Archive for the ‘Change’ Category

Very simple framework for reflecting on goals for 2022

Tuesday, December 28th, 2021

De l’art comme rouage interne du capitalisme de surveillance

Wednesday, March 3rd, 2021

Podcast original sur le site de France culture.

Fred Turner (@fturner) est professeur de communication à l’Université de Stanford. La Silicon Valley est au cœur de son travail, et notamment les relations qu’y entretiennent l’art et la technologie. Il s’intéresse dans "L’usage de l’art" (éditions C&F) au recours à l’art dans les entreprises numériques. Il est interviewé par Zoé Sfez (@zoesfez).


ZS : Pourquoi l’art est-il un prisme pertinent pour comprendre les grandes entreprises du numérique et la manière dont elles façonnent notre monde ?

Je suis persuadé qu’il nous faut appréhender Google et Facebook différemment pour comprendre la culture que ces deux entreprises charrient : nous les voyons comme des entreprises de la tech, comme de simples interfaces. Mais nous avons du mal à comprendre ce qu’il s’y passe vraiment et à voir qu’elles portent une vision du monde. C’est cela que l’art vient éclairer. Pénétrer dans leurs bureaux, comprendre la place que l’art y joue nous donne des clés très précieuses pour comprendre leur système de croyance.
J’ai commencé à travailler sur cela quand j’ai fait une visite chez Google en 2006, qui m’a beaucoup surpris : je m’attendais à trouver une entreprise d’informatique avec des hommes en costume, mais le hall était couvert de photos du Burning man. C’est un festival qui a lieu tous les ans dans le désert californien, à plus de dix heures en voiture de la Silicon Valley. Vous achetez un billet qui coûte près de 400 dollars, et vous construisez en plein désert une cité éphémère, pendant une semaine. Vous vivez en groupe dans un camp en apportant votre nourriture, vous n’avez pas le droit d’échanger de l’argent, vous devez juste créer de l’art. Et à la fin de la semaine, il y a cette grande sculpture d’homme que l’on brûle symboliquement. À ses débuts, le festival ne réunissait qu’une centaine de personnes, aujourd’hui c’est plusieurs dizaines de milliers, quarante, cinquante mille. Et j’ai vite compris qu’il était central dans la culture de Google. En 99, la boite a fermé pour que les gens puissent y aller !

Le lien entre les deux est évident : en réalité, pour réussir à Burning Man, vous devez trouver un groupe de gens avec qui monter un projet artistique et le réaliser dans les conditions extrêmes. Il fait très chaud, il n’y a pas d’électricité… En un mot, c’est exactement comme travailler dans la Silicon Valley ! Quand vous êtes ingénieur chez Google, vous travaillez en équipe pour développer de nouveaux projets, vous collaborez dans des conditions difficiles et vous êtes fiers d’y être parvenus ! Au Burning Man, vous vivez selon les valeurs de Google, vous êtes chef de projet mais vous le ressentez comme une fête et non comme un travail. Par ailleurs, Burning Man est presque une expérience religieuse. On sait le rôle qu’a joué le protestantisme dans l’avènement du capitalisme industriel, ce festival joue le même rôle dans les nouvelles formes d’exploitation.


ZS : Vous avez beaucoup travaillé sur les liens entre Google et le festival Burning Man. Vous avez également enquêté chez Facebook où l’art joue un rôle déterminant dans le management ; l’entreprise investit en interne au sein de laboratoires avec des artistes qui travaillent pour le siège de Facebook. Quelle est la différence du rapport à l’art entre ces entreprises numériques et les entreprises capitalistes traditionnelles telles que la banques ou les groupes de luxe ?

