Les monstres

November 12th, 2016

Le Brexit et l’élection de Donald Trump partagent de nombreux points communs… et préfigurent probablement l’élection présidentielle de 2017 en France. Ceux qui, comme moi, sont abonnés à la lettre quotidienne Time To Sign Off (alias TTSO) ont pu lire, la veille de l’élection de Trump :


Clinton est donnée gagnante dans 93% des sondages. Trump n’est victorieux que dans 3%. C’est un peu moins favorable – mais comparable – aux chances que les bookmakers anglais accordaient au Brexit la veille du vote (15% en moyenne). Autre indice, sur les marchés financiers, l’indice de la peur (le ViX, qui mesure la volatilité des cours de bourse américains… et donc la nervosité des investisseurs), qui avait bondi de plus de 70% ces derniers jours où Trump remontait dans les sondages, est retombé à un niveau quasiment égal à celui qu’il avait juste avant le Brexit. Tout va bien se passer.


KAL for The Economist

Vérité contre récit

Comme après le Brexit, les discussions se polarisent sur la notion de « vérité », sur le fait que ceux qui racontent des histoires, et sont donc la cible des vérificateurs de vérité que sont principalement devenus les journalistes, parviendraient à subvertir des foules droguées aux médias sociaux (lire par exemple Médias : la faillite, et après ? de Jérôme Chapuis (@jchapuis) ou Le professeur d’histoire de Olivier Ertzscheid (@affordanceinfo)).

Comme l’écrit Jérôme Chapuis « les médias sont défiés dans leur fonction première : celle d’intermédiaire, de médiateur, de modérateur du débat public ». Cette introspection depuis « l’intérieur de la boîte » se traduit de façon plus violente à l’extérieur, par exemple, sous la plume de Nathan Jurgenson (@nathanjurgenson)


One general takeaway from the 2016 Election seems clear our popular media, from those producing it to those sorting it with editors and algorithms, are not up to the task of informing us and describing reality. This won’t happen, but those people who got Trump sooo consistently wrong from the primaries to Election Day should not have the job of informing us anymore. And if you were surprised last night, you might want to reconsider how you get information.

« Une des principales choses à retenir de l’élection de 2016 semble claire : nos médias populaires, de ceux qui produisent l’information à ceux qui la trient avec des éditeurs et des algorithmes ne sont pas à la hauteur de la tâche qui consiste à nous informer et à décrire la réalité. Ça ne se produira pas, mais ceux qui ont si mal évalué Trump des primaires à l’élection ne devraient plus être en charge de nous informer. Et si vous avez été surpris du résultat de la nuit dernière, vous devriez reconsidérer la façon dont vous vous informez. »

Les médias sont-ils réellement hors-jeu parce qu’ils s’accrochent à une forme de vérité que négligent désormais les (é)lecteurs ? C’est probablement à la fois plus compliqué et plus intéressant.

Comme l’écrit Philip Elliott (@Philip_Elliott) dans son article How Hillary Clinton Lost (Hillary Clinton built a machine. The nation wanted a movement) :


The eternal political reality remained, however: a machine can’t stop a movement, and America prefers a warrior over a wonk.

« La réalité politique éternelle reste qu’une machine ne peut stopper un mouvement et que l’Amérique préfère un guerrier à une première de la classe. »

Ce « mouvement » est superbement décortiqué par Vincent Glad (@vincentglad) « Plus encore que George W. Bush, Donald Trump a créé sa propre réalité. […] Plus il a été écrit que Trump avait tort, et plus il maintenait et amplifiait ses propos, plus s’est imposé aux yeux de ses électeurs la force émancipatrice de ce personnage. Les médias traditionnels n’avaient plus droit de cité dans ce nouveau régime de vérité. »

Ce qui est à l’œuvre est donc, en réalité, assez simple : Trump construit un récit qui emmène ses électeurs dans un monde nouveau et ils font naturellement peu de cas des vérités du monde qu’ils quittent. Pour paraphraser Saint-Exupéry, « Quand tu veux gagner une élection, ne commence pas par créer un programme qui tient la route, mais réveille au sein des hommes le désir d’une nation grande et large ».

