Breast Cancer Screening: Benefits and Harms

December 20th, 2014

A picture is worth a thousand words, and this illustration from the JAMA will unfortunately never be displayed on giants billboards as advertising in favor of breast cancer screening keeps on being.

When to Use JPEG, GIF and PNG

December 18th, 2014

From WhoIsHostingThis

All products are conversations

December 17th, 2014

People who work at Walmart talk about hating Walmart.

People who work at Starbucks talk about the day to day of customer service. Difficult customers, that kind of thing.

Big difference.

Nowadays, people talk a lot. On a multitude of channels. From blogs to big papers and everything in between.

Unless you have an army of publicists, you’re going to have trouble managing that conversation.

Much better to give them something great to talk about.

Control the conversation, by starting it in the right place.

Text and cartoon by @gapingvoidart

Les Mots en l’air

December 14th, 2014

Les mots qu’on lance vers les étoiles ne sont pas toujours des paroles en l’air. Jongler avec les mots n’est pas donné à tout le monde. Il faut faire preuve d’habileté, de souplesse, de virtuosité. Un mot qui tombe mal ou qui tombe à côté ou que vous recevez, comme ça, en pleine poitrine, alors que vous ne vous y attendiez pas, peut faire des dégâts, il peut être blessant. Et je ne vous dis rien des séquelles et des traumatismes pendant des mois, des années. Combien d’estropiés du cœur après des collisions verbales. Il ne faut jamais l’oublier : les mots sont dangereux. Ils doivent être maniés avec infiniment de précaution.

Les mots qu’on envoie en l’air ont besoin de souffle et d’inspiration. Il existe des mots lourds de sens, mais qui surtout pèsent des tonnes. Tournez les pages de votre quotidien, faites défiler les actualités sur votre tablette. C’est fou comme les journaux sont remplis de déclarations, de proclamations, de promesses, de décrets, de divulgations, de révélations…

Mais les mots en l’air quand ils sont vifs comme des cabris, vaporeux comme des elfes, légers comme de la chantilly, sont des bouffées de fraîcheur qui longtemps voltigent comme des feuilles d’automne sous le préau de notre conscience.

« Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant. Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes. Dans l’eau de la claire fontaine elle se baignait toute nue. Y’a d’la joie ! J’en ai tant vu qui s’en allèrent ils ne demandaient que du feu. Je chante un baiser »…

Dans quelques années, dans quelques mois, dans quelques jours, enfin, tout de suite, là, dans quelques instants, nous aurons oublié les mots qui aujourd’hui font les importants, qui se poussent du col, qui jouent les gros bras et longtemps nous seront reconnaissants à Paul Verlaine, à Henri Calet, à Georges Brassens, à Charles Trenet, à Louis Aragon, à Alain Souchon, à tant d’autres, d’être de si fidèles compagnons qui ont su suspendre en apesanteur les mots de la mémoire et de la consolation.

François Morel

The Collaboration Pyramid revisited

December 8th, 2014

In a great blog post, Oscar Berg (@oscarberg) revisited the collaboration pyramid by showing the social immersed part of the iceberg that allows collaboration processes to come true.

Oscar Berg’s greatly valuable contribution is to state that all these "under the water" processes can remain implicit when a team meets in real life, but, as deep foundations, must be explicitly addressed when social activities are operated through electronic media.

Complexity Rising: From Human Beings to Human Civilization

November 24th, 2014

Could you believe that this plainly modern picture illustrates a paper by Yaneer Bar-Yam published in 1997?

Léa et ses capteurs : une journée en l’an 20..

November 21st, 2014

L’harassante journée de Léa ne s’était achevée que tard hier lors du barbecue réunissant les employés du « campus » surplombant la Baie de San Francisco. Cela n’avait rien d’exceptionnel depuis qu’elle avait rejoint, suite au rachat de sa start-up, les équipes de la plus importante entreprise technologique du monde. En 5 ans à peine, l’entreprise avait supplanté Google, Facebook et consorts dans le cœur des utilisateurs comme des analystes financiers. Pourtant, le réveil de Léa se fait en douceur, comme tous les jours depuis qu’elle utilise le prototype de lecteur d’ondes cérébrales de l’entreprise. L’appareil est tellement simple qu’il parait magique : il suffit de faire adhérer deux carrés souples de la taille d’un ongle sur les tempes, sans aucune gêne pour elle pendant la nuit, et les données sont transmises au bracelet et à sa tablette transparente dernier cri. Le bracelet s’est mis à vibrer doucement au moment idéal pour assurer un réveil pendant une phase de sommeil léger, et a transmis l’information à la tablette, qui se charge d’augmenter la luminosité, de régler la climatisation, de lancer la cafetière… et de publier l’information sur le service de réseau social de l’entreprise. Dans le même temps, les rendez-vous de son agenda sont mis à jour pour tenir compte des 15 minutes de sommeil qu’elle a économisées cette nuit-là…