J’ai découvert l’existence de ces programmes artistiques de la même manière, en visitant les locaux de Facebook. Le hall d’entrée est couvert de posters un peu hippies, avec des slogans comme « Sois ouvert », « Black Lives Matter » etc… Je me suis demandé ce que ces messages politiques faisaient là. Dans les bureaux du siège, j’ai aussi découvert de grandes fresques murales de très belle qualité, des chefs d’œuvre du street art. C’est là que l’usage de l’art a changé : chez Facebook, on investit dans un art qui est destiné non pas au grand public, mais aux salariés ! Ils ont la sensation grâce à cela de vivre dans une sorte de cité idéale.
C’est très différent de ce qui se passe ailleurs, dans d’autres industries, à New York ou à Paris. Au XIXe et XXe siècles, les entreprises achetaient de l’art pour assoir leur statut. Prenez par exemple la City Bank, qui a beaucoup investi dans des sculptures à Manhattan. Le but était à la fois de « rendre » au grand public, et de démontrer la puissance de l’entreprise. Facebook se voit comme une entreprise qui œuvre déjà pour le bien commun. L’art n’est pas là pour défendre une image en externe, mais pour nourrir un fantasme chez les salariés : celui qu’ils créent quelque chose de beau. Pour mieux comprendre à quel point cela est étrange, prenons par exemple ce poster, créé par l’Analog Research Laboratory, un département interne chez Facebook dédié à l’art, presque à la propagande. Ils ont créé un poster qui représente Dolores Huerta, une syndicaliste célèbre. La dernière chose que Facebook veut pourtant, c’est bien un syndicat ! Mais Dolores Huerta est un bon symbole de la culture latino, et en la transformant en dessin, on en oublie son action politique : elle devient inspirante. C’est ce que fait Facebook : prendre notre expérience de vie, en faire des « stories », des images et des contenus qui circulent. À l’intérieur de l’entreprise, l’art est là pour dire aux codeurs que ce travail est non seulement valide mais utile.


ZS : Selon vous Fred Turner, l’usage de l’art qui est fait par ces entreprises, vise à brouiller la frontière entre vie privée et accomplissement au sein de l’entreprise ; c’est ce qu’on a appelé le management libéré. Mais vous allez encore plus loin car cet usage de l’art serait intimement lié au capitalisme de surveillance qui a été développé par la chercheuse Shoshana Zuboff.

Vous savez, lorsque nous fournissons des informations sur nous, qui alimentent ce capitalisme de surveillance au profit d’entreprises telles que Facebook, c’est parce qu’elles nous font une promesse : celle de nous donner du pouvoir, ce qui nous convient, ce que nous voulons. Et évidemment, cette promesse cache ce qui est en train de se passer réellement : un échange de données qui profite beaucoup plus à l’entreprise qu’aux utilisateurs. En réalité, c’est un acte d’exploitation de nos données, présenté comme un moment d’interaction collaborative.
Ce qui est intéressant, c’est que cet idéal d’un monde plus collaboratif, plus engagé a animé toute la contre-culture californienne. Ce que des entreprises telles que Facebook font, c’est de transformer ce désir très raisonnable en processus de surveillance, profitable pour eux. Et dans le même temps, nous empêcher de travailler réellement à construire le monde que nous souhaitons.
Mais qu’est-ce que l’art a à voir là-dedans ? À l’intérieur de Google, du Burning Man, de Facebook, l’art est une technologie qui permet aux ingénieurs de se tromper eux-mêmes sur la nature de ce qu’ils font vraiment. L’art les aide à imaginer que le monde du capitalisme de surveillance qu’ils sont en train de faire advenir est en fait voué à améliorer leur propre vie, en construisant les réseaux auxquels ils aspirent. C’est une sorte de processus masqué au sein des entreprises. En réalité, l’art a toujours joué ce rôle. Quand on pense aux peintures du 18e siècle, ces paysages bucoliques, avec des arbres, des poissons, des fleurs, ce sont de très belles œuvres mais elles masquaient la violence avec laquelle le pouvoir prenait la terre aux gens ordinaires. De ce point de vue, l’usage de l’art que je décris ici n’est pas très éloigné de sa fonction traditionnelle.
En revanche, il faut noter est que le monde de l’art en Californie et le monde de l’art à New York sont très distincts. Les galeries new-yorkaises veulent toutes venir en Californie, car c’est là bas que l’argent se trouve. Elles pensent qu’elles peuvent vendre de l’art comme à New York. Mais ça ne marche jamais, et elles finissent systématiquement par repartir. À côté de ça, le Burning Man devient chaque année plus important et la collection d’art de Facebook ne cesse de s’agrandir. Ce qu’il se passe dans ces grandes entreprises, c’est qu’il y a en fait une culture différente de l’art, complètement connectée au capitalisme de surveillance en ce qu’elle le rend possible et acceptable.


