J’ai encore un peu de force, c’est pour la donner !

September 19th, 2022

Au début du mois de septembre, la grande résistante Madeleine Riffaud, 98 ans, a vécu un calvaire à l’Hôpital Lariboisière. Elle a été abandonnée sur un brancard sans manger pendant 24 heures. Dans cette tribune à l’intention de Nicolas Revel, Directeur de l’APHP, elle dénonce l’état révoltant de l’hôpital public.

Il y a deux semaines, j’ai dû me rendre aux urgences pour un examen important dû à un covid long, variant omicron.

Le SAMU m’a emmenée à l’hôpital Lariboisière, à midi et demi, le dimanche 4 septembre pour examens. Je me suis retrouvée couchée au milieu de malades qui hurlaient de douleur, de rage, d’abandon, que sais-je. Et les infirmières couraient là-dedans, débordées… Elles distribuaient des « J’arrive ! » et des « ça marche ! » « J’arrive, j’arrive ! ». Mais personne n’arrivait. Jamais.

Moi-même, j’ai mis douze heures pour obtenir la moitié d’un verre d’une eau douteuse. Tiède. Je suis restée 24 heures sur le même brancard, sans rien manger, dans un no man’s land. C’était Kafka.

Rendez-vous compte : je suis aveugle. Je sentais parfois qu’on emportait mon brancard, que je traversais une cour, peut-être ? Il faisait plus froid, c’est tout ce que je peux dire. Et puis on m’a laissée là, sans aucune affaire, sans moyen de communication avec mes proches (qu’on ne prévenait d’ailleurs pas de l’évolution de la situation, seul le docteur Christophe Prudhomme a pu avoir quelques nouvelles, je le remercie ici).

Étais-je dans un couloir ? Dans une salle commune ? Au bout d’un moment, j’ai vraiment cru que je devenais folle. Ah, si j’avais eu un appareil photo comme quand j’étais reporter de guerre… Si j’avais pu voir ce que j’entendais… Dès l’arrivée à l’hôpital, mon ambulance est passée devant des gens d’une absolue pauvreté, qui se plaignaient à grands cris d’avoir été refoulés.

Drogue ? Misère sociale ?

Ceux-là n’ont même pas été admis dans « le service-porte », la foire aux malades, l’antichambre de l’hôpital par où l’on accède aux urgences. Les infirmières, qui n’ont déjà pas assez de temps à consacrer aux malades admis entre les murs, les voient forcément quand elles vont prendre leur service.

Nul doute que leur vocation est réduite en charpie depuis longtemps. D’où les « Ça marche », les « J’arrive. » J’ai entendu ça toute la nuit.

Les infirmières et aides-soignants, je les connais bien, j’ai vécu parmi eux, je sais qu’elles auraient éperdument voulu arriver à s’occuper de chacun… Et surtout que l’hôpital marche.

Le lendemain après-midi, l’hôpital n’ayant pas de lit disponible pour moi, on m’a transférée dans une clinique privée, sans jamais avoir prévenu mes proches. J’étais la troisième âme errante que cette clinique réceptionnait ce jour-là.

J’avais déjà fait une enquête de l’intérieur en 1974, en m’engageant incognito comme aide-soignante dans un service de chirurgie cardio-vasculaire d’un hôpital parisien. J’avais aussi travaillé au SAMU dans le service du professeur Huguenard à l’hôpital Mondor. De cette immersion, j’ai publié le livre « Les linges de la nuit » qui s’est vendu à près d’un million d’exemplaires en 1974 (réédité chez Michel Laffont en 2021).

Hôpital d’il y a cinquante ans ou hôpital ultramoderne, les problèmes sont toujours les mêmes : manque de personnel qualifié, manque de crédit, l’écart se creuse entre la technique de la médecine de pointe et les moyens mis à sa disposition.

Après la sortie du livre, j’avais rencontré le directeur de l’Assistance Publique dans un face à face télévisé. Nous étions tombés d’accord sur tous les points ! Tout le monde est d’accord, sauf les gouvernements qui se suivent et qui, au mieux, ne bougent pas.

Nous avions été nombreux, au cours des années, à témoigner sur l’état lamentable de la santé. Durant tout ce temps, aucun dirigeant n’a voulu entendre. Si la pandémie de 2020 a changé quelque chose, c’est en mal&nbsp,: le personnel est épuisé. L’état les a tous abandonnés, soignants comme malades.

