Ici, tout le monde a compris. Ouf..

Du coup le couple très âgé s'est vu prendre en charge ses nuitées à l'hôtel par le CCAS de @roubaix, ce qui est la moindre des choses après un incendie et quelles que soient les conditions existantes, en les négociations ont repris avec les bailleurs sociaux. Un logement T3 a été réservé pour cette famille, avec 2 chambres, donc une pour les jumeaux, avec si un suivi rapproché se met en place en ambulatoire, c'est à dire en allant au devant d'eux plutôt que d'attendre qu'ils viennent à la consultation en CMP (ou qu'ils meurent..) minimisera au maximum les risques de complications liés à leurs pathologies, et les soignera surtout, enfin! C'est à cela que devrait s'engager la psychiatrie du secteur, que l'on sait débordée, à bout de force, mais peut être cela aidera à ses demandes incessantes de moyens supplémentaires.

Enfin je voudrais vraiment féliciter le bailleur qui s'engage ici et sauve la situation, car sans lui et si la Mairie avait décidé (mais je ne l'en croit pas capable) de suspendre la prise en charge des nuitées à l'hôtel « première classe » (ça ne s'invente pas 😏), le couple de 93 et 84 ans était à la rue dès aujourd'hui! J'ajoute que le Monsieur de 93 ans présente une pathologie qui sans suivi spécialisé, ce qui a été le cas depuis juin et jusqu'à maintenant, peut engendrer des complications gravissimes avec pronostic vital engagé. Il serait mort SDF, mais n'y pensons plus, cela ne s'est pas produit. Merci aux IDEL, toujours là et sans lesquelles une catastrophe serait survenue. Merci à Mme HADDADI de l'AGSS de l'UDAF, chargée par un juge de suivre le couple, hyper humaine. Merci à tous les services sociaux de la ville qui qui ont tout fait, mais à l'impossible nul n'est tenu. Merci au directeur de l'hôpital de Roubaix Et au commissaire de Police pour avoir été les garants de notre liberté d'aller et venir, quoi qu'il arrive, en rappelant la loi et les règles.

Et enfin bonne chance à la nouvelle structure de soins après présentation à @agnesbuzyn et à l'ARS d'une problématique qui tel un vide juridique est un vide en matière de soins conjuguant #psychiatrie et #addictologie, très loin de ne concerner que @roubaix mais tout notre territoire.

Meilleurs vœux 2019

Monday, December 31st, 2018

Bookends of Fowey, Cornwall

La Ronde autour du monde

Saturday, December 29th, 2018

Si toutes les filles du monde voulaient s’ donner la main
Tout autour de la mer, elles pourraient faire une ronde
Si tous les gars du monde voulaient bien êtr’ marins
Ils f’raient avec leurs barques un joli pont sur l’onde
Alors on pourrait faire une ronde autour du monde
Si tous les gars du monde voulaient s’ donner la main

Si tous les gars du monde
Décidaient d’être copains
Et partageaient un beau matin
Leurs espoirs et leurs chagrins
Si tous les gars du monde
Devenaient de bons copains
Et marchaient la main dans la main
Le bonheur serait pour demain

Ne parle pas de différence
Ne dites pas qu’il est trop blond
Ou qu’il est noir comme du charbon
Ni même qu’il n’est pas né en France
Aimez-les n’importe comment
Même si leur gueule doit vous surprendre
L’amour c’est comme au régiment
Il n’faut pas chercher à comprendre

J’ai mes ennuis et vous les vôtres
Mais moi je compte sur les gars
Les copains qu’on ne connaît pas
Peuvent nous consoler des autres
Le bonheur c’est une habitude
Avec deux cent millions d’amis
On ne craint pas la solitude…

Paul FORT, Ballades françaises, 1913

Paris jaune épisode 2

Tuesday, December 4th, 2018

Photo Mathias Zwick, dessin Valott.

Réinventons la ville connectée

Sunday, October 28th, 2018

Belle chronique de Serge Abiteboul dans le numéro d’Octobre 2018 de La Recherche. Je vous livre ici le chapitre de conclusion :


La ville utilise trop peu les possibilités qui, au temps des algorithmes, lui sont offertes. Cette inadaptation des institutions à l’avancée des techniques participe à leur obsolescence et, au-delà, à la défiance grandissante des citoyens à leur égard. La cité doit mieux informer ses citoyens, notamment par l’ouverture de ses données. Ces derniers doivent également mieux participer à la conception de la ville, aux prises de décision. À nous de réinventer la ville agile et connectée de demain pour en faire un lieu plus humain, plus inclusif : une véritable cité.