D’ailleurs, tous ceux qui se piquent d’innover (le grand mot valise du moment), savent que tout commence par la construction d’un récit : puisque, par essence, ce que vous apportez n’existe pas dans le monde actuel (« dans la vraie vie » comme disent ceux qui ont solidement les pieds sur terre), vous devez raconter de façon plausible la beauté du monde nouveau où votre invention trouve sa place (ou, mieux, qu’elle rend possible). La maxime de Philip Elliott sur le guerrier et la première de la classe s’interprète assez bien avec les théories de Thomas Kuhn sur la notion de paradigme : les élites forgées par l’ancien paradigme (les meilleurs de la classe lorsqu’il s’agit de raisonner « dans la boîte ») deviennent pitoyables dans un univers de plus grande dimension (ce qui explique pourquoi les élites institutionnelles (lire l’École de guerre, l’Académie de médecine, etc) sont aussi efficaces pour bloquer les progrès radicaux).

Le clair-obscur des monstres

Tout cela est bel et bon, me direz-vous, mais comme l’écrit Catherine Boullay (@CBoullay) « Le vote Trump serait celui d’une Amérique qui veut que rien ne change. Qui veut de la tradition. »

Il y a, bien entendu, la magie politique, la capacité des plus vieux chevaux de retour à se peindre des couleurs du changement, la jouissance partagée d’un Tancrède de Lampedusa qui prêche « il faut que tout change pour que rien ne change » à ce chœur de Verdi qui chante « marchons, marchons » tout en restant parfaitement immobile. Mais il serait fâcheux d’en rester là.

Interrogé par Télérama, l’historien Romain Huret affirme « Ce qui frappe d’abord, c’est la crise de confiance des citoyens américains vis-à-vis des corps intermédiaires et des institutions de leur pays. Depuis une dizaine d’année, les institutions censées incarner cette confiance – le Congrès, la justice, l’éducation, la police -, qui forment le socle de la démocratie américaine, sont dans la tourmente, au niveau local comme national : la police est accusée d’abattre de jeunes Afro-Américains sans défense, les juges de rendre une justice de classe, l’école de reproduire les inégalités et le Congrès d’être une force de blocage plus que de progrès. » Indubitablement, cette « crise de la façon de faire société » n’est pas limitée aux Etats-Unis et l’ampleur de la remise en cause du « socle ancien de la démocratie » évoque fortement une forme d’enfermement dans un paradigme obsolète.

Dans son article de 1997 Complexity Rising From Human Beings to Human Civilization, a Complexity Profile, dont est tiré l’illustration ci-dessous, Yaneer Bar-Yam (@yaneerbaryam) prédit l’évolution des formes de société en fonction de la complexité des enjeux qu’elles ont à relever. On pourrait le commenter en disant que, dans une situation simple, les experts ont une vision convergente et que celui qui, du haut de la pyramide hiérarchique, voit remonter l’ensemble des avis, est le mieux à même de prendre des décisions éclairées. A contrario, les situations complexes sont caractérisées par l’incohérence de la juxtaposition des points de vue, et rend la position du « dirigeant », à la fois loin du terrain et condamné au strabisme, d’autant moins pertinente que la société « dirigée » devient complexe.

L’hypothèse que nous vivons dans une société post-industrielle – dont l’équilibre passe par l’établissement d’une « société maillée » – qui reste bloquée dans un mode de gouvernance hiérarchique me semble un bon modèle de réflexion sur la crise actuelle de nos démocraties occidentales. J’en ai déjà parlé, ainsi que de la sentence d’Antonio Gramsci « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. »

Ceux pour qui ces modèles font sens comprendront que la seule façon efficace de lutter contre l’apparition, et la persistence, des monstres est de quitter au plus vite cette « zone de clair-obscur » en expérimentant au plus vite les outils de l’intelligence des foules (jurys citoyens, démocratie liquide, et bien d’autres choses qui restent à inventer).

Dans ce contexte, les journalistes, qui se contentent très généralement de classifier les monstres en fonction de leur distance aux bons usages du « vieux monde qui se meurt » sont d’une grande naïveté s’ils pensent faire œuvre utile. J’ai d’ailleurs poliment interpellé Jérôme Chapuis sur la façon dont il évoque Twitter dans son article.
Il peut paraitre anecdotique de pointer quelques mots au sein d’un article dont les interrogations sont globalement pertinentes… mais on peut logiquement supposer que tant que les journalistes, qui, par essence, alimentent les vecteurs descendants, ne comprendront pas les médias en réseau, ils auront également beaucoup de mal à accompagner le récit de la société maillée et se condamneront eux-mêmes à mourir avec le vieux monde.