Ma mésaventure, c’est une histoire quotidienne dans l’hôpital en France.

Mon sort est celui de millions de Parisiens et de Français.

Ceux qui me connaissent savent que je n’ai jamais demandé de passe-droit de toute ma vie. Mon âge n’y change rien. Mais j’ai remarqué qu’il était presque une circonstance aggravante, et ce pour deux raisons :

  1. On pensait que j’étais trop vieille pour que ça vaille la peine de me soigner (réflexe pris lors de l’épidémie de covid ?).
  2. Dès que je parlais, on se disait que j’étais gâteuse et on pensait d’emblée que je racontais n’importe quoi… alors pas la peine de m’écouter.

Pourtant, j’ai une voix. Une voix qui ne s’en est jamais prise au personnel. Ça ne changera pas.

Évidemment, j’ai mal, mais je vais continuer à me bagarrer, comme d’habitude.

Moi, j’ai de la chance, j’ai des amis, et des confrères journalistes. Mais tous ces pauvres gens qui n’ont personne, que peuvent-ils faire ? Quand on entre dans le circuit infernal, quand on est aspirés dans le néant des urgences, on ne peut pas en sortir indemne. Parfois même, on n’en sort pas vivant… L’infirmier libéral qui vient à mon domicile m’a dit que c’était arrivé à un de ses patients, il y a trois semaines.

Si je peux être leur voix – comme Aubrac m’avait demandé d’être l’une de celle de la Résistance – alors je le serai.

J’ai encore un peu de force, c’est pour la donner !

Madeleine Riffaud

Paris, le 19 septembre 2022

Texte original

Without you!

September 12th, 2022

Even through impenetrable darkness Ukraine and the civilized world see these acts of terrorism clearly.
Deliberate, cynical missile strikes on civilian critical infrastructure. No military targets. The Kharkiv and Donetsk regions are without power. In Zaporizhia, Dnipropetrovsk, and Sumy there are issues with food supply.

Do you still believe that we are one people?
Do you still think that you can frighten, crush, and bend us into submission?
You really understand nothing?
You don’t realize who we are? What we are for? What we are about?

Read my lips:
No gas or no you? No you.
No lights or no you? No you.
No water or no you? No you.
No food or no you? No you.
Cold, hunger, darkness, and thirst – for us these are less frightening and less deadly than your friendship and brotherhood.

But history will arrange everything.

And we will have gas, electricity, water, and food – and we won’t have you.


Ukrainian president Volodymyr Zelensky

Sans vous !

September 12th, 2022

Même dans l’obscurité totale, l’Ukraine et le monde civilisé voient clairement ces actes terroristes.
Des attaques de missiles délibérées et cyniques sur des infrastructures civiles critiques. Pas de cibles militaires. Les régions de Kharkiv et de Donetsk privées d’électricité. Zaporizhzhia, Dnipropetrovsk, Sumy, toutes partiellement privées de courant.

Pensez-vous toujours que nous ne sommes « qu’un seul peuple » ?
Pensez-vous encore que vous pouvez nous effrayer, nous briser, nous persuader de faire des concessions ?
Vous ne comprenez donc vraiment rien ?
Vous ne comprenez donc pas qui nous sommes ? Ce que nous défendons ? De quoi il s’agit pour nous ?

Lisez sur mes lèvres :
Sans gaz ou sans vous ? Sans vous.
Sans électricité ou sans vous ? Sans vous.
Sans eau ou sans vous ? Sans vous.
Sans nourriture ou sans vous ? Sans vous.
Parce que pour nous le froid, la faim, l’obscurité et la soif ne sont pas aussi terribles et mortels pour nous que votre « amitié et fraternité ».

Mais l’histoire remettra tout à sa place.

Nous aurons du gaz, de la lumière, de l’eau et de la nourriture… et tout cela, nous l’aurons SANS vous !