Albert Jacquard, « tu vas te construire grâce aux autres »

Thursday, October 18th, 2018

Albert Jacquard dans l’émission « Noms de dieux », 1994

C’est une évidence, demain dépend de nous et nous le savons, par conséquent nous n’avons pas le droit de laisser tomber. Il nous faut faire un projet pour demain. Il ne s’agit pas de prévoir ce qu’il sera, mais il s’agit de faire, en fait, le prophète.

Le prophète ne disait pas « voilà ce qui va arriver », il disait « faites attention, si vous continuez dans telle direction, ça va mal tourner ». Or, actuellement, on a besoin d’un prophète, ou de plusieurs prophètes, qui nous disent ça.

On est en train de courir le plus vite possible dans la pire des directions. La direction de la compétition, la direction de la destruction des uns par les autres. C’est une folie totale ! Pourquoi est-ce que personne ne nous le dit ?

Moi, ce qui me semble, par exemple, monstrueux, c’est de penser que l’on a pris, comme moteur de notre société occidentale, la compétition. Faut être meilleur que l’autre, faut passer devant l’autre. Mais, songeons à ce qu’on évoquait tout à l’heure : pour devenir moi, j’ai besoin du regard de l’autre, j’ai besoin de tisser des liens avec lui. Dès que je suis en compétition avec lui, je ne tisse plus de lien et, par conséquent, je suis en train de me suicider. C’est ça qu’on devrait nous dire : toute compétition est un suicide.

C’est vrai, mais est-ce qu’il y aurait eu un Albert Jacquard sans compétition ?

Oh oui. Il n’y aurait pas eu de polytechnicien, mais je n’y perdrais pas grand chose. Bien sûr, pour entrer à Polytechnique, vous savez, on est 1500 candidats, il y a 300 places. Il faut donc « être dans les meilleurs », comme on dit. Mais qu’est-ce que ça signifie « meilleur » ? Ça signifie être capable de consacrer toute son intelligence à étudier des choses qui ne vous intéressent pas, mais qui sont au programme. Et, par conséquent, c’est faire vraiment acte de soumission. C’est faire preuve de conformisme.

Et, actuellement, le système des grandes écoles, le système de la compétition, ne fait que sélectionner les plus conformes. Or on a besoin d’un monde… on entre dans un monde qui va se renouveler, et plus on est conformiste, plus on est dangereux. Par conséquent, on est en train de sélectionner les gens les plus dangereux. Ceux qui ne seront pas capable d’imagination.

Non, ce qu’il y a de meilleur en Albert Jaquard, s’il y a quelque chose de bon, ce n’est pas venu de là, c’est venu des regards que j’ai acceptés, et non pas des compétitions que j’aurais gagnées, sûrement pas. Or, là on est en train de se fourvoyer complètement.

Je voyais ça quand j’étais prof en première années de médecine. Vous savez, en première année de médecine, j’avais devant moi 400 élèves, et on savait qu’il n’y en aurait que 100 ou 120 qui auraient le droit de passer en deuxième année. Alors c’était la lutte à couteau tiré, ils se donnaient des faux renseignements, c’était abominable entre eux, on était en train d’en faire des tueurs. Et bien, préparer des futurs médecins en leur donnant une mentalité de tueurs, il y a quelque chose de pourri là dedans.

Non, c’est pas sérieux. Je crois qu’il nous faut extirper la notion de compétition de toute la société et, en particulier, du système éducatif. Le pire de tout, c’est d’avoir fait des écoles des lieux où on est en compétition les uns contre les autres.

C’est la fameuse phrase de Bachelard, en fait…

La fameuse phrase de Bachelard que j’ai répétée à plusieurs reprises : il faut mettre la société au service de l’école et pas l’école au service de la société. Et, justement, c’est en mettant l’école au service de la société qu’on organise la sélection entre les enfants et donc la compétition.

C’est pas sérieux ! Il nous faut dire « nous sommes au service d’intelligences qui sont en train de se construire, et, par conséquent, il faut les aider autant qu’on peut. » Mais surtout pas en leur disant « tu vas être plus intelligent qu’un autre ». C’est complètement absurde ! Non, « tu vas te construire grâce aux autres ».

Cake à la farine de châtaigne corse de Pauline

Monday, September 24th, 2018

Recette pour 2 cakes… parce que Christophe Lamarre ne fait pas les choses à moitié ;-) . Si vous n’avez qu’un moule à cake, profitez-en pour diviser les ingrédients par deux. Si vous n’avez qu’un moule à gaufres, un ectoplasme ou un bachibouzouk, divisez par plus.