ZS : Nous sortons d’une année assez difficile avec une pandémie mondiale où nous sommes devenus davantage dépendants aux outils numériques et aux plateformes. Notre rapport à l’art et à la culture est beaucoup passé par le biais du numérique. Nous avons l’impression que cet art qui est typiquement calibré pour une culture californienne et virtuelle est en passe de l’importer. Pensez-vous qu’il est possible aujourd’hui que cette culture de l’art, cet usage californien, puisse l’emporter sur des acteurs et une vision de la culture plus traditionnelle ?

C’est une bonne question. Je pense que l’appétit pour les rencontres physiques avec des objets, de la beauté et des performances n’est pas prêt de disparaître. Je pense que tout cela reviendra lorsque la pandémie sera finie, ou du moins je l’espère fortement. Une des choses que j’ai remarqué, c’est que la plupart de ce qui est produit en ligne en ce moment ne sont pas des œuvres d’art auxquelles je m’intéresserais s’il n’y avait pas cette pandémie. Je ne passerais pas des heures sur Zoom pour regarder des performances si je pouvais aller au théâtre pour voir des gens en vrai. Et je ne suis pas le seul dans ce cas.
Ce qui me fait vraiment peur, c’est que cette culture du Burning Man, de Google, Facebook, cet art managérial, est voué à se développer. Je pense que nous sommes en train de nous rendre compte du pouvoir de ces entreprises et du piège que représente le capitalisme de surveillance, qui aspire votre vie intime pour la vendre. C’est un piège qui a des conséquences politiques aux États-Unis comme en Europe et je pense qu’il est temps pour les états d’agir. Il faut réguler ces entreprises, et il faut reconnaître qu’il y a en ce sens un mouvement déjà engagé. La vraie question, c’est de savoir si ces efforts finiront par payer. C’est ce qui me parait le plus important.

Nobody Cares About You

Saturday, February 6th, 2021

A post by Hugh MacLeod (@hughcards)

The great marketing blogger (and College Professor) Mark Ritson (@markritson) had a superb piece in Marketing Week about how, contrary to all the hotshots that give keynotes at marketing conferences, people hate advertising. All of it.

And yes, the fact that there’s this one ad that you remember fondly from 20 years ago doesn’t prove the opposite, it’s an (extremely rare) exception that proves the rule. Outliers are not reality.

What does this tell us non-advertising, non-marketing types?

It tells us (yet again) the First Law of Business: “NOBODY CARES ABOUT YOU.”

They don’t care about your widget. They don’t care about your passion. Or your family. Or your take on social justice.

What they care about, of course, is themselves, and maybe, just maybe what you can do for them.

This is why the First Law of Business is so useful. Because instead of standing there, preening yourself as you wax poetic, this forces you to think about them instead. Their needs. Their desires. Their hopes and dreams.

Which is a much more useful and productive conversation to have.

Experts

Saturday, January 16th, 2021

Wild Again

Tuesday, January 12th, 2021

Great Again

Wednesday, January 6th, 2021

VUCA

Monday, November 2nd, 2020

Yet another acronym… VUCA nails our times as Volatile, Uncertain, Complex, Ambiguous and the VUCA-adapted behavior as Vision, Understanding, Clarity, Agility.

Let’s embrace it!

The Solution Steps

Wednesday, September 30th, 2020



Sketchnote graphic by @woodard_julie.

Ikigai

Sunday, September 27th, 2020



We need transformational ideas AND transformational follow up

Wednesday, September 23rd, 2020

Yet another pearl from Helen Bevan (@helenbevan).

Transactional follow up

Is focused on delivering an action plan, achieving a certain set of steps to move towards some outcome. It is surface level.

Transformational follow up

Is focused on the whole, the individuals, the team, the system. It goes below the surface. It helps a team or system create an awareness of the factors contributing to the achievement of their challenge or goal. Often these contributing factors stem from limiting beliefs, assumptions and values formed from past experiences.

Source: Based on work by Toby Sinclair (@TobySinclair_).

Ways to future proof your career

Saturday, February 1st, 2020

1) be curious.