Volodymyr Zelensky, Président de l’Ukraine

L’outil convivial

August 29th, 2022

Ivan Illich décrit l’outil convivial dans La Convivialité

L’homme a besoin d’un outil avec lequel travailler, non d’un outillage qui travaille à sa place. Or il est manifeste aujourd’hui que c’est l’outil qui de l’homme fait son esclave. L’outil simple, pauvre, transparent est un humble serviteur ; l’outil élaboré, complexe, secret est un maître arrogant. L’outil maniable est conducteur d’énergie métabolique (endosomatique) ; la main, le pied ont prise sur lui. L’énergie qu’il réclame est productible par quiconque mange et respire. L’outil manipulable est mû, au moins en partie, par l’énergie extérieure (exosomatique). Il peut dépasser l’échelle humaine ; l’énergie fournie par le pilote d’un avion supersonique ne représente plus une part significative de l’énergie consommée en vol. L’outil maniable appelle l’usage convivial.

L’outil reste convivial dans la mesure où chacun peut l’utiliser, sans difficulté, aussi souvent qu’il le désire. Personne n’a besoin d’un diplôme pour avoir le droit de s’en servir. L’outil juste répond à trois exigences : il est générateur d’efficience sans dégrader l’autonomie personnelle, il ne suscite ni esclaves ni maîtres, il élargit le rayon d’action personnel. J’appelle société conviviale une société ou l’outil moderne est au service de la personne intégrée à la collectivité, et non au service d’un corps de spécialistes. Conviviale est la société où l’homme contrôle l’outil.

Douces courbes

August 15th, 2022

Les douces courbes innombrables qui font d'un corps de femme, pour l'homme qui en est amoureux, un paysage qu'il n'en finit pas de découvrir et que chaque mouvement rend nouveau comme au jour de la création.

René Barjavel
Le Grand Secret (1973)

La fin des choses

July 16th, 2022


Les informations sont additives, et non narratives. Elles peuvent être comptées, mais pas racontées. En tant qu’unités discontinues dotées d’une brève bande passante d’actualité, elles ne s’assemblent pas pour former une histoire. Notre espace mnésique, lui aussi, ressemble de plus en plus à un grenier débordant de toutes les informations possibles. Mais addition et accumulation refoulent les narrations. La continuité narrative qui s’étend sur de vastes laps de temps caractérise l’histoire et le souvenir. Seules les narrations créent du sens et du contexte. L’ordre numérique est sans histoire ni souvenir. C’est ainsi qu’il fragmente la vie.

Cet extrait de "La fin des choseséquot; de Byung-Chul Han (Actes Sud) explique superbement l’échec de l’informatisation de la médecine et le terrible cul de sac dans lequel DMP et interopérabilité conduisent la médecine.

Pole Dancing

June 20th, 2022

Yes, Pole Dancing:

Prenez garde aux choses que vous dites

May 22nd, 2022

Jeunes gens, prenez garde aux choses que vous dites.
Tout peut sortir d’un mot qu’en passant vous perdîtes.
Tout, la haine et le deuil ! – Et ne m’objectez pas
Que vos amis sont sûrs et que vous parlez bas… -
Écoutez bien ceci :

Tête-à-tête, en pantoufle,
Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
Vous dites à l’oreille au plus mystérieux
De vos amis de cœur, ou, si vous l’aimez mieux,
Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,
Dans le fond d’une cave à trente pieds sous terre,
Un mot désagréable à quelque individu ;
Ce mot que vous croyez que l’on n’a pas entendu,
Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre,
Court à peine lâché, part, bondit, sort de l’ombre !
Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin.
Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;
- Au besoin, il prendrait des ailes, comme l’aigle ! -
Il vous échappe, il fuit, rien ne l’arrêtera.
Il suit le quai, franchit la place, et cætera,
Passe l’eau sans bateau dans la saison des crues,
Et va, tout à travers un dédale de rues,
Droit chez l’individu dont vous avez parlé.
Il sait le numéro, l’étage ; il a la clé,
Il monte l’escalier, ouvre la porte, passe,
Entre, arrive, et, railleur, regardant l’homme en face,
Dit : – Me voilà ! je sors de la bouche d’un tel. -

Et c’est fait. Vous avez un ennemi mortel.