Ingrédients :

  • farine 250 g
  • pincée de sel
  • huile de colza 1/2 verre
  • crème fraîche épaisse 2 CàSoupe
  • levure chimique 1 paquet
  • œufs 5 ou 6 selon taille
  • lait 1/2 verre environ (alors là c’est le tour de main, car selon la farine, il va falloir rajouter un peu de lait pour obtenir la consistance d’une pâte à gâteau telle qu’on a l’habitude de la "touiller" (ceux qui en font comprennent, et pour les autres faites vous aider, ou (re)faites un gâteau au yaourt avant, ça vous rappellera la maternelle :-) )
  • vanille/sucre vanillé, mais alors là, c’est facultatif, et je vous conseille d’essayer aussi sans, pour conserver 100% du goût subtil de cette farine, pareil pour le rhum, la grappa ou autres).

Méthode :

Tamisez la farine, mélanger tout, sauf les blancs d’œufs et le lait, puis attendez qqs minutes que la farine s’hydrate, puis ajouter le lait jusqu’à consistance parfaite. Enfin, battez les blancs en neige ferme et ajoutez les en 2 fois, un petit quart en premier et le reste ensuite (c’est un truc de pro ;-) )

Cuisson chaleur tournante, enfourner à 180 15mn puis baisser à 150, piquer avec un couteau comme d’hab.

À manger avec le café sans sucre, c’est le mieux.

C’est la recette de Pauline, figure emblématique du village de 96 ans, une de mes copines :-) (elle prépare encore des repas monstrueux pour des tablées, et faut pas qu’on l’aide..)

#Corsica

Petit séjour chez les hommes

Thursday, August 30th, 2018


Je ne comprends pas que nous assistions à la gestation d’une tragédie bien annoncée dans une forme d’indifférence. La planète est en train de devenir une étuve, nos ressources naturelles s’épuisent, la biodiversité fond comme neige au soleil. Et on s’évertue à réanimer un modèle économique qui est la cause de tous ces désordres. Je ne comprends pas, comment, après la conférence de Paris, après un diagnostic imparable, ce sujet est toujours relégué dans les dernières priorités. Contrairement à ce que l’on dit, la France fait beaucoup plus que beaucoup de pays. Mais, la pression du court terme sur le premier ministre est si forte qu’elle préempte les enjeux de moyen et long termes. Je demeure dans ce gouvernement tout seul à la manœuvre.


Le premier ministre, le président, ont été pendant ces quatorze mois à mon égard d’une affection, d’une loyauté et d’une fidélité absolues. Mais au quotidien, qui ai-je pour me défendre ? Ai-je une société structurée qui descend dans la rue pour défendre la biodiversité ? Ai-je une formation politique ? Est-ce que les grandes formations politiques et l’opposition sont capables de se hisser au-dessus de la mêlée pour s’entendre sur l’essentiel ? Alors nous faisons des petits pas.


Avons-nous commencé à réduire nos émissions de gaz à effet de serre ? Non. Avons-nous commencé à réduire l’utilisation des pesticides ? Non. Ou à enrayer l’érosion de la biodiversité ? Non.


Je vais prendre la décision la plus difficile de ma vie. Je ne veux plus me mentir. Je ne veux pas donner l’illusion que ma présence au gouvernement signifie qu’on est à la hauteur sur ces enjeux. Et donc, je prends la décision de quitter le gouvernement. Aujourd’hui.


C’est la décision la plus douloureuse. Que personne n’en tire profit ! Car la responsabilité est collégiale, collective, sociétale. J’espère que cette décision qui me bouleverse, qui est mûrie depuis de longs mois, ne profitera pas à des joutes ou à des récupérations politiciennes. J’ai une immense amitié pour ce gouvernement auquel je m’excuse de faire une mauvaise manière, mais sur un enjeu aussi important, je me surprends tous les jours à me résigner, à m’accommoder des petits pas alors que la situation mérite qu’on change d’échelle.


C’était un véritable dilemme en sachant que si je m’en vais, je crains que ce soit pire, soit je reste, mais en donnant le sentiment par ma seule présence que nous sommes en situation d’être à la hauteur de l’enjeu. C’est une décision d’honnêteté et de responsabilité. Je souhaite que personne ne fustige ce gouvernement, car c’est l’ensemble de la société et moi qui portons nos contradictions.


Peut-être n’ai-je pas su convaincre. Peut-être n’ai-je pas les codes. Mais, si je repars pour un an, cela ne changera pas l’issue. J’ai pris cette décision hier soir. Elle a mûri cet été. J’espérais qu’à la rentrée, fort des discussions que j’ai eues avec le premier ministre, avec le président, il y aurait un affichage clair.