Pendant le petit déjeuner, Léa vérifie distraitement ses PKPI (personal key performance indicators). Léa essaye de consulter régulièrement ces calculs issus d’algorithmes sophistiqués (et obscurs) et chargés d’optimiser automatique ment à la fois sa motivation et sa forme physique, adoptant ainsi pour sa vie personnelle, la vision de l’entreprise : « on ne peut pas améliorer ce qu’on ne peut pas mesurer, on ne changera pas ce qu’on peut cacher »… Et Léa reconnait que cela fonctionne : depuis un mois, elle s’est déjà surprise plusieurs fois à reposer un soda dans son frigo, sachant que tout le monde aurait connaissance de ce petit écart… Elle a d’ailleurs perdu 2 kilos depuis que le bracelet et d’autres capteurs mesurent ainsi sa vie, non pas qu’elle l’ait voulue activement ou qu’elle pensait en avoir besoin… mais elle a reçu de nombreuses félicitations alors ! Aujourd’hui, son coach numérique lui recommande d’ailleurs 13150 pas dans la journée et pas plus de 1850 calories… Après l’avoir félicité pour les 11824 pas de la veille, en hausse de 1,2 % par rapport à la semaine précédente qui était elle-même la seconde meilleure semaine de Léa depuis qu’elle a adhéré au programme de « santé active » de son employeur. Léa boit son café du matin (dont les teneurs en caféine, sucre et calories sont mesurées automatiquement par la tasse portant le logo de l’entreprise) tout en regardant d’un air absent l’avalanche de statistiques et de dataviz sur sa tablette. Elle ne peut cependant échapper à la plus visible : une augmentation de 2,4 % par jour du nombre de calories quotidiennes ingérées depuis le début du mois. Cette croissance est certes corrélée à la baisse de 3°C de la température moyenne extérieure relevée par sa station météo d’appartement et celle de sa voiture, mais les chiffres révèlent une corrélation plus nette encore avec une hausse de 1,3 % de son poids et de 0,8 % de la proportion de masse grasse de son corps relevées par la balance connectée de la salle de bain. Refrénant l’envie de pulvériser cette moucharde, Léa soupire en lisant les recommandations au ton ouvertement positif et motivant du coach virtuel de l’application ActivHealth, qui recommande une modification de régime alimentaire et une hausse importante de 10 % des objectifs quotidiens du nombre de pas à forte intensité pour contrecarrer cette pente jugée funeste. En réalité, le coach virtuel annonce sur un ton triomphant qu’il avait intégré cette hausse de sa propre initiative dans les objectifs de la veille et que son poids a déjà baissé de 0,3 % (un miraculeux 180 grammes de perdu, calcule rapidement Léa en finissant sa tasse). D’un soupir elle se rend également compte sur l’écran que l’analyse « humeur et stress » de sa journée de la veille a déjà provoqué des commentaires inquiets de certains collègues et de son manager « ça n’est pas grave, je te connais, tu ne resteras pas longtemps dans les 10 % d’employés ayant la moins bonne humeur du département »… Léa est plus étonnée de voir un message de la responsable « wellness analytics » de sa direction qui lui rappelle qu’un excès de stress peut conduire à une dégradation de la santé et qu’elle doit faire attention à elle…