Victor Hugo, Toute la lyre

Un secret fondamental du monde

May 15th, 2022

Le Magazine du monde du 16 avril 2022 contient un bel article d’Emmanuel Grynszpan (@EmGryn) nommé Odessa, histoire d’un mythe. On y trouve ce superbe paragraphe tiré du livre Les Cinq de Vladimir Ze’ev Jabotinsky  :


Des dizaines de tribus peuplaient Odessa, toutes plus extravagantes, pittoresques et curieuses les unes que les autres. Au début, on riait les uns des autres. Puis on a appris à rire de soi. Puis de tout, même de ce qui blesse et de ce que l’on aime. Peu à peu, les habitants ont désappris à prendre au sérieux leurs propres autels. Ainsi, ils ont progressivement découvert un secret fondamental du monde : ce qui est sacré pour toi n’est que baliverne pour ton voisin, qui n’est pour autant ni un voleur ni un clochard. Qu’il ait raison ou tort, il ne faut pas le tuer.

Quand la dernière balle aura été tirée…

March 30th, 2022

Dans Kaputt, Malaparte raconte comment, pendant l’opération Barbarossa, les soldats allemands utilisent les cadavres des soldats russes comme des panneaux indicateurs. Il fait -30. Les corps gelés sont installés debout au bord de la route, le bras tendu vers la direction voulue.

Aujourd’hui, des vidéos circulent ici, qui montrent un soldat ukrainien pisser sur un soldat russe tué, pour faire fondre la neige accumulée sur son visage. C’est rigolo. Un autre Ukrainien appelle avec le portable d’un autre soldat tué, sa propre mère pour se moquer d’elle.

Il y a aussi ce visage de gamin russe dont les yeux ne sont plus dans leurs orbites, et qui provoque le rire de celui qui filme, ce cadavre dévoré par les chiens errants, et encore le rire, ces corps entassés, toujours ces rires, jusqu’à la nausée. Et ces vidéos sont partagées.

Les soldats russes ne sont plus des humains, mais de l’engrais pour fertiliser les sols, des pièces de boucherie, de la bouffe pour les chiens, des marionnettes organiques avec lesquelles on peut jouer en riant franchement aux éclats.

En un mois, la guerre a fait d’hommes ordinaires, des sadiques et des salauds, le vernis de la civilisation a vite craqué. Question de survie ? Pour tuer, il est plus facile de nier l’humanité de celui sur lequel on tire, alors on lui pisse dessus. Les Russes ne font pas mieux.

Sauf qu’en déshumanisant l’ennemi, ces hommes se déshumanisent aussi. Les Ukrainiens mènent une guerre « juste ». Mais la guerre s’en cogne : elle souille le tueur autant que le tué, l’agresseur comme l’agressé.

Quand la dernière balle aura été tirée, la dernière goutte d’urine, pissée, le dernier rire, ravalé, tout le monde aura perdu. Et, par ricochet, parce que nous sommes des humains comme eux, ni mieux, ni pires, nous aussi, nous aurons perdu. Same old shit.

Nicolas Delesalle (@KoliaDelesalle) est grand reporter à Paris Match. Il couvre actuellement l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe.

Towing the Tank

March 5th, 2022

Swinging the Disaster

March 2nd, 2022

Stand With Ukraine

February 27th, 2022

Good Morning From Ukraine

February 26th, 2022

By @LoupBureau

40 Useful Concepts You Should Know

February 12th, 2022

Twitter thread by Gurwinder (@G_S_Bhogal):

1. Social Proof:

When unsure how to act, people copy others, outsourcing their decisions. When Sylvan Goldman invented shopping trolleys, people didn’t want to use them because they seemed silly. So Goldman paid actors to use trolleys in his stores, and everyone quickly followed.

2. Twyman’s Law:

The more notable the data, the more likely it’s wrong. This is because errors and data manipulation are far more common than genuine notable (i.e. surprising) results.

Conversely, the more boring the data, the more trustworthy.

3. Spotlight Effect:

We often get the anxious feeling that our every move is being scrutinized by others. The truth is, no one is paying as much attention to you as you are. People are too concerned with how they appear to others to care much about how you appear to them.

4. Relative Privation:

An all-too-common fallacy where people dismiss a concern because something else is worse.

"How can you talk about X when Y is happening?"

By this logic, how can anyone ever talk about anything other than literally the single worst thing in the universe?

5. Expectation Effect:

What you see is influenced by what you expect to see. In one example, researchers Peter & Susanne Brugger showed people this picture. In October, most people saw a duck. During Easter, most people saw a bunny.



h/t: @d_a_robson

6. Shirky Principle:

Institutions will try to preserve the problem to which they are the solution. It’s the best way to ensure their survival and growth. Examples include planned obsolescence and the various “industrial complexes” (military, prison, pharmaceutical, etc).