Cela va paraître anecdotique, mais c’est un élément qui a achevé de me convaincre que cela ne fonctionne pas comme ça devrait. On avait une réunion hier à l’Elysée sur la chasse, et j’ai découvert la présence d’un lobbyiste qui n’était pas invité. C’est symptomatique de la présence des lobbyistes dans les cercles du pouvoir. C’est un problème de démocratie. Qui a le pouvoir ? Qui gouverne ? J’ai dit à Thierry Coste qu’il n’avait rien à faire là. Mais ma décision ne vient pas simplement d’une divergence sur la réforme de la chasse. C’est une accumulation de déceptions. C’est surtout que je n’y crois plus.


Je n’ai pas forcément de solution. Je n’y suis pas parvenu. J’ai obtenu certaines avancées. Mais je n’ai pas réussi, par exemple, à créer une complicité de vision avec le ministre de l’agriculture alors que nous avons une opportunité exceptionnelle de transformer le modèle agricole. Je n’ai pas prévenu Emmanuel Macron et Edouard Philippe de ma décision. Je sais que ce n’est pas forcément très protocolaire. Je sais que si je les avais prévenus avant, peut-être ils m’en auraient, une fois encore, dissuadé. J’ai une profonde admiration pour eux, mais sur les sujets que je porte, on n’a pas la même grille de lecture.


J’espère que mon départ provoquera une profonde introspection de notre société sur la réalité du monde. Sur le fait que l’Europe ne gagnera que si l’Afrique gagne. Où est passée la taxe sur les transactions financières, qui était le minimum pour tenter d’aider l’Afrique ? Le nucléaire, cette folie inutile économiquement et techniquement, dans lequel on s’entête… C’est autant de sujets sur lesquels je n’ai pas réussi à convaincre. J’en prends ma part de responsabilité.

Liesse

Sunday, July 15th, 2018

YAduFoot

Friday, July 6th, 2018

Les Grands boulevards après la victoire en quart de finale face à l’Uruguay. Deux superbes photos de Dan Lawler (@DanielLawler) :

Loufoquerie

Friday, May 25th, 2018

Tweet collision du matin, avec un premier tweet de Dominique Dupagne (@DDupagne)

Il est vrai que les commentaires sont de qualité, et totalement premier degré, avec par exemple :

Pt de rire je couilles tout le monde avec ça. Même mes nouvelles concquette hahaha super peteur il ne manque plus que l odeur

Le tweet suivant était de Yann LeCun (@ylecun)

j’avoue avoir un peu fusionné tout ça et imaginé (à ma grande honte) que, grâce à l’apprentissage profond, nous pourrons bientôt accéder au péteur symphonique, une fonction attendue de longue date par les "decent farters" afin d’esbaudir leurs "nouvelles concquette".

Nième plan banlieues

Friday, April 27th, 2018

Plus le monde devient complexe et moins il est aisé de déterminer si les politiques sont conscients du fait qu’ils font semblant.

Staff virtuel

Monday, February 19th, 2018

Le Staff virtuel naît du concept de Ligne de vie que nous ne décrirons pas ici. Il suffira de dire que la Ligne de vie est un outil basé sur le principe qu’une personne peut souhaiter « gérer sa santé comme un projet » et que cette démarche passe par la matérialisation de l’équipe de santé qui « l’entoure » et par une vision au cours du temps des préoccupations de santé, de ce qui a déjà été réalisé et de la qualité de suivi du risque.

La Ligne de vie est une idée déjà ancienne, née au tournant du siècle, développée au début des années 2000 avec le support de plusieurs URMLs (alors regroupées dans le GUEPARD, Groupe InterUnion Échanges et PARtage des Données) puis mise sous le boisseau par le caractère exclusif du DMP. La Ligne de vie sera lancée cette année dans une version plus mature et générique qui postule qu’une personne ne peut logiquement pas se résumer à son projet de santé.

Le Staff virtuel est né, au sein du CISP Club, de l’intérêt de ne pas voir la Ligne de vie comme une pancarte, mais comme un objet en trois dimensions (une sorte de « cake » étiré au cours du temps) qu’il serait possible de découper en tranches.
Les tranches longitudinales seraient assez bien des « vues spécialisées », typiquement des pancartes construites pour une préoccupation de santé donnée (une pathologie, un risque…) tandis que les tranches perpendiculaires représentent les informations connues à un moment précis.

Le Staff virtuel trouve ainsi sa genèse de la considération que « la tranche d’aujourd’hui » pourrait bien fournir « l’espace de la prise de décision », par exemple l’interface d’une consultation médicale moderne. Cette hypothèse a été explorée dans le cadre d’un projet de recherche en collaboration avec l’équipe du Professeur Degoulet à l’HEGP (ex Broussais) et l’équipe INRIA Acacia alors encadrée par Rose Dieng (malheureusement décédée depuis).