That’s it

 

Du besoin aujourd’hui, plus que jamais, de gens heureux

Sunday, December 29th, 2019

Discours de Pedro Correa (@PedroCorreart) pour la remise des diplômes aux ingénieurs civils 2019 à l’EPL-UCL, Louvain-La-Neuve (Belgique), où [il a] "eu la chance d’avoir carte blanche pour pouvoir aborder pour la première fois je pense des thèmes comme le burn-out, la joie, Philippe Bihouix et les mégaphones."

Bonsoir et félicitations aux ingénieurs fraichement diplômés,

Je voulais aussi féliciter l’AILouvain, d’avoir fait preuve de courage, non seulement en m’invitant dans ce panel (ce qui est déjà assez courageux) mais surtout en mettant au centre de ces interventions et de leur programme de conférences des termes comme "le sens", "le bonheur" "et la joie au travail", au-delà de ceux sur lesquels on insistait uniquement lors des discours que j’avais à votre âge en ingénieur, et qui étaient plutôt à l’époque "le sacrifice", "le sérieux", "la compétitivité" ou "l’excellence". Merci donc vraiment à l’UCL pour cet élan de vent frais.

Je suis d’autant plus ravis d’être ici que je parle au même endroit que l’une de mes idoles du moment (certains ont des idoles qui remplissent des stades, moi c’est un ingénieur français) : il s’appelle Philippe Bihouix et lors de la conférence qu’il a donné ici il y a quelques mois il vous invitait déjà à mettre à profit tout votre savoir-faire non pas dans les High-Techs, mais plutôt dans les Low-Techs : ces technologies qui remplacent ce qui se fait aujourd’hui, mais avec des techniques plus simples et plus sobres. Si ce que vous recherchez c’est du sens et de mettre à profit vos études d’ingénieur pour diminuer notre empreinte écologique à tous, je vous invite vraiment à lire son livre : l’Âge des Low-Tech.
Tout d’abord je vous rassure: je ne suis pas venu vous donner de conseils, et encore moins de leçons. Faire un Doctorat en Sciences Appliquées pour finir artiste photographe, je pense que cela doit figurer dans le top 3 des cauchemars des parents ici présents…

Mais si je ne vais pas vous donner de conseils, c’est surtout parce que je me rends compte que nous, les plus vieux, n’avons rien à vous apprendre, et que bien au contraire, nous ferions mieux de plus vous écouter. Quand je vois les valeurs de consommation, d’égocentrisme, de compétition et de croissance continue, sur lesquelles les deux générations précédentes ont bâti le système dans lequel on surnage pour l’instant, et quand je vois les élans de solidarité, d’empathie, de collaboration, et de quête de sens qui brillent au fond des yeux des jeunes aujourd’hui… je me dis que vous êtes celles et ceux qui peuvent inverser la tendance vers une société plus heureuse et plus juste… et que vous avez déjà tout en vous.

Je vais par contre commencer par une statistique que je vais poser là, exprès pour vous faire un peu peur. C’est une donnée que l’on entend très rarement, et qui représente à mes yeux le canari dans la mine qui devrait nous alerter que quelque chose va mal : depuis 5 ans, la Belgique dépense plus de budget national en malades de longue durée (essentiellement des dépressions et des burn-outs), qu’en charges liées au chômage. Cela veut donc dire que, contrairement à ce que l’on nous martèle chaque jour à propos du chômage, en sortant d’ici, vous avez plus de risque de tomber malade ou de devenir dépressifs à cause de votre emploi, que de ne pas en trouver.

Passionné de développement personnel, je me suis penché sur les causes de cette donnée, et ce résultat n’est finalement pas si étonnant. Toutes les études scientifiques en neurosciences et en psychologie du bonheur sont unanimes : placer des termes anxiogènes comme le "sérieux", l’"excellence", la "compétitivité" ou le "sacrifice" au centre de notre vie, sans en placer d’autres, essentiels, comme "la joie", "le sens" ou "la collaboration", c’est prouvé, cela ne peut que mener à la tristesse, à la fatigue, et au final, à la maladie… au burn-out.

Certains vous feront miroiter des contrats avec d’énormes voitures à la clé, et ils vous assureront que c’est la preuve ultime de la réussite. De mon côté, je ne peux que vous parler avec le gage de mon propre bonheur lorsque je me lève chaque matin pour faire mon travail, que je reste absorbé pendant des heures sans voir le temps passer à capturer des instants de beauté éphémère, et le bonheur de mes enfants avec qui je passe de longues après-midis.