7. Gibson’s Law:

"For every PhD, there is an equal and opposite PhD."

In matters of law & policy, anyone can find a subject-matter expert who supports their view, because having a PhD doesn’t necessarily make someone right, it often just makes them more skilled at being wrong.

8. Noise Bottlenecks:

Consuming online content makes us feel like we’re learning, but 90% of the content is useless junk: small talk, clickbait, marketing. We’re filling our heads with noise, which is drowning out signal. As such, we feel we’re getting smarter as we get stupider.

9. Belief Perseverance:

Our opinions are like bricks in masonry; each supports & is supported by others. Changing a belief means tearing down all beliefs atop it. Such demolition is hard to bear (easier to live with a skewed building) so people will rarely let that 1 brick budge.

10. Proteus Effect:

In virtual spaces, people become like their avatars. For instance, using a "sexy" avatar tends to make a person more flirtatious. This suggests people’s personalities are largely a performance choreographed to social expectations.

11. Narrative-Market Fit:

News & commentary are products, so they follow market pressures. The more a story fits a fashion or meets a strong consumer demand, the more likely it has been crafted purely for audience engagement, and the less you should trust it.

h/t: @david_perell

12. Fredkin’s Paradox:

The more similar two choices seem, the less the decision should matter, yet the harder it is to choose between them. As a result, we often spend the most time on the decisions that matter least.

13. Cunningham’s Law:

The best way to get the right answer on the internet is not to ask a question, but to post the wrong answer, because people online are more interested in criticizing people than helping them.

14. Audience Capture:

Many influencers make their name by attacking cultural foes. Their growing audience demands ever more attacks, so, like Aztec priests trying to keep the rain flowing, they get trapped in a cycle of offering blood sacrifices to appease unseen entities.

15. Burying The Lede:

If a journalist wants to downplay the most important aspect of a story, they’ll bury it at the bottom of their article and mention it as briefly as possible. They’ll also reframe their headline and narrative to emphasize other aspects, like so:

16. Ben Franklin Effect:

Getting someone who dislikes you to do you a favor can get them to like you, as people’s identities are a story they tell themselves, and if they’re kind to you they need to square their actions with their identity, so they tell themselves they like you.

17. Mismatch Theory:

Moths evolved to navigate by the moon, a good strategy until the invention of electric lamps, which now lead them astray. Equally, humans evolved to be tribal, a good strategy until the Digital Age, where it now leads us to act like polarized goons online.

18. Agent Detection:

For aeons, it was safer to presume an unusual arrangement was designed by an intelligence than that it was natural. This helped us avoid traps. The result is that we’ve evolved to presume anything unusual is designed. Hence creationism & conspiracy theories.

19. Problem Selling:

Problem-solvers take an issue and break it down into small solvable chunks. Problem-sellers (e.g. politicians, the press) do the opposite: bundling many small issues into one big problem that looks insurmountable and terrifying.

h/t: @BoyanSlat

20. Hyperbolic Discounting:

Just as objects far away seem smaller, so do things far into our future. As a result, we are inclined to choose immediate rewards over future ones, even when these immediate rewards are much smaller. To overcome this bias, use @naval’s Compass:

If you can’t decide between two choices, take the path that’s more difficult/painful in the short term. This is because the brain tends to exaggerate the impact of short term pain while downplaying that of long term pain.

21. Generation Effect:

The best way to understand a topic is not to read about it, but write about it. The act of explaining something helps one to connect the dots and commit them to memory far better than the passive act of reading. (One reason I make these megathreads!)

22. Guerrilla Information War:

Conquerors once expanded territory by seizing land, but with the Digital Age it became more efficient to expand virtually by seizing minds. World War III is already happening, but it’s being fought not for land but for clout.

23. Extended Cognition:

Our eyes are no longer our eyes. They’ve been reduced to optic nerves relaying what’s seen by our new sense organs: phones & computers. We now see much more, but by extending our nervous systems outside ourselves, we’ve exposed them to a vulturous world.

24. 48-Hour Rule:

Our minds are in constant flux, and our stated opinions are often just flickers of untamed inspiration that we’d disown upon reflection. So, what if we had a 48 hour grace period to reflect on and retract our words before we were judged?

h/t: @ScottAdamsSays

25. Irony:

On reflection, I no longer think this is a workable plan:

Our minds are in constant flux, and our stated opinions are often just flickers of untamed inspiration that we’d disown upon reflection. So, what if we had a 48 hour grace period to reflect on and retract our words before we were judged?