L’état de l’art en terme de structuration de la consultation médicale est plutôt chaotique. L’approche classique, déjà ancienne (développée par le Docteur Lawrence Weed dans les années 60) consiste à organiser la consultation par problèmes (approche « orientée problèmes » ou POMR pour « problem oriented medical record ») et à recueillir pour chaque problème le déroulé de la consultation selon les étapes SOAP (pour faire simple : Subjective (motifs), Objective (examen clinique), Assesment (discussion diagnostique) et Procedure (conduite à tenir)).

Cette « grille » a le grand mérite de conduire à analyser les problèmes traités lors de la consultation, et à noter proprement ce qui a été réalisé ou planifié pour chacun d’entre eux, d’où son succès et le nombre de ses « produits dérivés » comme la Classification Internationale en Soins Primaires (la CISP) qui a été construite pour permettre de classifier les éléments S, A et P.

La grille SOAP/POMR a pourtant deux inconvénients majeurs :

  • Elle pose plusieurs problèmes ergonomiques, typiquement par le fait que les éléments des cases S, O et P sont assez souvent dupliqués (par exemple, un traitement peut concerner plusieurs problèmes), classiquement également par le fait que, faute de faire tenir toute la grille à l’écran, certaines interfaces présentent les problèmes sous forme d’onglets, et perdent ainsi la vision d’ensemble. En résumé, elle constitue un bon support analytique, mais une mauvaise interface.
  • En organisant le flux de la consultation selon les étapes motif puis clinique et enfin diagnostic et traitement, elle est adaptée à l’aigu, mais pas au chronique qui ne voit pas seulement le patient se présenter avec une liste de motifs, mais également des problèmes et des traitements en cours (le flux de la consultation ne démarre pas uniquement avec du S, mais aussi avec le A et le P des problèmes et traitements chroniques).

Comme élément de la Ligne de vie, le Staff virtuel a été conçu à la fois comme une version plus moderne du SOAP et comme un outil destiné à faciliter le travail en équipe. Il est basé sur quatre principes directeurs :

  1. En tant que « tranche orthogonale du cake », il constitue un « point d’inflexion » du projet en cours : les préoccupations et traitements qui y arrivent sont éventuellement différents des préoccupations et traitements qui en partent. Au lieu d’un flux SOAP, il s’agit donc d’une transformation (A,P)SO(A’,P’).
  2. L’interface est conçue comme si on écartait, comme on ouvre un rideau de théâtre, la ligne verticale qui matérialise le moment présent sur la Ligne de vie, en alignant sur la marge gauche les préoccupations et traitements anciens et en réservant la marge droite pour leurs versions futures (le nouvel état du projet), et en organisant le centre du terrain de jeu sous forme de « graphe cognitif » avec une zone dédiée aux motifs de rencontre et une zone réservée aux données clinique. Il est alors possible, si besoin, de construire un graphe en reliant entre eux les éléments qui vont ensemble ou, au contraire sont en contradiction.
  3. Il est possible d’inscrire des points d’interrogation lorsqu’on suppose qu’il existe un problème qu’on ne peut pas encore nommer, et/ou que le traitement doit être adapté. On peut donc exprimer l’inconnu et, si besoin, ne pas refermer la consultation et, au contraire, l’ouvrir à (tout ou partie de) l’équipe de santé afin de bénéficier d’une vision pluridisciplinaire.
    Pour « résoudre les interrogations », il est alors possible de mettre en œuvre un diagramme QOC (Question, Options, Critères), qui permet au groupe de lister les options possibles et d’apporter, pour chacune d’entre elles, les critères positifs ou négatifs qui permettent in fine de travailler sur l’hypothèse qui possède le meilleur ratio +/-.
  4. L’un des aspects importants d’une représentation de ce type est de constituer une mémoire de la prise de décision. Il est assez naturel que, dans le futur, quelqu’un s’interroge sur la raison pour laquelle un traitement a été stoppé, modifié ou instauré ou pour laquelle l’équipe a travaillé sur une hypothèse qui semble erroné. Pouvoir consulter, à l’aune des événements qui ont suivi, le raisonnement construit qui avait guidé la décision, est un élément précieux de support décisionnel.

La recherche documentaire pourrait intervenir à deux étapes en tant que support décisionnel : en utilisant le graphe de la consultation comme guide de requêtes pertinentes et, au sein du QOC, en fournissant des critères issus de la littérature.