Léa se rend compte que le ton de ce dernier message, tout en compassion, est en fait tout sauf anodin. Tout cela peut avoir des conséquences sur son assurance santé, ActivHealth étant partie intégrante des services financés par l’entreprise. Celle-ci a certes l’une des politiques en ce domaine parmi les plus généreuses des États-Unis, mais cette politique n’existe qu’en contrepartie de l’adhésion aux valeurs de « transparence et de responsabilisation » d’ActivHealth. Le contrat « Wellness » de son entreprise permet en effet aux algorithmes de l’assureur (dont le géant des technologies est devenu le plus gros fournisseur de données et de solutions technologiques cette année…) de suivre les résultats de ses capteurs corporels. Ce n’est pas vraiment obligatoire, mais… l’assurance est bien moins coûteuse quand on consent « librement » à un tel partage. « Il va falloir faire descendre ce niveau de stress, même artificiellement » se dit Léa en songeant aux stratagèmes qu’elle pourrait employer pour tromper les capteurs. Au début des contrats d’assurance de ce type, c’était d’ailleurs un jeu très répandu : les employés accrochaient leur podomètre au collier de leur chien pour augmenter le nombre de pas parcourus par jour, par exemple. Les labradors de tout le pays étaient ravis, mais les assureurs se sont rapidement rendus compte de la faille… en croisant ces données avec celles issues de leurs bases d’assurance pour « animaux de compagnie ». Cela a permis à l’employeur de Léa d’entrer sur ce marché en leur fournissant un algorithme capable de distinguer les pas humains de ceux des animaux… Il parait que certains cadres aisés d’entreprise payent des gens pour porter leurs capteurs le temps d’un footing,… mais c’est évidemment impossible pour un utilisateur identifié en permanence par ses objets connectés… D’autant que les dernières améliorations de l’algorithme de reconnaissance des pas devraient lui permettre de vérifier la cohérence de réalisation d’un pas en fonction des caractéristiques du porteur des capteurs (sexe, taille, poids, âge,…). « Je peux toujours me forcer à sourire un peu plus au bureau, les caméras ne manqueront pas de le détecter… » Perdue dans ces pensées, Léa tend machinalement la main vers un autre gâteau, mais son bracelet vibre doucement à l’approche de la puce sans-contact de l’emballage pour l’en dissuader. Elle change d’avis sans même y penser. Quelle chance de ne plus avoir à faire d’efforts pour être exemplaire et raisonnable !

Arrivée sur l’immense campus ensoleillé qui accueille son bureau, alors qu’elle appuie sur le bouton de l’ascenseur, son bracelet vibre. Sur l’écran « Et si vous preniez l’escalier ? ». Après un déjeuner calibré sur son nouvel objectif nutritionnel (et incluant un accompagnement à la carotte : son bracelet a détecté dans son sang une carence en vitamine A), Léa se replonge dans son travail avec intensité tout l’après-midi. Petite vibration : « Vous êtes stressée, faites donc une pause. » Elle retrouve le sourire. Brièvement. Encore une vibration. Fin de la pause. La fin de journée approche, et Léa se rend compte à 17h qu’un espace dans son agenda a été bloqué par ActivHealth et que, si elle le souhaite, 37 % des machines de la salle de gym sont actuellement libres…

Après sa séance de sport (qui lui vaut de voir sur son bracelet un message de félicitation enthousiaste de la responsable Wellness de son pôle), Léa découvre sur son bureau un paquet. Son chef l’attend à côté. « Bonsoir Léa. Tes chiffres de stress sont meilleurs aujourd’hui, cela me rassure. Et cette séance de sport était une bonne idée, tu seras encore plus sereine demain je parie ! Tu seras rapidement revenue dans les 10 % les moins stressés de l’équipe. Tu sais à quel point le bien-être de chacun est important pour nous… D’ailleurs, nous t’avons choisie pour tester le nouveau prototype du bracelet du programme ActivHealth. On se voit à la collecte de fonds pour le Bangladesh tout à l’heure ? Tu n’as pas encore répondu à l’invitation mais toute l’équipe sera là, on compte sur toi ! » Léa acquiesce tout en découvrant le magnifique nouveau bracelet : l’écran est souple et entièrement transparent. Le bracelet ne pèse que quelques grammes. Pourtant il sera entièrement gratuit d’après ce qu’elle comprend à partir du moment où les utilisateurs acceptent de partager leurs données avec des partenaires de l’entreprise, tout comme ils le font avec leur cercle d’amis, finalement !

Une fois chez elle, Léa s’accorde quelques minutes devant un film sur son écran mural. Pendant les pubs, elle se lève pour aller à la salle de bains. Son capteur vibre très légèrement : « Nous aimerions avoir votre avis sur les publicités en cours de diffusion. Vous obtiendrez des points et des promotions personnalisés ! Restez devant la caméra de votre écran pour accepter. » Elle ignore le rappel à l’ordre. Le bracelet se met à vibrer un peu plus fort…


Cette histoire occupe les pages 8 et 9 du Cahier de la CNIL Le corps, nouvel objet connecté, du quantified self à la m-Santé : les nouveaux territoires de la mise en données du monde, avec le texte introductif ci-dessous :

À quoi pourrait ressembler une journée type d’un adepte du quantified self dans un futur proche ? Nous nous sommes amusés à imaginer la journée de Léa, salariée d’une grande entreprise de technologies installée en Californie. Ce texte s’inspire de lectures évoquant ce quotidien, en particulier du roman dystopique publié en octobre 2013 par Dave Eggers, « The Circle » (Editions Mc Sweeney’s, 2014), une entreprise inventée devenue la compagnie technologique la plus puissante du monde après le succès de TruYou, un outil de présence numérique d’un individu, au travers d’une seule authentification… et d’une seule identité. Dorénavant, fort de son succès, The Circle peut mener à bien tous ses projets d’amélioration du monde par la technologie, même les plus fous.