Ring the bells that still can ring

Et si, a contrario, le journaliste comprenait que l’intelligence des foules désigne, en réalité, un réseau structuré par les facultés spécifique de chacun des individus qui le composent et non une masse ordinaire qui exhiberait de l’intelligence si on sait correctement la sonder ?
Car le passage à une société maillé est par essence transformatif : dans un mouvement récursif, elle fournit à chacun les conditions d’une individuation (au sens des Irremplaçables de Cynthia Fleury (@CynthiaFleury) en développant au mieux ses compétences propres au service du groupe) et s’enrichit en retour de la capacité de ses membres à élever leur niveau de conscience en cohérence avec les besoins globaux.

Alors faut-il comprendre la conclusion de Jérôme Chapuis comme le constat implicite du fait que le journaliste est déjà dans un niveau de conscience trop élevé pour trouver sa place dans le monde ancien… tout en se trouvant empêché, par un rôle limité à l’observation et au commentaire, d’envisager le monde qu’il faudrait faire naître ?


Alors dans la nouvelle agora décentralisée, le journalisme est-il condamné à la faillite ? Le métier n’a jamais été aussi délicat à pratiquer : métier de conscience dans un monde qui se robotise ; métier de raison dans un monde de passion ; métier d’authentification dans un monde où tout est relatif ; métier de rassemblement en des temps de dispersion ; métier de vérification dans un monde en excès de vitesse. Pour toutes ces raisons, et sûrement à contre-courant, j’ai la conviction qu’on n’a jamais eu autant besoin de journalistes.

Malheureusement, même si les journalistes endossaient enfin un rôle de facilitateur du passage vers un nouveau paradigme, 2017 sera une année difficile et frustrante en France puisque l’élection présidentielle – la désignation de celui qui occupera le sommet de la pyramide du pouvoir – représente la forme démocratique la plus incompatible de toutes avec la société maillée (raison pour laquelle il me paraît impossible de ne pas voter blanc en signe de « protestation active non participative »).

Les étasuniens, qui ont, d’une certaine façon, la « chance » d’avoir déjà identifié leur monstre, ont une occasion historique de créer une société maillée fantôme.
Cette hypothèse est d’ailleurs esquissée dans la dernière lettre hebdomadaire de Ann Friedman lorsqu’elle appelle à une évolution sociale parallèle :


Campaigns have endpoints. Social progress does not. Find a way to do what you can, with your own skills, in your own community, to make life better for people who are threatened by the outcome of this election.

Elle pointe, par ailleurs, sur le travail collaboratif "Oh Shit! What Should I Do Before January?".

Je laisserai, avec une réelle tristesse, les derniers mots à Léonard Cohen. Ils en disent plus, et mieux, que l’ensemble de ce billet :


Ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There is a crack in everything
That’s how the light gets in.

En sachant que, si nous ne parvenons pas à laisser passer la lumière, il ne restera qu’à continuer à cocher des cases au sein du Pessimist’s Guide to the World de Bloomberg :-)

Everybody knows

November 11th, 2016

Wherever I Go

October 22nd, 2016

In a great blog post, Richard Martin (@IndaloGenesis) explained why you have to experience other people’s viewpoint in order to have a proper understanding of the world around… even if you must be conscious that, doing this, you are still elaborating a perspective that is plainly yours, and, as thus, plainly unique.


While exposure to a diversity of perspectives is essential to any attempt to understand how other people see and interpret the world around them, it is impossible to divest ourselves of all our own accumulated knowledge, experience, culture and filters. To assess someone else’s description or to sit in another’s chair, does not alter the fact that we are still using our own eyes, not theirs.

This text resonates with my own work since I have been working for more than twenty years on a "dual" issue: considering that multi-disciplinary teams (typically in health) are composed of people with very different viewpoints (a viewpoint being the sum of a view angle and a focus point, say a job and a specialty), what kind of "common perspective" (called an "artifact" in the knowledge management jargon) can we provide them so that they can contribute to a common project?