Globalement, il faut imaginer qu’un outil construit pour permettre le travail d’équipe permet également à un acteur solitaire de bénéficier de l’apport d’agents intelligents, et, typiquement, d’un agent qui chercherait sur PUBMED si des tableaux similaires ont déjà été décrits.

Trois conseils pour réussir

Sunday, February 18th, 2018

En septembre 2013, la cérémonie de remise de diplômes de l’ENSTA Bretagne coïncidait avec les adieux du directeur de l’école. Ni les fiers parents, dont j’étais, ni les bientôt diplômés n’attendaient grand chose de son discours… et pourtant j’en ai un souvenir marquant, principalement pour les trois conseils en forme de passage de témoin qui en constituaient à la fois la touche finale et le signal d’entrée dans la vie active pour une promotion d’ingénieurs.

Son premier conseil était de ne pas calculer, de ne pas établir un plan de carrière mais, au contraire, de s’orienter vers les domaines d’intérêt véritable.
L’argument étant qu’on est naturellement bien meilleur et mieux capable de progresser quand on fait ce qu’on aime.

Son deuxième conseil traitait de l’ouverture à l’autre, partant du constat qu’un ingénieur moderne travaillera une grande partie de sa vie (physiquement ou à distance) en environnement multi-culturel.

Le troisème conseil se résumait en un mot  "Osez". Osez prendre des risques, osez innover. C’est précisément ce qu’on attend d’un ingénieur, donc la meilleure façon de réussir.

Ces trois points me sont revenus en mémoire en lisant, dans un article du magazine du Monde, les trois conseils que Cédric Villani donne aux jeunes qui l’interrogent le sujet : Un, ne vous mettez pas dans une case. Deux, soyez toujours en mouvement et bougez dès que vous connaissez bien un sujet. Trois, laissez une part importante de hasard dans votre carrière.

Et vous, quels seraient vos trois conseils ?

Rapport Bergé

Thursday, February 1st, 2018

Chère Aurore Bergé et chère autre rombière inconnue, qui avez commis ce #RapportBergé.
Pour vous et vos amis de la France 2.0, la petite chronique d’un professeur déconnecté des réalités sociales vécues par ses élèves.

Lundi, il fallait faire cours pour la dernière fois à M. (6eB) sans pour autant lui dire au revoir. Sa mère et les gendarmes viendraient le chercher à l’interclasse.

À l’interclasse, c’était mieux, cela éviterait des heurts à la sortie du collège : son père y est presque toujours posté, titubant.

M. ne savait pas qu’il ne reverrait sans doute plus jamais ses copains ni ses professeurs et il levait la main pour participer, souriant comme d’habitude, ses lunettes de la sécurité sociale sur le nez.

Je lui ai prêté un livre – Tom Sawyer – dont j’avais parlé en classe et qu’il voulait lire. Il l’a mis, tout content, comme un trésor, dans son cartable. Et puis la porte s’est refermé et il est parti.

Mardi, on a fait un petit travail d’écriture avec les 4e, à partir de scènes de repas de la littérature. Ça marche toujours bien, on bosse notamment le vocabulaire des 5 sens.

Je n’étais pas du tout satisfait du travail de R. Quelques lignes d’une extrême platitude. Je le convoque donc à la fin de l’heure pour lui passer un savon. Oui, c’est ma bienveillance à moi quand ils ne foutent rien.

Il est venu vers mon bureau, avec sa maladroite carcasse, je voyais bien qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. J’ai fait semblant de finir de corriger une copie avant de relever la tête et de m’intéresser à lui (un truc classique de prof un peu expérimenté).

Le père de R. vient de perdre son boulot. Il touche le chômage mais il est terrifié. "Alors maintenant, on bouffe des pâtes. Ou du riz."

Ainsi, le festin de Babette ou les étals du Ventre de Paris, eh ben ça l’avait démoralisé, R.

R. a aussi une grande sœur qui pleure pour 5 euros d’APL comme le dit votre distinguée grande gueule O’petit ; c’est pas sûr qu’elle puisse finir ses études. Pourtant, une élève très brillante.

Bref, c’est pas la fête. Pas grand chose dans la copie mais pas grand chose dans l’assiette non plus et le moral dans les chaussettes. J’ai dit à R. que c’était très chic d’être vegan, très tendance, et ça l’a fait marrer.

Il avait deux heures de permanence : "Je vous rapporte une bonne rédaction à 17h00, Monsieur". À la récréation, je suis allé voir la PP de la classe. Pas de mauvaise surprise : l’assistante sociale suivait le dossier.

J’ai lu la copie de R. à 17h10. C’était pas terrible. Je lui demanderai de refaire son travail. Mais sans l’aider plus que ça, parce que c’est un garçon qui écrit très bien.