Je ne peux donc que vous partager mon expérience, qui a tout d’abord été de me rendre compte que le bonheur, ça se travaille. Le bonheur ne nous tombe pas du ciel en regardant notre vie s’écouler sur des rails construits par d’autres, des rails qui vont on-ne-sait-où, plutôt que de mettre en pratique nos propres envies.

Mon chemin a commencé par cette condition, indispensable je pense, d’écouter mes propres envies, d’écouter ma voix intérieure. Cette voix intérieure n’a rien de mystique, c’est juste la propre voix de chacun, cette voix authentique qui n’a de compte à rendre à personne, celle qui vous prend aux tripes. Elle est très difficile à entendre parce que depuis tout jeunes, nous avons entassé d’autres voix par-dessus : la voix des parents, des professeurs, des pubs…

Lorsque vous regardez des enfants, vous vous rendez compte qu’ils n’ont encore que cette voix-là, leur juste voix, et c’est justement pour ça qu’ils savent exactement ce qui les rend heureux à chaque instant.

Nous avons tous en nous la voix qui sait ce qui est mieux pour nous. Il faut juste du travail sur soi pour l’entendre et la reconnaitre.

Pour moi, cela a été plus rapide : j’ai pris un raccourci et j’ai pu éviter des années d’écoute attentive pour arriver à l’entendre. C’est un raccourci, certes, mais que je ne souhaite à personne : c’était de voir mourir mon père, soudainement. Il avait 56 ans, j’en avais 29. Il était fort comme un roc un jour, et parti le lendemain. Nous savons tous que nous sommes mortels, mais la nuance est énorme entre savoir que nous sommes mortels et savoir que nous allons mourir, et que ça peut arriver du jour au lendemain.

À ce moment-là, ma voix intérieure a pris un mégaphone et a percé toutes les autres voix, pour me demander chaque jour très clairement : "maintenant que tu sais que tu pourrais mourir demain, aurais-tu changé quelque chose à cette dernière journée que tu viens de passer ?"

Et c’est impossible de vivre comme avant lorsque l’on se pose cette question à la fin de chaque journée. Cette prise de conscience a été douloureuse au début. De là sont nés d’abord de petits changements, des compromis, puis des plus grands, et puis petit à petit, cette voix est devenue un guide sur le chemin vers le bonheur.

Pour être heureux, il m’a fallu aussi trouver du sens. Je pense qu’il faut que notre vie à tous (et donc notre métier, où nous passons 8h par jour) ait du sens à nos yeux. Car notre voix intérieure sait que nous sommes tous sur le même bateau, et le bonheur ne pourra donc être atteint que si nos actions ont un impact réel sur ce bateau.

Et pour finir, il nous faut aussi du courage, parce qu’en plus d’entendre et de reconnaître votre voix, il faudra aussi avoir le courage de l’écouter, car elle ne va pas toujours dire des choses évidentes à mettre en place, ni des choses qui vont plaire à votre entourage.

On m’a souvent dit : "Mais quel courage ! ça ne doit pas être facile de vivre en tant qu’artiste !". Ce à quoi je répondais : "Parce que vous croyez que c’est facile, pour un artiste, de vivre en tant que banquier ?".

Je vais terminer. Et vous l’avez compris, j’ai menti, je vous ai quand-même donné un conseil tout au long de ce discours : celui de ne pas m’écouter. Vous êtes des adultes, vous avez votre diplôme, la vie est à vous. Alors n’écoutez plus ceux issus de ce monde périmé, de ce constat d’échec que nous vivons. Ne m’écoutez plus moi, n’écoutez plus les parents, n’écoutez plus les professeurs, n’écoutez plus les pubs ni les médias, et écoutez-vous, écoutez-vous en tout premier.

Le monde n’a plus besoin de battants, de gens qui réussissent, il a besoin de rêveurs, de personnes capables de reconstruire et de prendre soin… et surtout, surtout, on a tous besoin aujourd’hui, plus que jamais, de gens heureux.

Merci.