Prévention 2.0

November 19th, 2014

Dans le cadre de ses conférences Doctors 2.0 & You, Denise Silber organisait ce 19 novembre une matinale « prévention 2.0 » (sur Twitter, hashtag #doctors20).

Denise est une excellente professionnelle du 2.0 en santé ; elle connait le domaine et ses acteurs sur le bout des ongles, et possède un recul international remarquable. Les événements qu’elle organise représentent toujours pour moi une photographie très intéressante du domaine. Comme toute photographie, c’est une vision instantanée et orientée selon un point de vue précis, et nécessairement partial ; mais l’important est qu’elle donne à penser sur ce qui y apparait, et éventuellement ce qui manque, ou semble volontairement laissé dans l’ombre.

Ce qui est visible dans le paysage, c’est que la prévention 2.0 intéresse les assureurs (nous étions reçus dans les locaux d’Axa), les laboratoires pharmaceutiques et autres industriels du secteur médical, les startups et « les gens ». Et pour des raisons très diverses…

On imagine que l’assureur s’intéresse à la prévention pour promouvoir une attitude qui diminue le risque, et donc le coût. Mais c’est une équation qui a quelques inconnues cachées, puisque, en la poussant aux limites, on constate qu’en absence de risque, il n’y a, de façon évidente, plus besoin d’assurance.
Le volet le plus évident dans la démarche présentée par Axa est celui de la communication institutionnelle sur le mode du partenariat pour une vie plus saine. La démarche est alors fortement descendante, avec des films publicitaires dont le seul ressort 2.0 est la capacité de diffusion virale. J’avoue avoir été atterré par le film « Jumping salade » dont l’inspiration « 118 – 218 » vise plus à insérer de force le slogan « Manger salade, jamais malade » dans la tête des internautes que de créer du sens en groupe.

On retrouve d’ailleurs cet aspect grossièrement 1.0 dans le clip « La minute blonde pour l’Alerte Jaune » de l’Association Maladies Foie Enfants (AMFE) où le message est artificiellement « viralisé » par un mélange d’humour, de ridicule et de sexe. On note heureusement que, dans les deux cas, aucun chaton n’a été mêlé à la démarche. Dans le cas de l’AMFE, il ne s’agit pas de prévention, mais de dépistage précoce et on peut se demander si une maladie rare, comme l’atrésie des voies biliaires (AVB), dont l’incidence est de 1/18 000 naissances vivantes en Europe justifie le recours à de tels moyens. Je me garderais bien de dire que la mobilisation de l’AFME est injustifiée, mais généraliser une démarche qui consisterait à faire d’autant plus de buzz que la maladie est rare – puisque, justement, plus elle est rare et plus il faut marquer les esprits, au risque qu’ils n’y pensent pas – ne serait pas de la prévention mais de la paranoïa sociétale.

Le laboratoire Expanscience, à l’origine du site Arthrocoach, a indiqué clairement sa démarche : confronté aux aléas de remboursement de sa molécule phare dans un de ses domaines de prédilection, le laboratoire axe sa stratégie sur les services.

Pour terminer le tour de table par des startups, citons UmanLife qui propose un produit à mi-chemin entre le carnet de santé électronique et le tableau de bord orienté coaching, SmartSanté qui travaille à qualifier puis prendre en charge le risque cardiovasculaire et enfin FeetMe qui développe une semelle connectée destinée à palier la perte de sensibilité du pied diabétique.

Les questions posées ont principalement évoqué la pertinence de la démarche. UmanLife propose de vous coacher en fonction des données recueillies par vos objets connectés, mais sont-ils précis, voire même simplement étalonnés ? Le mécanisme « Noël sous le sapin, Pâques sur le BonCoin » qui caractérise la plupart des objets connectés (dont une étude a montré que 30% étaient abandonnés dans les six premiers mois) s’applique-t-elle également à ces sites de coaching qui adoreraient transformer votre « quantified self » en un « modified self » à leur convenance ?

Mon opinion de longue date est que le marché du bien être sera mécaniquement éclaté en autant de services qu’il existe d’objets connectés et de maladies. On sent bien la tyrannie de l’action (comment se fait-il qu’en 2014… ?) couplée à l’attracteur massif du produit high-tech.