26. Curse of Dimensionality:

The more detailed you make your data, the less insightful it becomes. Adding just 1 extra parameter to a graph causes the graph’s volume to expand exponentially, dispersing the contained datapoints and negating meaningful associations between them.

27. Reactive Devaluation:

We judge a message by the messenger. In 2002, researchers Moaz et al showed Israelis a Palestine peace plan. When told it was authored by Palestinians, the participants rated it as far less fair than when told it was authored by the Israeli government.

28. Van Restorff Effect:

Things that stand out are more likely to be remembered. As such, news stories that are most unrepresentative of reality tend to be our most persistent representations of reality.

29. Trait Ascription Bias:

We tend to view ourselves as having a fluid personality that adapts to the environment, while viewing others as having fixed personalities. "I acted unreasonably because I was under pressure. He acted unreasonably because that’s just who he is."

30. Wittgenstein’s Ruler

The less you know of the measurer compared to the thing being measured, the less the measure measures the measured and the more it measures the measurer. E.g. if a stranger says most people are leftist, this is a better indicator the stranger is rightist.

31. Via Negativa:

We have a better understanding of what is not than of what is, e.g. we don’t know if studying will make us an expert, but we do know not studying won’t. Therefore, when in doubt, base decisions on avoiding what you should not do instead of doing what you should.

32. Misinformation Effect:

New info affects old memories. Researchers Loftus & Palmer showed people car crash footage, then asked how fast the cars were going when they smashed/collided/bumped/hit/contacted. The estimations depended on the specific verb used in the question:

33. The Fisher Protocol:

Leaders are often detached from the consequences of their decisions. Roger Fisher suggested implanting the country’s nuclear codes into a volunteer. To launch nukes, the President would have to personally kill the volunteer and thereby confront reality.

34. Ideograph:

Tyrants gain and maintain power by claiming to represent a higher authority: God, Nation, Justice, the People. These are intangible abstracts, to which any requirement can be attributed, authorizing the tyrant to do as he pleases. (see also: Glittering Generality)

35. Antiroutine:

To create original output, consume unusual input. Avoid trending videos, NYT bestsellers, widely cited papers. Instead. read ignored texts, plumb the past for forgotten ideas. Step outside the zeitgeist so you can see it with fresh eyes.

h/t: @mmay3r

36. Nocebo Effect:

Harmless substances can make people feel ill if they *think* the substance is harmful. According to a recent meta-analysis, most adverse effects of Covid jabs are not caused by the vaccine but by fear of the vaccine!

37. Gaslighting:

The most misused word. It’s not simply lying, it’s trying to make someone doubt their sanity, like in the film Gaslight.

E.g. Zersetzung was a Stasi psyop to sneak into homes and rearrange furniture and reset clocks to convince dissidents they were going crazy.

38. Idiocy Saturation:

Online, people who don’t think before they post are able to post more often than people who do. As a result, the average social media post is stupider than the average social media user. Worth remembering whenever Twitter dumbassery drives you to despair.

39. The Opinion Economy:

The rise of social media as the primary mode of interaction has caused us to overvalue opinions as a gauge of character. We are now defined more by what we say than what we actually do, and words, unlike deeds, are cheap and easy to counterfeit.

40. Signaling:

Our social behaviors are calibrated to demonstrate our genetic fitness to other humans, primarily to the opposite sex so we can fulfill our biological imperative of procreation.

Essentially, each of us is just a marketing campaign for our DNA.

And that’s it!

If you’ve read this far, you’re my kind of human. Thank you for existing.

And if you want to see more of these threads, let me know with likes/retweets/comments.

Stay sane.

London Sunset

February 3rd, 2022

Picture by Adam Cannon (@adam_cannon).
More there.

Outside the Box Thinking as Second Order Thinking

January 30th, 2022

50 Cognitive Bias

January 30th, 2022

Looks like 20 is no longer enough. Does it count as declinism?

Timeline of viremia, antigenemia and immune response

January 7th, 2022

Picture from nejm.org

Hence (not that aligned, but nonetheless operative):

Very simple framework for reflecting on goals for 2022

December 28th, 2021


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