Avec ce discours, qui suis les Trois conseils pour réussir, je commence officiellement une collection sur le thème ;-)

J’en profite pour ajouter immédiatement une version "comic" :

20 cognitive biases that screw up your decisions

Sunday, October 27th, 2019

From Samantha Lee and Shana Lebowitz in Business Insider

De l’autre côté

Thursday, October 24th, 2019

Texte de Sophie Fontanel (@SophieFontanel)

Prends soin d’être toujours, et je veux dire « aussi », de l’autre côté. N’écoute pas ceux qui t’exhorteront à choisir ton camp, lequel est toujours d’un côté, comme tu sais. Cultive en toi ce fottement qui est la liberté, et qui est la douceur, et bouche tes oreilles quand on insinue que la douceur est une faiblesse. Continue d’être un esprit bancal, c’est plus noble que « bancable ». Lis les livres de gens qui ne pensent pas comme toi, lis le Journal inutile de Paul Morand et vois ses limites, entre dans les raisonnements qui te dérangent, même si tu es si fier, et parfois si bien avisé d’être du bon côté.

Si mon exemple peut servir à quelque chose (faut voir !), sache que je vis des deux côtés. Dans mon cas, il s’agit de littérature. Je déconcerte, parce que j’écris des romans, tout en affichant un goût immodéré pour la futilité de la mode. J’ai fait mon métier des deux disciplines, mais sans prendre une seconde au sérieux les milieux qui leur correspondent. Romancière, je regarde la mode comme si elle était faite de mots. Critique de mode, je regarde l’univers littéraire à travers son style, et pas seulement (loin de là !), vestimentaire. Le chemin que j’ai pris rend tout plus difficile, je ne peux pas me réchauffer dans le giron d’un monde, et c’est la croix et la bannière pour être reconnue par des pairs. Mais, à la fin, à force d’être différent on finit par inventer quelque chose. Toute ma vie j’ai vécu de l’autre côté, et j’ai appris cette chose toute bête qui aurait dû me sauter aux yeux : de l’autre côté, on a la vue. Cela donne des artistes. Merci la vie.

The other side

Thursday, October 24th, 2019

Text by Sophie Fontanel (@SophieFontanel)

Make sure you’re always on the other side—by which I mean also on the other side. Don’t listen to those who insist you should take sides; as you know, a side is only one side. Cultivate uncertainty, which is synonymous with freedom, and also gentleness—put your hands over your ears when people tell you that gentleness is a weakness. Carry on being unsure; it’s better than being a safe bet. Read books by people whose opinions you don’t share; read Paul Morand’s Journal inutile and recognize its limitations; try to understand arguments that antagonize you, even if you take pride in being on the right side, and are wise to be so.

Take me (you never know, the example might be instructive): I live my life on both sides. In my case, it revolves around literature. I’m puzzling to people, because I write novels while cultivating a passion for the trivial world of fashion. I have carved out my career in both worlds, without ever once taking either milieu seriously. As a novelist, I look at fashion as if it were made out of words. As a fashion critic, I look at the literary world through its style, and not just for the clothing (far from it!). This path that I have chosen to follow makes everything more difficult; I can’t seek refuge in the safety of a single world, and it is an uphill struggle for me to gain recognition from my peers. But in the end, by dint of being different, you manage to invent something new. All my life I have lived on the other side, and I have learned something very simple that should have been blindingly obvious: on the other side, you get a better view. That’s what being an artist is about. Life has opened my eyes to that.

Original text (in French) here

Convenor

Friday, September 20th, 2019

 

Change: When to Engage?

Wednesday, September 18th, 2019

 

WHO will make the change happen?

Tuesday, September 10th, 2019

Helen Bevan (@helenbevan) excels at producing evidence on the best ways to "rock the boat" (and the boat she has to instill change into is a huge rusted vessel). Here are two recent illustrations, along with her comments.

Often in big change initiatives, we focus on the people with power in the formal system. Yet the people who can make or break the change are typically a completely different set of people. We need to work with both. Thanks @LeandroEHerrero for the inspiration.

I would like to shift the balance in leadership thinking from inward to outward mindset (& have a system that rewards an outward mindset).

Wikipedia extends your mind

Saturday, March 30th, 2019

Yet another great XKCD.

Personal Knowledge Mastery

Tuesday, February 19th, 2019

PKM by Harold Jarche (@hjarche). More at https://jarche.com/.


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