Par ailleurs, le terme à la mode est incontestablement « coaching ». La mécanique de ceux qui vous veulent du bien est de déterminer votre profil (au sens de leur vision propre issue d’un besoin d’action ou de l’existence d’un objet), puis de vous faire abandonner vos mauvaises habitudes au profit d’un comportement vertueux.

Le problème de cette démarche est double :

Tout d’abord, le chemin qui consiste à partir de mesures ou d’évaluations pour déterminer des facteurs de risques n’est jamais simple (par exemple, un facteur de risque comme « activité sexuelle précoce » dans le cadre du cancer du col ne se déduit pas mécaniquement d’informations chiffrées). Ensuite, l’établissement d’une conduite à tenir personnalisée à partir d’un ensemble de facteurs de risques est, dans le cas général, un exercice très difficile et, même dans de nombreux cas simples, ne peut se faire dans le cadre d’une validation scientifique car les recommandations médicales ne sont pas conçues pour ça, font l’objet de compromis obscurs entre experts et n’évoluent pas assez vite. La tendance est alors à définir quelques profils types et à étiqueter l’utilisateur à gros traits.
Mais il est bien difficile de converger vers une démarche holistique et personnalisée en partant d’une approche spécialisée et basée sur l’outil.

Ensuite, il y a souvent confusion entre réseaux et communautés. C’est une évidence que j’ai découvert récemment lors d’échanges avec Nilofer Merchant : les réseaux, comme l’entreprise, l’assureur, l’industriel n’ont rien à voir avec les communautés, comme vos amis d’enfance, de sport ou d’université. Il y a des fonctions de conduite du changement qui sont pertinentes dans le cadre « chaud » d’une communauté et qui deviennent artificielles, voir même néfastes, dans le cadre froid de réseaux. Les incitateurs humains, comme ce défit d’une communauté à faire le semi-marathon de Paris raconté par Béate Bartès lors de la matinale, peuvent vous faire déplacer les montagnes ; les indicateurs de « bonne conduite » qui vous permettent de diminuer une prime d’assurance sont autant de défis stériles à tromper le système (lire Léa et ses capteurs : une journée en l’an 20..").
C’est tout l’écart entre l’émulation de l’entourage du 2.0 et la norme venue d’en haut, qu’on raille désormais sous le sobriquet 1.0.

Beaucoup de chemin à parcourir, donc, mais c’est plutôt enthousiasmant et il est bien précieux que des événements comme cette matinale Prévention 2.0 permettent d’en faire le bilan.

Rebel

November 17th, 2014

Rosetta and Philae: Waiting for confirmation of landing

November 12th, 2014

ESA official website displays "Waiting for confirmation of landing. Expected at around 16:00 UTC"

Meanwhile, with XKCD, we just can guess the way it goes up there…

Franck Cammas and the Flying Phantom in Saint Malo

November 12th, 2014

Far less glamorous than the superb video featuring the waterski champion Claire-Lise Welter, but more grounded in reality, Franck Cammas tested the Flying Phantom Phantom in front of Saint Malo.

The weekend of the start of the 10th Route du Rhum, was a good opportunity for the French skipper and the 2010 edition winner, to test the production version of the Flying Phantom as he collaborated to the development of the R&D prototype with the Groupama Sailing Team.

Franck Cammas and the Flying Phantom in Saint Malo from Jeremie Eloy/ Wanaii Films on Vimeo.

The Zeitgeist in health, the media and the public

November 11th, 2014

In a paper published today, David Oliver answers a complex question "The media narrative on quality in healthcare—helpful or harmful?"

I found the last two chapters really insightful:

Finally, as someone who is part of the health policy "commentariat" and clinical leadership community, I am struck by the mismatch between some of the zeitgeisty groupthink in those echelons and the priorities in the news media. Everyone is talking about "asset based approaches," "developing community resilience," "prevention," "integration," "care closer to home" with "new models outside hospital," "supported self care," "personalisation," "activist patients," "personal budgets," and "person held records." All this magic thinking comes from a select group of self styled innovators and thinkers, and a small empowered group of largely middle class, educated service users. I am not saying any of these priorities are wrong, but it’s like a small policy elite is trying to dictate to the wider public what its priorities ought to be.

Out there in the press and the opinion polls, the public still use and want the reassuring old fashioned terms of "doctor" and "patient." They still have confidence in buildings (their local hospital or GP surgery) and basically want the care from those organisations to be caring, responsive, and accessible. The media haven’t caught up with the zeitgeist and neither have the public. But who’s to say they are wrong?