Richard would argue that, as a Neo-Generalist, he is more interested in turning around a vase of flowers :-) Nevertheless, his text contains all the concepts (viewpoints, artifact) to understand why a "record of records" (piling up each others views) will never be a tool for those who have to contribute to the (health or whatever) project of one of their fellow human being.

Back to work on the Ligne de vie ;-)

How to be [un]productive

October 21st, 2016

To be unproductive is pretty easy; as pointed out by Anna Vital (@annavitals), it is just about doing mundane things "as usual".

To be productive seems considerably more complex… to the points it actually seems you have to become fully unproductive in order to invest in understanding how to become productive.

The Network

October 7th, 2016

Not long ago, if someone mentioned the work "network"; we thought: TV or radio.

Now we think: Facebook, LinkedIn, Twitter… these networks have become far more valuable to us. They exist because we contribute to them. They are where our best ideas can spread and have impact. Sometimes they even democratize power.

Of course they are more powerful than an individual… even a powerful individual- and they are more powerful than the ‘old’ networks, because they carry our voice.

It follows that what we can do as part of a network, as part of a collective, is far more impactful than what we can do all by ourselves.

Are you using all the networks available to you to amplify your voice?

Image and text by @gapingvoid

Not so long ago – yesterday night to be accurate, I once again realized how hard it is to convince French Medical Doctors of this obvious reality. Being very busy working alone and only having trust in "authorities" keeps being the rules to them… the network being considered as a futile place where others are wasting time.

Weirdly enough, lots of people talk about a Web 3.0 or 4.0 or even 5.0 in health (yes, 5.0) when the very basics of the Web 2.0 remain largely to be understood (you know, no longer a hierarchy, but a network; a meshed society with the people inside… and maybe one day joined by their care givers as soon as they have left both their pedestal and the tyranny of "what is validated from above").

Flying Citroëns

September 23rd, 2016

The flying Citroëns by Swedish artist Jacob Munkhammar are a perfect example of retrofuturism. I really felt in love with this DS décapotable in the Tuileries gardens.

This flying Ami is poetically staged in a vintage flyer.

These flying DS will certainly find their owners pretty soon. Notice the picture on the wall… Jacob Munkhammar is a perfectionist!

Agile!

September 9th, 2016

Conference Routine

September 3rd, 2016

 

Relations Precede Assets

September 2nd, 2016

Yet another insightful twitter series by @EskoKilpi


2. contextual problem definition and problem solving creates more value than mass solutions


3. transactions are replaced by interactions and network relations


4. relations now precede assets. People work more from their relations than their skills

It makes sense at large, but resonates specifically in health where, so far, the usual way remains to have "highly skilled professionals" do their best in isolation while applying Evidence Based Medicine guidelines that where validated for "the statistical patient".

You don’t need permission

August 26th, 2016

In case you didn’t get the memo: There is no secret validation committee, deliberating on what your destiny is allowed to be.

So that strategy about waiting for your life to be finally green-lighted by someone else?

Sorry, you’ve been wasting your time.

There is no green light. Or red light. Or yellow light.

There’s just you. And what you intend to do about the present moment.

But I suspect you already knew that…

Image and text by @gapingvoid

This issue resonates with the current status in health information system where most of those who could address the genuine problems faced by suffering people feel that they have to "get a permission" (an order form) by the system (read the Minister, a major company, a well known professor…).

At a moment when it has never been so easy to engage with the people (the true customers, the ones in need of solutions) while big organizations are "lost in complexity" in current paradigm shift moments, I often ask the hard question : are you the kind of people that can address real people issues, or just a player by the rules that builds on outdated specifications?

Blank vote

August 25th, 2016

This black drawing accurately sums up the reason why I decided several years ago to always vote blank. The first step toward a new paradigm has always been to stop playing by the rules of a system that no longer makes sense. It is now time to invent the Meshed Society that should come next.