Mercredi (aujourd’hui), rien. Je ne travaille pas au collège. Je corrige des copies, installé dans ma véranda qui surplombe la vallée minière où s’entassent les pauvres gueux. Note : comme vous avez l’air un peu niaises, Mesdames, je précise que c’est une amère plaisanterie.

Jeudi matin (tout à l’heure), semaine A ou B ? Je ne sais jamais, je sais juste que c’est jeudi et que c’est restitution des dictées. Et c’est, avec les 3eF, un moment que je déteste, quand je dois rendre sa copie à S.

Pourtant, c’est très chouette les dictées. Ils aiment bien ça, je choisis de beaux textes, parfois on les prépare avant, parfois pas du tout, parfois un peu. Ils en bavent, c’est dur, mais ils progressent. Ils s’en sortent tous plus ou moins bien.

Enfin pas tous. S. ne s’en sort pas bien du tout. Et elle me regarde un peu de travers quand je rends les résultats, un peu comme si c’était ma faute. Elle progresse aussi mais pas comme elle le voudrait. Elle est passée de 0 à 5. Moi je suis très content d’elle.

S. est arrivée en France quand elle avait 6 ans. Dans une rédaction, l’an dernier (je l’avais aussi l’an dernier), elle avait écrit un très beau texte qui racontait sa bataille pour apprendre à lacer des chaussures. Avant son arrivée en France, elle n’en avait jamais porté.

Je me souviens que sa rédaction se terminait par "J’aimerais tant marcher de nouveau dans mes montagnes, sur un sol qui ne me serait pas étranger." Elle avait souligné le mot étranger (qu’elle avait aussi orthographié "étrangé")

Les parents de S. ne savent ni lire ni écrire. Ils parlent à grand peine quelques mots de français. Quand ils viennent en réunion parents-profs, S. assure la traduction. Je la soupçonne de ne pas toujours restituer exactement ce que je dis (elle est maline) mais passons…

Son père parvient quand même à me dire directement des trucs quand il évoque le petit frère de S. : "Si déconne, tu tapes." Et je vois S. qui rigole, elle a sans doute en tête une scène où j’en colle une à son frangin. Elle se dit peut-être que ça ne lui ferait pas de mal.

Bref, S. est une des élèves les plus intelligentes et persévérantes que je connaisse. Je pense qu’elle peut mener son projet au bout, elle veut être prof (bon, là elle est un peu stupide). Mais pour ça, il ne faudra plus faire de fautes.

Alors, elle y travaille. Elle travaille même très dur et il faut mettre les bouchées doubles car le temps ridicule consacré à l’enseignement du français ne permet plus aux enfants nés en dehors de la langue d’espérer la maîtriser un jour.

J’espère que demain, quand je vais lui rendre son 5, je pourrai passer 20 minutes avec elle pour reprendre 2 points précis. Mais elle a 27 condisciples : ce sont les budgets que vous votez.

J’espère surtout qu’un jour, S., M. et R. auront été suffisamment instruits par mes soins et ceux de mes collègues pour vous cracher très convenablement à la gueule que la misère sociale, c’est vous, les politiques, qui la fabriquez.

J’espère que vous descendrez alors de vos carrosses et que vous salirez vos jolies robes.

Dans l’immédiat, gardez vos leçons de dame patronnesse pour vous et croyez bien que les enseignants, tout comme les policiers ou le personnel hospitalier, ont une parfaite conscience des réalités sociales vécues par ceux qu’ils instruisent, protègent ou soignent.

Crossway

Wednesday, January 31st, 2018

Nous sommes le 30/01/2018, et le logiciel hospitalier Crossway est toujours utilisé afin de retarder la prise en charge des patients tout en augmentant le risque d’erreurs.

#FierDeRienDuTout

Mais je vous sens dubitatifs. Je sens même que certains se disent que c’est de la méchanceté gratuite. Alors voilà des exemples :

Vous savez ce qui se passe dans Crossway si je prescris 480 comprimés de paracétamol toutes des deux heures ?

Rien. Il accepte.

Vous savez ce qui se passe si je prescris de l’héparine et des AVK pour un relais ?

Il hurle à la mort.

Vous savez comment je peux faire pour prescrire un traitement d’après une observation où est noté l’ordonnance du médecin traitant ?

Et bien je peux pas. Je dois la recopier à mon tour pour la re rentrer ensuite dans un autre écran.

Vous savez comment je peux envoyer un courrier au médecin traitant à partir de Crossway ?

Je peux pas non plus.

Mais vous vous dites peut-être que pour le patient c’est mieux car on peut surveiller ses constantes vitales ?