David Oliver is the president of the British Geriatrics Society, a consultant geriatrician at the Royal Berkshire Hospital, and a senior visiting fellow at the King’s Fund.

Innovative information visualization of electronic health record data

November 11th, 2014

In a recent paper, Vivian L West, David Borland and W Ed Hammond investigated the use of visualization techniques reported between 1996 and 2013 and, in a systematic review, evaluated innovative approaches to information visualization of electronic health record (EHR) data for knowledge discovery.

The only embedded charts appear in the Historical Background chapter, and are related to the visualization of casualties during wars. I found them amazingly complex and modern.

A flow diagram by Charles Minard

The first is a figurative chart of the successive losses in men by the French army in the Russian campaign 1812–1813, published in 1869 by Charles Minard.

It looks like a curve, but actually draws a geographical path, naming towns and rivers. The brown (initially red) line represents the way from the Russian border to Moscow and the black line the way back. The broadness of the trait represents the number of men involved (1 mm for ten thousand men in the original document). It is clearly visible that few escaped.

This drawing by Minard is one of the most famous example of a specific type of flow diagram, now called Sankey diagrams, in which the width of the arrows is shown proportionally to the flow quantity.

Under the geographic path, a curve shows temperatures during the way back, expressed in Réaumur scale.

A polar area diagram by Florence Nightingale

The second example is the "Diagram of the causes of mortality in the army in the East" by Florence Nightingale.

Nightingale is described as a true pioneer in the graphical representation of statistics, and is credited with developing a form of the pie chart now known as the polar area diagram, or occasionally the Nightingale rose diagram.

This graphic was published in Notes on Matters Affecting the Health, Efficiency, and Hospital Administration of the British Army and sent to Queen Victoria in 1858. It indicates the number of deaths that occurred from preventable diseases (in blue), those that were the results of wounds (in red), and those due to other causes (in black).

A Proposed Invention Cycle

November 9th, 2014

Yesterday, Nilofer Merchant pointed out a great article by the title "Inventing Products is Less Valuable Than Inventing Ideas".

This article mainly elaborates from a paper called "The Second Face of Appropriability: Generative Appropriability and Its Determinants", by Gautam Ahuja (University of Michigan), Curba Morris Lampert (Florida International University) and Elena Novelli (City University London). Appropriability is defined here as "how firms can appropriate value from their inventions" and authors state that "scholars have focused on the idea that inventions create value for firms by being translated into products or by being licensed out" just before they introduce their true scope:

However, from the time of Arrow (1962), and possibly earlier, researchers have recognized that there are usually at least two facets to any invention. On the one hand, an invention is a solution to some technoeconomic problem, a source of enhanced utility or lower cost for some set of beneficiaries; on the other hand, an invention is a concept, an idea that adds to our universe of concepts and ideas and that can itself become a seed for future concepts and ideas. Thus, Arrow’s (1962) abstraction suggests that any invention potentially creates two types of value: an intrinsic value that relates to the problem-solving aspect of the invention and a fecundity, or generative, value that relates to its potential as a springboard for future inventions (Hopenhayn & Mitchell, 1999).

Appropriability hence comes in two flavors: how to capture the greatest share of profits from the problem-solving invention, called Primary Appropriability (PA) and how to capture the greatest share of future inventions that are spawned by this invention and thereby benefit from the new element it has added to the universe of ideas, called Secondary or Generative Appropriability (GA).

The paper mainly focuses on the best strategies for big organizations (firms) to benefit from GA, which, while culturally of interest, is not my primary topic. GA is nevertheless a plainly consistent concept in my favorite topics: lean startups and meshed society.

To invent in a meshed society means understanding what new services are needed by networked individuals. If we agree with Antoine de Saint-Exupery that "illumination is no more than the Spirit’s sudden vision of a road that is long prepared," inventions will probably happen in a meshed society from individuals that can establish a wide social network and gain enough hindsight from these rich interactions. Nilofer Merchant is very talented to describe this ongoing process.

What the text from Ahuja, Lampert and Novelli points out is that neither this invention, nor the service(s) built from it, should be the final goal. Considering that Generative Appropriability is more important than Primary Appropriability, they suggest that invention should be the starting point of a cycle invention – services – invention… Fortunately it is perfectly consistent with the way modern services are built and it is possible to describe this cycle in pretty accurate details.

The Product

The first step could be called a "rush to the minimum viable product (MVP)". The usual way to do is to pack the very core of the invention into a true usable product. MVP should never mean half-done, but a full designed and functional product that operates only the critical functions (typically five functions). Lean and mean!