Distorted perceptions of screening benefit beyond reality

August 23rd, 2016

Substitutes for Hierarchy

August 10th, 2016

2/ Potential cost savings from reducing hierarchy are substantial

3/ Simply eliminating hierarchy is not a guarantee of improved performance

4/ instead of just talking about hierarchy we should look at the functions of hierarchy and ask what substitutes are available for them

5/ When jobs are simple, repeating and specialized, the need for coordination, control and hierarchically driven motivation is increased

6/ Hierarchy is needed when people don’t know what others are doing and lack the links and ability to communicate and coordinate

7/ Work is interaction between interdependent people. Not all people :-)

8/ The degree of interdependence is determined by how much people need to coordinate, cooperate and relate to others

9/ The industrial organization was based on the idea of low / controlled interdependence -> hierarchy

10/ The post-industrial org is based on high, emergent and complex interdependence -> symmetric organization

11/ Without a thorough redesign of the org it is very unlikely that a significant part of the hierarchy can be made unnecessary

Tensions in organisational learning approaches

July 4th, 2016

In a recent post, Clark Quinn (@Quinnovator) enumerates some of the tensions in organizational learning engineering:


Organizational learning processes – across L&D, Executive Development, Leadership Development, and more of the roles in HR and talent management – are largely still rooted in both industrial era models and myths. We see practices that don’t make sense, and we’re not aligned with what we now know about how we think, work, and learn. And this is a problem for organizational success. So what are some of the old practices compared with what we now know? No surprise, I created a diagram (a table in this case) representing just some of the tensions:

Old New
Are we not wasting any more money than anyone else? Are we impacting business metrics?
All the information has to be in the head As much as possible, information has to be in the world
We are formal logical thinkers Our thinking is very much situated and emergent
One person must do the thinking for many The room is smarter than the smartest person in the room*
Learning is recitation Learning is doing
Learning is an event Learning is a process
We must accommodate learning styles, generations, and more Use the best learning design
We can get people to perform tasks flawlessly Automate the rote and leave people to important decisions
Mistakes are a loss Mistakes are part of innovation, just don’t lose the lesson
The workplace must be controlled Workers must be empowered

* if you manage the process right

Brexit

June 27th, 2016

A comic that pretty well sums up the way I feel about it.

Leaders in unfavorability

June 23rd, 2016

The headlines make it clear Americans’ distaste for both Trump And Clinton is record-breaking and general election could be anti-Clintons vs. anti-Trumps.

As pointed by TTSO, there is currently a true singularity in unfavorability.

I foresee that the French election to come next year will offer even worse figures. It is high time our societies reinvent their democracies.



Picture by Jimmy Kastner

Patience & I Love Paris

June 14th, 2016

After over two years of shooting timelapse professionally, I decided it was time to create a video highlight my favourite work to-date. The variety from job to job still surprises me, everything from football matches to year long construction projects. This video showcases the results of many sleepless nights, hundreds of thousands of photos, and countless hours shooting. I couldn’t even begin to calculate how many hours of work there will be showcased in this piece, but I imagine it’s into the hundreds, if not thousands of hours.

Shooting timelapse requires a lot of patience and forward thinking. Some shots took multiple attempts to get the right light, others required whole days just to capture a few seconds of footage. There’s a careful balance of trying to predict the future, and just being determined enough to do everything it takes to get the shot.

For example, the milkyway shot at 1:23 was the result of a four day shoot chasing the milkway in Wales. I stayed up every night, driving around trying to find clear patches in the night sky.. But in four days all I managed to capture was a sequence of 50 images.

Footage was collected in various locations around the world, and was shot for a variety of clientele. As such some footage is signed into exclusivity agreements; however other footage is available for licensing.

To keep up to date with my latest work, you can find me on http://www.facebook.com/paulrichardso…
The rest of my portfolio can be found on my website, http://www.paulrichardson.net

For the gear-heads, I used a combination of Canon 6D, 7D and 5D3 cameras with a selection of L lenses. The motion control shots were all powered by an emotimo.

If you would like to get in touch, you can contact me at paul@agour.co.uk

The music is ‘All Or Nothing’ by Reaktor Productions.

The quickest way to get an answer on the Internet

May 23rd, 2016

Steve Jobs on French TV circa 1984

May 7th, 2016

Terrible felling to discover that what he said more than thirty years ago remains mainly unknown – or at least misunderstood – by most people in charge here.

Sky Magic

May 6th, 2016

Sky Magic Live at Mt.Fuji : Drone Ballet Show by MicroAd, Inc. from Sky Magic on Vimeo.


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