Pas de bol. Crossway ne montre par défaut que ce qu’il y a à faire, donc si je veux voir le passé il faut se perdre dans les menus.

Évidemment vous rebondissez en vous disant qu’au moins comme ça on est sur de rien oublier si Crossway montre tout ce qu’il y a à faire !

Encore raté.

Bon bref, Crossway est directement responsable d’une surcharge mentale de malade sur les médecins et infirmières, sans que son concept n’en ait rien, mais alors rien à taper.

Là encore je vous sens dubitatifs. Mais savez-vous comment on peut faire évoluer Crossway ? En s’inscrivant à un club des utilisateurs. Et savez-vous comment on s’inscrit à ce club ? EN PAYANT ! Oui oui, on paye pour donner son avis.

Et là les plus blasés vont dire : bah si c’est si dangereux, pourquoi vous portez pas plainte ? Ben parce qu’on peut pas.
Parce que la responsabilité de la qualité de la prescription c’est celle des médecins, et celle de l’administration, celle des IDE.

Quia hortulanus esset

Sunday, January 21st, 2018

Je suis l’ouvrier du silence,
L’au-delà des gestes humains,
L’obole qui contrebalance
L’or des Césars entre vos mains.

Je suis l’innocence de l’aube
Et l’œuf fragile au fond du nid ;
Les replis usés de ma robe
Ont la largeur de l’infini.

Je suis plus vendu qu’un esclave,
Et, plus qu’un pauvre, abandonné ;
Je suis l’eau céleste qui lave
Le sang que pour vous j’ai donné.

Les lys et les agneaux, mes frères,
Sont comme moi sans défenseur ;
Je revêt tous ceux qui pleurèrent
D’une cuirasse de douceur.

Peu m’importe que l’on me nie ;
Je suis l’obscur et l’insulté
Semant sa sueur d’agonie
Aux sillons du futur été.

Je suis la neige qui prépare
La lente éclosion des fleurs ;
Deux bras ouverts, vivante barre,
Diamètre de vos douleurs.

La rose à mes côtés relève
Son visage innocent et beau ;
Le bois mort s’humecte de sève ;
Et la Madeleine au tombeau,

Moite encor des larmes versées,
Reconnaît, dieu qui sanglota,
Le jardinier aux mains percées
Sous l’arbre noir du Golgotha.


Marguerite Yourcenar
1931-1933
Les Charités d’Alcippe

L’expression "quia hortulanus esset" apparaît au chapitre 20 de l’Évangile selon Jean, versets 11 à 18

  1. «  Maria autem stabat ad monumentum foris, plorans. Dum ergo fleret, inclinavit se, et prospexit in monumentum » :
    Marie se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Or, tout en pleurant, elle se pencha vers l’intérieur du tombeau
  2. «  et vidit duos angelos in albis sedentes, unum ad caput, et unum ad pedes, ubi positum fuerat corpus Jesu. » :
    et elle voit deux anges, en vêtements blancs, assis là où avait reposé le corps de Jésus, l’un à la tête et l’autre aux pieds.
  3. «  Dicunt ei illi : Mulier, quid ploras ? Dicit eis&nbsp: Quia tulerunt Dominum meum : et nescio ubi posuerunt eum. » :
    Ceux-ci lui disent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur dit : « Parce qu’on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a mis. »
  4. «  Hæc cum dixisset, conversa est retrorsum, et vidit Jesum stantem : et non sciebat quia Jesus est. » :
    Ayant dit cela, elle se retourna, et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.
  5. «  Dicit ei Jesus : Mulier, quid ploras ? quem quæris ? Illa existimans quia hortulanus esset, dicit ei : Domine, si tu sustulisti eum, dicito mihi ubi posuisti eum, et ego eum tollam.“ :
    Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui dit : « Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et je l’enlèverai. »
  6. «  Dicit ei Jesus : Maria. Conversa illa, dicit ei : Rabboni (quod dicitur Magister). » :
    Jésus lui dit : « Marie ! » Se retournant, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! » – ce qui veut dire : « Maître ».
  7. «  Dicit ei Jesus : Noli me tangere, nondum enim ascendi ad Patrem meum : vade autem ad fratres meos, et dic eis : Ascendo ad Patrem meum, et Patrem vestrum, Deum meum, et Deum vestrum. » :
    Jésus lui dit : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Mais va trouver mes frères et dis-leur : “je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu”. »
  8. «  Venit Maria Magdalene annuntians discipulis : Quia vidi Dominum, et hæc dixit mihi. » :
    Vient Marie de Magdala, qui annonce aux disciples : « J’ai vu le Seigneur et voilà ce qu’il m’a dit. »

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