Credit Jussi Pasanen (@jopas)

Emergency here comes from a model where things are going so fast on the web that, like when sweating on a running mill, standing still means going backward. Accordingly, being settled on your invention while trying to optimize its Primary Appropriability (for example when writing a business plan to raise lots of money in order to hire a large team to target a fully functional 100+ functions product) means loosing ground and taking high risk that your massive footprint product will not find any place in several years later landscape. My own words, when I estimate that the product comes too late after the invention and we are no longer inventing while not still able to learn from our customers, is "we are starting getting stupid" (typically losing our time implementing functions that people may never use).
Hence the lean startup movement and its foundation principles: deliver early and often (usually thanks to Agile methodologies), engage with your users so you can learn from them (and pivot if necessary), measure success metric so that you can fail fast (so you can succeed faster).

Meshed Society

Great, but these principles are valid in the web as it goes, where kids are taught they can change the world by creating the services they themselves find cool (for example what girls are available on the campus) and pivoting endlessly until they become Facebook. As previously mentioned, in a meshed society, most inventions will be born from the network and, if the lean principles mainly apply, they will fade out in the specific way a meshed society operates; instead of "gaining users and engaging them", inventors will seamlessly offer the societal network a new service. To "make a dent in the world", as Nilofer Merchant usually phrases it, will no longer mean creating a mogul company to "rule them all" but truly raising the meshed society one step further.

To get the point here demands a little more accuracy about what meshed society actually means. To make it short, there is growing evidence that we already entered the post-industrial era and that the very root our societies are built from must be questioned.
From early times in human life, we inherited the hierarchy, as many other animal species did. Hierarchy for human has been meritocratic (the Dominant Male), then hereditary (some got stuck there) or elective. Jeremy Rifkin, in The Third Industrial Revolution explains that the pyramidal hierarchy became the way to go in the industry during the first Industrial Revolution when railways giants became the first private organizations to need thousands of employees to operate. For centuries, it has been delusive (or poetic) to imagine other ways to organize.
The web as we know it is probably a vector of change that only compares in history to the invention of the printing press… but it compares with the printing press "power thousand" since it is not just a communication system, but an operating system, a place where information can not only get published, but also processed.
We all know the recent history of the web, from a place where official and institutional information was available to the place where people co-create – the famous Web 2.0 coined by Tim O’Reilly. Many have tried to imagine the next web – due to a complete lack of creativity they usually called it Web 3.0. Web 3.0 would either be a semantic web or the web of objects (WoO) or web of things (WoT); they forgot that, as quoted by Jean Bodin, "there is no wealth nor strength except in men" and the next web can’t be anything but the operating system of a new kind of democracy. What is to come is not a technical Web 3.0 but a humanistic Meshed Society; a worldwide bionic neural network born from the ability to build knowledge from shared information.

When discussing Generative Appropriability (GA) versus Primary Appropriability (PA), it is of great interest to compare Xerox with Apple, stating, as Ahuja et al. did, that the former "has created many inventions but has not necessarily been successful in building on many of them" while the later "is an example of a firm that has managed to be creative in both building on its own inventions (e.g., the iPhone and iPad based on the iPod) and in precluding (or at least delaying) other companies from successfully building on its ideas." It is probably of utmost interest to foresee how it can get transcribed in the meshed society core concepts, in the wisdom of crowds.

The cycle

Let’s go back to the invention – product – invention cycle.

We know that inventions will happen from using the network to be able to "rise above to crowd" and gain the proper hindsight. We also suggested that a minimum viable product should quickly follow the invention in order to reward the network with a new service. Then ideally iterate, somewhat like a respiration process. But this mechanism is not generative by itself! On the contrary, the aim of the MVP in the lean startup theory is to build a light object in order to make it easier to find the place where it can fit in the current universe of services, then to iterate to grow step by step, and eventually pivot when there is no place left for a larger object in the previously targeted direction. If the product can seamlessly follow the invention, it is not natural at all to have a new invention be born from it.

It follows that our cycle will hardly be a two stroke engine! But after all, the most famous continual improvement cycle, the Deming Wheel is a four stroke engine, and we can probably mix its Plan-Do-Check-Act (PDCA) iteration steps with the lean startup concepts. Since our core principles are that, in a meshed society, invention will come from engaging with the network then (remembering Saint-Exupery’s quote) have illumination emerge from processing the flow of interactions using a synthesis oriented reactor (say a creative human brain), we can now name the missing strokes and end up proposing an Engage-Process-Invent-Build cycle.

To be continued… after some more interactions. Please let me know your opinion.

Added (on November 12), this drawing from a previous post (Responsive Organizations) that pretty well fits in the landscape, even if not explicitly cyclic (it is indeed!).



What it’s like when you read

November 5th, 2014

Change management is an unfortunate field

October 29th, 2014

Change management is an unfortunate field that is more aptly described as "change enforcement." It comes from the control mindset, where your job is to make other people do what you want (but what they might not want). Change is more than that, and in human organizations, change is not viewed as something you enforce. Yes, sometimes part of change requires people to do new things – things they may not want to do initially. But the methods for getting that to happen acknowledge that change is something that emerges and is connected to growth and development of everyone in the system, including the ones who might be resistant to the change.

A text from Humanize by Jamie Notter & Maddie Grant, cited by Richard Martin

Flying Dreams

October 20th, 2014

Frame of reference

October 18th, 2014

A traveler, by definition, moves around the universe—that, at least, is the Copernican view we believe in to begin with. But as we travel around the world, we discover that just the opposite is true, that we are in fact the center of our own universe, as the ancient cosmogony would have it.

Travelers stay put, with their personal tunes, their mobile computers, their phones that store cherished data, their friends in their heads and their pianos in their bellies, as the Henri Tachan song goes. Travelers remain at the center of the world, while the whole world moves and revolves around them, as in one of Hayao Miyazaki’s animated films.

Travel is not about rushing to reach some goal or refuge. It’s about stopping to take in the changing surroundings, like a stormy sky. It’s about folding up your umbrella and letting the rain fall on your soul, as on a house without a roof.

But it is also about creating situations ripe for adventure, full of shifting viewpoints, relativity-style, full of fruitful, if random, moments, as in quantum mechanics.

To read a book, listen to a concerto or decode a mathematical proof is to embark on a journey; but to undertake a journey is to write a book with one’s actions and words.

Just choose (or not) a time and a destination and you have an outline of the subject and the main sections. Next come the chapters, with their twists, anecdotes and details that make it all true to life. You are in constant dialogue with your surroundings throughout the journey, adapting the plot, improvising, eliminating a protagonist you’ve grown tired of, as in a Conan Doyle novel.

The journey that takes form through an interplay of design and random chance is the novel the writer has to write, the cri du poète, as in a verse by Louis Aragon.

You feel soothed after the journey, a few cris lighter and enriched by the stars encountered along the way, as in one of Edmond Baudoin’s graphic novels.

Cédric Villani, 2010 Fields Medal laureate

Référentiel

October 18th, 2014

Le voyageur, par définition, se déplace dans l’univers. Du moins c’est la vision copernicienne à laquelle on croit, au début. Mais quand on voyage, on découvre que c’est tout le contraire, et que l’on est bien au centre de l’univers, comme dans une cosmogonie antique.

Le voyageur reste sur place, avec ses mélodies intérieures, son ordinateur itinérant, son téléphone porteur de données chéries, ses amis dans sa tête et son piano dans son ventre, comme dans une chanson de Tachan. Le voyageur reste au centre du monde, mais c’est le monde tout entier qui se déplace et tourne autour de lui, comme dans un dessin animé de Miyazaki.

Voyager, ce n’est pas se précipiter vers un objectif ou un refuge ; c’est s’arrêter et se rendre perméable à l’environnement changeant comme un ciel orageux, c’est retirer son parapluie et laisser pleuvoir en soi, comme dans une maison sans toit.

Et par la même occasion créer une belle aventure, pleine de changements de points de vue comme une théorie relativiste, pleine de hasards productifs comme une mécanique quantique.

Lire un livre, écouter un concerto ou décrypter une preuve mathématique, c’est faire un voyage ; mais faire un voyage, c’est écrire un livre, avec ses actes et ses paroles.

On choisit (ou pas, d’ailleurs) une destination, une période, et voilà le sujet esquissé et les principales parties mises en place ; puis ce sont les chapitres qui se rédigent, les rebondissements, les anecdotes, les détails qui rendront le tout plus vrai que nature. Au cours du voyage on dialogue avec l’environnement, on modifie le scénario, on improvise, on fait disparaître un protagoniste dont on s’est lassé, comme dans un roman de Conan Doyle.

Le voyage qui s’impose à vous par la volonté des éléments et du hasard, c’est le roman qui s’impose à l’écrivain, c’est le cri qui s’impose au poète, comme dans une page d’Aragon.

On ressort du voyage apaisé, plus léger de quelques cris, et plus riche de quelques étoiles rencontrées au passage, comme dans une bande dessinée de Baudoin.

Cédric Villani, médaille Fields 2010.

Happiness innovates

October 11th, 2014

Text and cartoon by @gapingvoidart


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